Le Tour de France 2026 s’apprête à rejoindre Paris. Avant de disputer une ultime étape dans la capitale, le peloton a toutefois dû endurer trois jours harassants dans les Alpes. Durant cette traversée du massif, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United n’a manqué aucune échappée, notamment grâce à Romain Grégoire, Guillaume Martin-Guyonnet, Quentin Pacher, et Clément Braz Afonso. Ce dernier s’est d’ailleurs octroyé une remarquable quinzième place vendredi, lors de la mythique arrivée au sommet de l’Alpe d’Huez.
Le premier round alpestre, jeudi, apparaissait aussi être le moins coriace. Pour autant, 4000 mètres de dénivelé positif étaient tout de même recensés en direction d’Orcières-Merlette (7km à 6,5%), où l’échappée semblait avoir toutes les chances de triompher. Alors, toutes les équipes se sont lancées à l’abordage, notamment dans la côte d’Engins en début de course. Sept coureurs ont pu se dégager après quarante kilomètres, puis le champion de France Romain Grégoire s’est fendu d’une descente magistrale pour les rejoindre. « J’ai davantage fait avec la technique qu’avec les jambes, car je ne pouvais pas y aller dans la montée, confessait le jeune Bisontin. J’étais surpris de me retrouver devant dans une telle journée, puis il a fallu assumer ». Par la suite, six autres coureurs sont venus garnir le groupe de tête tandis qu’un énorme contre s’est formé après 80 bornes de course. « Heureusement que Romain a fait le jump, car on voulait absolument être représentés à l’avant, indiquait Yvon Caër. Guillaume et Clément [Braz Afonso] ont réussi à intégrer le contre mais ça ne s’est jamais vraiment entendu ». Si le deuxième échelon s’est un temps rapproché à trente secondes, le regroupement n’a donc jamais eu lieu, et Romain Grégoire a donc dû manoeuvrer seul à l’avant. « Je me suis battu toute la journée pour rester dans le groupe, mais je me suis fait mal », confiait-il.
« Clément a réalisé une très grande performance », Yvon Caër
À cinquante kilomètres du but, le Franc-Comtois a finalement dû céder après des offensives à l’avant. Lui comme ses acolytes ont finalement été repris par le groupe maillot jaune dans le final. « Romain a eu des coups de moins bien, mais il a prouvé que ce n’était pas rédhibitoire, ajoutait Yvon. Il a retrouvé un peu de ressources, même si on savait que ça allait être compliqué, car il n’était pas sur son terrain ». Vendredi, le peloton prenait la direction de la célèbre montée de l’Alpe d’Huez, dans une étape de seulement 127 kilomètres mais qui incluait également le Col du Noyer et le Col d’Ornon. Or, cette fois-ci, l’échappée s’est quasiment formée dès le départ, dans le Col Bayard, et l’équipe Groupama-FDJ United y comptait trois hommes, à savoir Guillaume Martin-Guyonnet, Quentin Pacher et Clément Braz Afonso. Au sein d’un groupe d’une quarantaine d’unités, le trio est d’abord resté discret dans la première partie de course, avant que les choses ne s’éclaircissent dans le Col d’Ornon, à 35 kilomètres de l’arrivée. « Je voulais être dans l’échappée et j’ai réussi à y être, mais j’ai souffert toute la journée avec le tempo de fou, témoignait Clément. J’ai cédé dans l’avant-dernière montée, mais je suis rentré dans la descente ».
À l’approche de l’ultime ascension de la journée, il était donc l’ultime représentant de l’équipe dans une échappée d’une douzaine d’hommes. « Au départ, j’avais dit en rigolant que je voulais rentrer dans l’Alpe d’Huez en tête », souriait-il. Et c’est pourtant bien ce qu’il a fait. « Si on m’avait dit ça ce matin, je n’y aurais pas cru », poursuivait-il. Surtout, le jeune homme ne s’est pas arrêté là, car avec une marge de trois minutes sur le peloton des favoris, il a voulu se donner les moyens d’accrocher un résultat notable au sommet. « Au pied, j’étais vraiment dans le dur mais j’ai fait le maximum car l’Alpe d’Huez, ça se respecte, disait-il. Quand j’ai vu que je ne craquais pas tant que ça, j’ai continué à tout donner pour rester au contact, puis la foule et mes proches au bord de la route m’ont bien poussé ! ». À l’arrivée, sa belle journée s’est ainsi achevée avec une quinzième place loin d’être anecdotique. « Il a résisté de manière courageuse et n’a pas abdiqué, affirmait Yvon. Quand on regarde le classement, il n’y a que les coureurs du général et les très costauds de l’échappée devant lui. On considère que Clément a réalisé une très grande performance, qui plus est pour son premier Tour de France ».
« La volonté de bien finir ce Tour de France », Yvon Caër
Enfin, samedi, le dernier acte dans les Alpes conduisait de nouveau les coureurs vers l’Alpe d’Huez, mais cette fois-ci par le Col de Sarenne avec, surtout, le Col de la Croix de Fer, le Col du Télégraphe et le Col du Galibier en amont. Soit 5500 mètres de dénivelé positif en guise de dernière étape de montagne du Tour. « On visait encore l’échappée, qui pouvait aller loin, reprenait Yvon. Clément [Braz Afonso] a réussi à choper le bon coup, mais dans le Télégraphe, ça roulait vraiment fort et il a dû abdiquer. Après les efforts consentis hier, dans une course pleine et totale de sa part, il a senti ses limites. C’était tout de même sa quatrième échappée consécutive. Il a affiché de vraies ressources, notamment en termes de récupération, pour répondre présent de cette manière, en troisième semaine, sur des parcours très exigeants. C’est une très belle satisfaction pour l’équipe et pour lui. On savait que cette traversée des Alpes serait plus délicate pour nous, mais on a pu constater un engagement total à chaque fois. On n’a aucun regret car on a seulement plié physiquement. Du point de vue de la volonté, de la motivation et de la détermination, il n’y a aucun reproche à émettre ».
Une étape reste désormais au programme des coureurs, celle de Paris et de la Butte Montmartre, réduite pour l’occasion au circuit parisien. « Je pense que ça ne changera pas grand-chose, ponctuait Yvon. La course commencera quand on abordera la montée vers Montmartre pour la première fois, et on espère très sérieusement pouvoir jouer. L’an dernier, Clément avait failli basculer avec le groupe de contre, et on pense aussi que c’est un effort qui correspond à Romain. On va essayer de jouer avec ces deux cartes pour faire le meilleur résultat possible sur les Champs Elysées. C’est peut-être l’étape qui nous correspond le mieux dans cette dernière semaine, donc on l’attaquera avec détermination et la volonté de bien finir ce Tour de France ».