Thibaut Pinot et Rudy Molard dans le top 10 avant l’ultime explication

Il ne va plus rester qu’une étape pour faire la différence. En raison de l’épidémie du Coronavirus et des restrictions qui ont été prononcées pour ralentir sa propagation, Paris-Nice s’achèvera demain après-midi sur la Colmiane. En attendant, la première étape accidentée de l’épreuve, aujourd’hui, s’est conclue par la victoire en solitaire de Tiesj Benoot (Team Sunweb), tandis que Thibaut Pinot et Rudy Molard ont respectivement accroché les 7e et 9e places, intégrant par la même occasion le top 10 du classement général avant une dernière lutte au sommet ce samedi.

« Je n’étais pas dans un très grand jour » Stefan Küng

L’atmosphère était logiquement palpable ce vendredi matin, au départ de Sorgues, alors qu’Amaury Sport Organisation venait tout juste d’annoncer que son épreuve se conclurait de manière anticipée, samedi, au sommet de la Colmiane. Pour autant, une fois le coup d’envoi de l’étape donné, les coureurs s’en sont donnés à cœur joie et une belle bagarre s’est installée pour former l’échappée du jour. Stefan Küng y a pris part et, au terme d’une heure très intense, a réussi à s’installer en tête de course. Avec un avantage toutefois très minime sur un peloton mené par la Deceuninck-Quick Step de Julian Alaphilippe. « Au début, j’avais envie de me faire plaisir en prenant l’échappée, expliquait le Suisse après la course. Mais je n’étais pas dans un très grand jour, qui plus est sur parcours comme celui-là, assez compliqué pour moi. Au moins, une fois devant, j’étais plus tranquille que dans le peloton. Des fois, on espère aussi que les jambes vont se débloquer après une ou deux heures de course, mais ça n’a pas été le cas aujourd’hui, et l’étape était très dure ».

Après environ cent kilomètres à l’avant, en compagnie de six autres fuyards, Küng a fini par rendre les armes à l’entame des quarante dernières bornes, lorsque le peloton est passé à la vitesse supérieure. Une nouvelle course a alors débuté, dictée par la Sunweb de Nikias Arndt, Soren Kragh Andersen puis Tiesj Benoot, qui sont tour à tour passés à l’offensive avant que le dernier cité ne réussisse à s’enfuir, de manière définitive, dans la dernière bosse répertoriée. Juste derrière, Rudy Molard et Thibaut Pinot ont été en mesure de suivre, voire d’attaquer, un groupe de favoris très restreint. Ainsi, alors que Benoot s’en allait conclure, les deux leaders de la Groupama-FDJ terminaient à une vingtaine de secondes, néanmoins gênés par la chute du leader Maximilian Schachmann dans le dernier kilomètre. « C’est dommage, sinon on arrive pour la deuxième place et on peut éventuellement aller chercher un podium d’étape, regrettait Rudy. Les sensations étaient correctes aujourd’hui. Il y a eu un gros tempo toute la journée et une belle explication à la fin entre tous les meilleurs. On a été présent sur les attaques de Julian [Alaphilippe] et c’est quand même une bonne étape pour nous ».

« On pourrait assister à grosses surprises demain » Philippe Mauduit

Septième sur la ligne, deux places devant son collègue, Thibaut Pinot tirait également un bilan honnête au terme de cette journée particulière compte tenu du contexte. « On est resté dans notre bulle, disait-il à l’arrivée. On a senti qu’il y avait une atmosphère un peu bizarre au départ, mais une fois que l’étape est lancée, on ne s’occupe plus du reste et on est concentré sur la course. Ça a été une journée très dure pour tout le monde. Chacun la redoutait. Ça a été pour moi, même si on ne peut pas dire que je me suis vraiment rassuré. J’ai pu suivre Julian quand il a attaqué dans la dernière bosse, et c’est au moins un signe positif ». Malgré des mesures encore renforcées ce vendredi 13 mars sur l’ensemble de la France, et pour les compétitions sportives en particulier, Paris-Nice devrait bel et bien offrir son dénouement sur les pentes de la Colmiane, demain. Rudy et Thibaut auront donc une ultime opportunité à saisir, tant pour l’étape qu’en vue du général, dont ils occupent désormais les 7e et 8e places. « C’est intéressant en vue du dernier acte, confirme Philippe Mauduit. Ils ne se retrouvent maintenant qu’avec des grimpeurs au classement, à l’exception de Matthews. Demain, il y aura une grosse bagarre sur la dernière montée de ce Paris-Nice. Quand on voit la densité et l’intensité de la course aujourd’hui, on peut même imaginer que certains coureurs prendront de gros risques, et on pourrait assister à de grosses surprises sur ce final de Paris-Nice ».