David Gaudu parmi les meilleurs au sommet de Jebel Hafeet

David Gaudu a répondu présent lors du premier rendez-vous fixé pour les prétendants au classement général de l’UAE Tour. Au sommet de Jebel Hafeet, au terme d’une ascension où la bagarre s’est déclenchée de très bonne heure, le jeune Breton est venu signer une très solide quatrième place. Adam Yates (Mitchelton-Scott) s’est largement imposé en solitaire, 1’30 devant le représentant de la Groupama-FDJ, qui reste en lice pour un podium final avant le deuxième round sur Jebel Hafeet prévu lors de la cinquième étape.

La première des deux journées décisives pour le classement général de l’UAE Tour se tenait ce mardi, sur 184 kilomètres en direction de Jebel Hafeet, le traditionnel juge de paix de l’UAE Tour. « L’étape était quand même assez longue, mais néanmoins toute plate jusqu’à l’ascension finale, détaillait Sébastien Joly. Surtout, la particularité du jour est qu’il faisait extrêmement chaud. On tournait plutôt autour de 30-32 degrés jusque là, et c’était déjà pas mal, mais aujourd’hui, le thermomètre est monté à 35 et le ressenti était encore plus élevé ». Compte tenu du profil de l’étape et des conditions météo, il n’y a pas eu bousculade pour prendre l’échappée. Quatre hommes sont malgré tout sortis après une vingtaine de kilomètres pour « animer » quelque peu la journée, à savoir Stijn Steels (Deceuninck-Quick Step), Jasper De Buyst (Lotto-Soudal), Victor Campenaerts (NTT) et Umberto Marengo (Vini Zabù-KTM).

« Quatrième, ce n’est pas si mal au vu du plateau », David Gaudu

« Pour nous, l’idée était plutôt d’être dans l’observation jusqu’à la montée finale, expliquait après-coup Sébastien Joly. D’autant que l’équipe UAE était à domicile et possédait dans ses rangs Tadej Pogacar, l’un des favoris. Il était donc normal qu’ils roulent ». Le schéma classique s’est alors installé et l’échappée a cumulé jusqu’à sept minutes avant que le tempo ne s’intensifie dans la dernière heure et que les équipes de favoris ne viennent replacer leur homme fort dans les vingt derniers kilomètres. Ce fut évidemment cas pour la Groupama-FDJ. « Dans le final, il y a eu un gros travail de toute l’équipe, assurait Sébastien. Le train d’Arnaud s’est mis au service de David, comme prévu, avec Jacopo, Ramon et Ignatas. Arnaud lui-même a été le dernier à replacer David au pied de la montée finale. Puis il est alors resté Bruno aux côtés de David, et il a fait un bon début d’ascension, il est resté assez longtemps avec son leader. »

Mais à l’inverse des années passées, où de faibles écarts entre les premiers se créaient à l’approche du sommet, la bataille a démarré de bonne heure cette fois-ci, avec Adam Yates (Mitchelton-Scott) en détonateur, à six kilomètres du but. « David a suivi son attaque, ils sont sortis à trois, mais Yates était ensuite vraiment au-dessus du lot », confiait Sébastien. Le grimpeur breton confirmait les propos de son directeur sportif tout en revenant sur sa performance. « Les jambes ont plutôt bien répondu dans la montée, assurait David Gaudu. Yates était beaucoup plus fort que nous et j’ai alors essayé, au maximum, de gérer l’ascension à ma main. Je finis quatrième et ce n’est pas si mal au vu du plateau relevé qu’il y a sur cette course. J’ai juste un petit regret, celui de ne pas avoir lancé le sprint plus tôt, ou du moins d’avoir été dans la roue de Lutsenko quand il l’a lancé pour aller chercher la troisième place. Mais c’est comme ça ».

« Il y a eu une grosse implication de tout le monde », Sébastien Joly

Arrivé avec 1’30 de retard sur le vainqueur et trente secondes sur le deuxième, en l’occurrence Tadej Pogacar, David Gaudu trouvait de réels motifs de satisfaction après ce premier gros test. « Ça a été une bonne journée dans l’ensemble, poursuivait-il. Les gars ont très bien bossé pour moi aujourd’hui. Ils ont su me protéger du vent lorsqu’il y en avait et me placer au pied de la dernière ascension comme il le fallait, pour que je l’aborde dans les meilleures dispositions possibles. Tout le monde a fait un très gros boulot aujourd’hui. Et de mon côté Les sensations sont déjà meilleures qu’au Tour de la Provence ». « Il y a eu une grosse implication de tout le monde, du très bon travail et il y avait de la satisfaction chez chacun à l’arrivée », confirmait Sébastien Joly.

Les sprinteurs reviennent aux affaires demain sur l’UAE Tour, ce qui offrira une nouvelle chance à Arnaud Démare, et devrait permettre à David Gaudu de souffler un peu avant la revanche à Jebel Hafeet. « Il y a encore une arrivée en haut de cette même montée jeudi, anticipe le désormais quatrième du classement général. La course n’est pas encore terminée. On sait que ça se courra différemment jeudi. Je pense qu’il n’y aura pas les mêmes attaques, qu’on jouera davantage au chat et à la souris. On annonce aussi des étapes piégeuses avec d’éventuelles bordures en fin de semaine. On a une équipe pour faire face à cela, on verra si le vent est présent ou pas et comment ça se passe, tout en espérant gagner une étape au sprint avec Arnaud. En tout cas, le groupe tourne bien. »