Une bonne mise en jambes en Algarve

Une étape sans grandes péripéties a ce mercredi ouvert le Tour d’Algarve, dans le sud du Portugal. L’échappée n’a jamais eu sa chance et la journée s’est comme prévue achevée par un sprint, remporté par Sam Bennett. Cette première étape a été l’occasion pour les coureurs de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ de remettre le moteur en marche avant la première arrivée au sommet demain, à l’Alto da Foia.

« Il fallait s’acclimater aux premières grosses chaleurs », Frédéric Guesdon

Quelques légers reliefs avaient beau jalonner la première étape du Tour d’Algarve ce mercredi, l’issue de la journée ne souffrait d’aucun doute. Un sprint était attendu du côté de Portimão, et les équipes intéressées par l’emballage l’ont rapidement fait comprendre, laissant filer une échappée de cinq hommes, réduite à quatre après la chute d’un des attaquants. « Alexys a rapidement essayé, mais il n’y a pas eu beaucoup de bagarre au départ, racontait Frédéric Guesdon. Ils n’étaient pas nombreux devant, et vu les équipes de sprinteurs présentes et le parcours, on savait que ça n’irait pas loin. On a été vigilants, mais il n’y avait pas lieu d’insister. Il fallait simplement ne pas se faire piéger au cas où un gros coup partait. Sachant que ce n’est pas le Tour d’Algarve du mois de février, où tout le monde est ultra-motivé car c’est la reprise, on ne sait jamais… Ensuite, on s’est tranquillement mis dans le rythme au sein du peloton. C’était aussi un peu le but aujourd’hui, dans la mesure où ce groupe reprend. L’objectif est qu’ils retrouvent la condition au fil des jours et non pas de se cramer dès l’ouverture ».

Le groupe de tête, composé de Carlos Canal (Burgos-BH), Jon Irisarri (Caja Rural-Seguros RGA), Gustavo César Veloso (Atum General-Tavira-Maria Nova Hotel), Cesar Nicolas Paredes (Louletano-Loulé Concelho) et Hugo Nunes (Rádio Popular-Boavista), n’a jamais compté plus de trois minutes d’avance sur un peloton guidé par les écuries Deceuninck-Quick Step et Bora-hansgrohe. Pas grand-chose à signaler tout au long de la journée, donc, mais une particularité néanmoins sur cette entame portugaise. « On a eu pas mal de ravitaillement en bidons, car il a fait très chaud, expliquait Frédéric. Le thermomètre affichait constamment entre 28 et 30°C. Ce sont les premières grosses chaleurs et ce n’est jamais évident pour les coureurs. Il leur fallait s’acclimater à cela également ». Dans la dernière heure de course, le rythme s’est naturellement intensifié et les coureurs de la Groupama-FDJ sont apparus plus présents dans la première partie du peloton. « On sait que c’est nerveux ici, qu’il peut y avoir des chutes, et que les vingt derniers kilomètres seraient très rapides, reprenait Frédéric. On voulait remonter un peu au fil des kilomètres, se mettre dans le rythme, puis courir autour de Benjamin et Marijn, qui a une petite pointe de vitesse. Cela nous donnait un objectif et nous évitait de traîner en queue de peloton ».

« Ce serait bien de s’accrocher », Frédéric Guesdon

Marijn van den Berg, pour l’occasion promu de la Conti, a bénéficié du travail de ses collègues mais le final quelque peu tortueux n’a pas permis au jeune Néerlandais de tirer son épingle du jeu. « Ce n’était pas évident de se trouver, et il y a eu une chute à cinq kilomètres de l’arrivée qui n’a sans doute pas aidé, complétait Frédéric. Ce sont aussi des automatismes qu’on n’obtient qu’après les avoir répétés plusieurs fois. C’était leur première ensemble. En tout cas, l’intention était là. William a fait jouer son expérience, Clément s’y est mis également. Olivier et Kevin étaient aussi bien placés. Marijn a un peu perdu leurs roues à six bornes de l’arrivée mais les gars ont fait ce qu’on leur a demandé ». En raison de cassures dans les derniers instants de course, c’est un peloton d’à peine 80 coureurs qui s’est présenté dans la dernière ligne droite. Sam Bennett a réglé l’emballage alors que Kevin Geniets, Olivier Le Gac et Marijn van den Berg ont terminé au sein de ce premier groupe.

Jeudi, les coureurs prendront la direction de l’Alto da Foia (7,7 km à 5,8%) qui viendra conclure trente derniers kilomètres très accidentés. « Ça risque encore d’être compliqué pour l’échappée demain, prédit Frédéric. Le final est quand même très costaud. De notre côté, on n’a pas de purs grimpeurs. Il nous faudrait donc arriver avec pas mal d’avance au pied de la dernière ascension pour espérer quelque chose. On va essayer de courir autour de Benjamin, Kevin voire Olivier, afin de les placer avant l’enchaînement des trois dernières bosses. Ensuite, s’ils ont la jambe, ils tenteront de suivre. Ne serait-ce que pour la suite de la saison et pour faire des efforts, ce serait bien de s’accrocher ».