Un nouveau Tour de France, le 113ème de l’histoire, est arrivé à son terme dimanche dans les rues de Paris. Au terme d’une course de folie sur le circuit de Montmartre, Mathieu van der Poel a décroché le dernier bouquet mis en jeu tandis que Clément Russo a encore démontré sa grande forme en signant la dixième place sur les Champs-Élysées. Dans une édition d’une incroyable densité, où les cadors n’ont laissé aucune miette à la concurrence, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United repart sans la victoire d’étape espérée, mais avec huit top 10 et la conviction de n’avoir rien à se reprocher.
Quatre-vingt-huit kilomètres. C’est tout ce qu’il restait au menu du peloton de la Grande Boucle 2026, dimanche, au moment de prendre le départ de la vingt-et-unième étape. Un dernier round pour l’occasion réduit au seul parcours parisien. Six tours du circuit des Champs-Élysées étaient ainsi proposés en tant qu’apéritif avant trois boucles vers la Butte Montmartre et sa désormais célèbre Rue Lepic pavée. C’est ici-même, à environ quarante kilomètres de l’arrivée, et alors que les temps pour le classement général étaient figés, que la grande bataille devait s’initier. Cela n’a pas manqué. Les favoris ont immédiatement annoncé la couleur, Clément Russo a effectué la jonction peu après la descente, et un tiers du peloton était déjà mis hors jeu. Un tour plus tard, le maillot jaune Tadej Pogacar, Mathieu van der Poel, Remco Evenepoel et Mads Pedersen se sont détachés du reste de la concurrence, mais un peloton d’une cinquantaine d’unités est parvenu à rétablir la situation peu avant l’entame du dernier tour. Clément Russo, Romain Grégoire, Clément Braz Afonso et Guillaume Martin-Guyonnet étaient alors encore présents. Puis, l’ultime coup de butoir est intervenu à onze kilomètres du terme, lorsque Pogacar et Van der Poel se sont faits la malle dans le dernier passage par la Rue Lepic.
« J’ai vu un groupe solidaire et très entreprenant », Yvon Caër
Au terme d’un final haletant, le Néerlandais s’est finalement offert la victoire d’un rien face à un peloton très réduit, au sein duquel Clément Russo a obtenu la dixième place de l’étape. « On a vécu un moment de sport assez extraordinaire avec ce match de très haut niveau entre sprinteurs et puncheurs, confiait Yvon Caër. Ça a été un spectacle d’une heure incroyable et j’ai, personnellement, rarement vécu quelque chose d’aussi intense. On s’est évidemment pris au jeu avec l’équipe, et Clément a encore démontré des capacités assez surprenantes. Les trois montées de Montmartre ont été très solides, et il était avec les meilleurs puncheurs du monde. Il s’est mis en situation de performer, aidé du mieux possible par ses équipiers. Il a non seulement fait ce qu’il sait faire, c’est-à-dire bien piloter, mais il a aussi montré de vraies ressources physiques ». « Les trois passages à Montmartre ont bien lessivé, soufflait le Lyonnais. Il m’en restait un peu pour le sprint, mais je n’étais malheureusement pas très bien placé à l’entame de la dernière ligne droite. C’est une dixième place qui confirme ma régularité sur ce Tour de France, mais j’aurais espéré un petit peu mieux ».
Ce top 10 est également le huitième et dernier obtenu par la Groupama-FDJ United dans cette Grande Boucle 2026, Clément Russo étant également l’auteur de la meilleure performance des trois semaines avec une sixième place à Voiron. « Il n’y a pas beaucoup de regrets de manière générale, assurait Yvon. Lorsque je garais la voiture à l’arrivée des étapes, je me demandais tout le temps « peut-on avoir des regrets aujourd’hui ? ». La réponse était quasi-systématiquement non. On aurait certainement pu être mieux physiquement par moments, mais entre la gestion de la chaleur et de la fatigue, tous les coureurs ont eu des passages un peu plus compliqués. Cela a néanmoins été compensé par la volonté de leurs collègues. J’ai vu un groupe solidaire et très entreprenant. On a loupé quasiment aucune échappée, c’est la satisfaction. Il y a eu beaucoup d’engagement et beaucoup d’investissement. En termes de résultats, on espérait mieux mais il faut aussi être lucide. On a vraisemblablement manqué de ressources physiques dans un Tour de France d’un niveau extrêmement relevé ».