Marc Sarreau dixième, cap sur un « triptyque infernal »

Au terme de la cinquième étape, la plus longue, de Paris-Nice, Jan Tratnik a bien failli tromper le peloton. Mais le Slovène a été avalé in-extremis (à 60 mètres exactement) et c’est Niccolo Bonifazio (Total-Direct Energie) qui a remporté un sprint mouvementé dont Marc Sarreau a pris la dixième place. Thibaut Pinot et Rudy Molard ont terminé dans le même temps et peuvent désormais complètement se projeter sur les trois derniers actes, davantage à leur convenance.

« L’objectif était de s’économiser en prévision du week-end » Philippe Mauduit

De nombreuses heures de selle étaient au programme pour les coureurs de Paris-Nice ce jeudi. Pas moins de 227 kilomètres composaient cette cinquième étape, en direction de la Côte-Saint-André. Cela n’a pas pour autant refroidi quatre coureurs, en l’occurrence Jan Tratnik (Bahrain-McLaren), Anthony Turgis (Total-Direct Energie), Ryan Mullen (Trek-Segafredo) et Alexis Gougeard (AG2R-La Mondiale), au moment de se lancer dans l’échappée du jour, après seulement cinq kilomètres. Le peloton a dès lors laissé faire pendant une bonne heure, permettant aux fuyards de se construire un avantage de sept minutes. Une fois la mi-course passée, les équipes de sprinteurs ont progressivement mis en route, de peur de se faire piéger, et une belle lutte à distance s’est alors installée entre les deux groupes.

« L’objectif pour nous aujourd’hui, exposait plus tard Philippe Mauduit, c’était surtout de profiter de cette journée de transition. Je pense que tout le monde en avait besoin. On avait pris le parti de tenter de passer la journée la plus tranquille possible, pour s’économiser en prévision du week-end qui arrive, et l’aborder avec le plus de fraîcheur possible ». D’autres équipes, bien plus intéressées par l’étape du jour, n’ont pas ménagé leurs efforts face au quatuor de tête qui a offert une belle résistance dans la dernière heure de course. Un quatuor ensuite réduit à un duo avec Tratnik et Gougeard, avant que le Slovène ne s’isole dans les dix derniers kilomètres. Le numéro du coureur de la Bahrain-McLaren n’a néanmoins pas été récompensé, puisque neutralisé à 50 mètres de la ligne par la meute des sprinteurs, menée par Niccolo Bonifazio, vainqueur. Marc Sarreau accrochait lui la dixième place dans cet emballage.

« Dès demain, c’est une étape très difficile » Philippe Mauduit

« Marc a beaucoup travaillé depuis le départ de la course, rappelait Philippe. Ses adversaires directs sont généralement plutôt bien au chaud, protégés par leurs équipiers. Nous, on ne peut pas se le permettre. Au contraire, Marc est l’un de ceux qui a dû beaucoup travailler dans les bordures. Il s’est quelques fois sacrifié pour ses copains. Du coup, aujourd’hui, quand il a fallu se dresser sur les pédales, il avait un peu moins d’énergie que ses adversaires directs, mais il a tenté sa chance et on doit reconnaître qu’il l’a fait crânement ». Ses deux leaders Rudy Molard et Thibaut Pinot ont terminé avec lui dans un peloton d’une soixantaine d’unités seulement. « Il y avait de la fatigue et on l’a bien vu dans le final ; beaucoup de coureurs se sont écartés, soulignait Philippe. On a été suffisamment vigilant et présent pour ne pas perdre de temps bêtement. Il faut rappeler qu’il y avait aujourd’hui 2600 mètres de dénivelé et 227 kilomètres de course, plus neuf kilomètres de fictif. C’est une journée qui marque les organismes, déjà bien entamés depuis le départ de Paris-Nice, mais c’est comme ça pour tout le monde ».

Après avoir tenté de recharger les batteries au maximum ce jeudi, l’équipe peut maintenant se projeter sur la phase finale de Paris-Nice, bien plus à l’avantage de ses leaders. « Après avoir eu un triptyque infernal dans le vent, on se dirige vers un triptyque infernal dans les bosses, lançait Philippe en conclusion. Dès demain, c’est une étape très difficile. On évoluera sur des routes qui ne rendent pas, avec du gros gravillon, et qui seront quelques fois exposées au vent. Puis, le final est très dur, et des coureurs pourront donc en profiter pour se dégager et reprendre quelques secondes au général. Il peut y avoir de la bagarre dans la dernière montée répertoriée, juste avant la descente vers l’arrivée ». Au total, six bosses catégorisées seront au programme de cette sixième étape, qui reliera Sorgues à Apt au terme de 161 kilomètres.