Une remise en route délicate

Deux semaines après leur razzia sur le Tour du Poitou-Charentes, et à la suite d’une coupure nécessaire, le champion de France Arnaud Démare et ses coéquipiers ont quelque peu souffert en ouverture du Tour de Luxembourg ce mardi. Les coureurs de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ n’ont donc pu peser dans le final du jour, au terme duquel Diego Ulissi s’est imposé. De nouvelles opportunités attendent néanmoins le sprinteur picard lors des prochaines étapes.

En guise de mise en bouche, le Tour de Luxembourg proposait ce mardi une étape relativement courte autour de la capitale du Grand Duché. À peine 133 kilomètres étaient en effet à couvrir et un quintette s’est assez vite détaché. Celui-ci comprenait Axel Zingle (Nippo Delko Provence), Lukas Meiler (Team Vorarlberg), Franck Bonnamour (Arkea-Samsic), Hector Saez (Caja Rural-RGA) ainsi que Tony Gallopin (AG2R-La Mondiale), et autour de son champion de France Arnaud Démare, la formation Groupama-FDJ n’a pas hésité bien longtemps avant de prendre les commandes du peloton en compagnie d’UAE Team Emirates. « On avait été reconnaître le parcours hier, exposait Frédéric Guesdon. Arnaud avait plutôt des bonnes sensations et on se disait que dans un grand jour, il était capable de passer malgré la côte finale. Nous nous sommes donc mis au travail car nous n’avons rien à perdre, et nous sommes là pour jouer les étapes ». Ignatas Konovalovas s’est ainsi mis à la planche pendant une bonne partie de la journée, maintenant l’échappée du jour à 4-5 minutes.

« À peine trop dur pour une reprise », Frédéric Guesdon

À l’approche du final, le peloton a comme de coutume drastiquement réduit l’écart alors que Tony Gallopin se débarrassait de ses compagnons de fuite. Il fut donc le dernier à rendre les armes, à environ dix kilomètres de la ligne, lorsque Diego Ulissi, Benjamin King et Thibaut Ferasse ont tenté une première offensive au sein du peloton. Ce dernier s’est néanmoins reconstitué et s’est dirigé à toute allure, à la faveur d’un faux-plat descendant, vers la montée finale (1 km à 5%). Déjà repoussés en milieu de paquet à cet instant, les hommes de Frédéric Guesdon n’ont pu peser sur la course dans les ultimes instants. « Ils étaient tous en reprise, rappelait Frédéric. Ce n’est donc pas forcément une grande surprise. Le parcours était malgré tout casse-pattes aujourd’hui et il a, qui plus est, commencé à faire bien chaud en fin d’étape. Arnaud nous disait d’ailleurs que ce n’était pas régulier, et ils ont eu un coup de moins bien dans l’emballage final. Il espérait passer mais ça a été un peu compliqué. Si l’arrivée avait été plate, ça aurait éventuellement pu le faire, mais aujourd’hui, pour une reprise, c’était à peine trop dur pour nous ».

Devant son public et paré de la tunique de champion de Luxembourg, Kevin Geniets a joué de malchance dans le final avec une crevaison à l’approche des dix derniers kilomètres. « Il est peut-être revenu un peu trop vite, précisait Frédéric. Dans le final, c’est monté d’un cran en termes d’intensité et il fallait vraiment être placé au pied de la bosse. Il a sans doute eu un petit contrecoup ». Si cette première journée n’a pas été d’une réelle réussite pour les deux champions nationaux et leurs compères, quatre nouvelles opportunités restent à saisir sur le reste de la semaine. « On espère que ça va aller de mieux en mieux et que les gars vont monter en pression au fil des étapes, concluait Frédéric. Normalement, c’est encore jouable pour le sprint demain et après-demain. Vendredi et samedi, ce sera plus taillé pour Kevin, s’il retrouve de bonnes sensations. Quoi qu’il en soit, on vient ici pour remporter une étape. Les profils ressemblent un peu à ceux du Tour de Wallonie, mais en un peu plus dur, et Arnaud n’a peut-être pas la même forme actuellement. C’est aussi pourquoi le but sera également de progresser tous les jours durant cette course ».