Les jeunes à l’offensive dans l’étape reine, Jake Stewart 7ème

La troisième étape de l’Étoile de Bessèges, la plus difficile sur le papier, a délivré un joli spectacle ce vendredi. Une course de mouvements a ainsi vu une échappée des plus ronflantes, avec en son sein Lars van den Berg (22 ans) et Jake Stewart (21 ans) pour l’Équipe cycliste Groupama-FDJ, se former puis résister au peloton. S’il n’a pu batailler pour la victoire, subtilisée par Tim Wellens en solitaire, Jake Stewart s’est néanmoins offert une nouvelle place d’honneur (7e). Il pointe ce vendredi au sixième rang du général et conserve son maillot blanc de meilleur jeune endossé hier.

« Avoir Lars et Jake devant, un joli clin d’œil », Thierry Bricaud

« On peut très bien avoir un départ costaud, et auquel cas on sera dans le match », avait prévenu Thierry Bricaud jeudi, en présageant quelque peu le scénario de la troisième étape de l’Étoile de Bessèges. Et il y a effectivement eu de la course aujourd’hui autour de … Bessèges, justement, sur un circuit proposant pas moins de 2000 mètres de dénivelé. L’essentiel des difficultés étant toutefois situé dans la première partie de course, les grandes manœuvres ont débuté de très bonne heure et l’Équipe cycliste Groupama-FDJ était bien présente au rendez-vous. « On savait que la course pouvait être animée rapidement, soutenait Thierry. De notre côté, les gars étaient complètement concentrés sur ce qu’ils avaient à faire, et ils l’ont bien fait. Il y a rapidement eu une cinquantaine de coureurs lâchés mais nous n’y avions personne. Tout le monde était dans le premier groupe, bien appliqué. Benjamin est allé plusieurs fois dans des gros coups, Alexys également. Les gars étaient bien dans la course ». Aux côtés de Bernal, Bettiol, Nibali, Van Avermaet ou encore Wellens, Benjamin Thomas a l’espace de quelques minutes pris place dans une échappée royale. Alexys Brunel a lui aussi côtoyé Bernal ou bien Mollema aux avant-postes, mais c’est finalement au sommet du Col des Brousses que tout s’est dessiné.

« Après le coup d’Alexys et Bernal, ça rentre, ça contre et ça part à dix-sept », relatait Thierry. Au sein de ce groupe, la Groupama-FDJ réussissait à glisser deux hommes, les deux derniers passés pros du groupe : Lars van den Berg et Jake Stewart, issus de la « Conti ». « Le départ a été très dur car beaucoup d’équipes ne voulaient pas d’un sprint aujourd’hui, exposait le jeune sprinteur anglais. Les 50 premiers kilomètres se sont fait à plein gaz et l’échappée s’est formée après la deuxième grosse ascension. J’ai réussi à prendre les roues au sommet et on a fait l’écart ». « C’est un joli clin d’œil que nos deux jeunes aient réussi à être à l’avant, commentait Thierry. Ce n’était pas spécialement les plus forts chez nous aujourd’hui, mais ce n’est pas par hasard non plus s’ils ont réussi à être devant ». À leurs côtés figuraient d’ailleurs pléiade de coureurs de premier plan : Egan Bernal, Michal Kwiatkowski, Philippe Gilbert, Tim Wellens, Greg Van Avermaet, Nils Politt, Edward Theuns ou bien encore Bryan Coquard. « Quand on prend la liste des échappés et qu’on fait l’inventaire, on sait pertinemment que ça va aller loin, ajoutait Thierry. Le peloton a mis trop de temps pour s’organiser et il n’avait sans doute pas les armes pour aller les chercher. Devant c’était des clients, des coureurs qu’on verra d’ici quelques semaines dans les Classiques ».

« Je n’avais plus grand-chose dans les jambes », Jake Stewart 

L’échappée s’est ainsi rapidement construite une avance de deux minutes, qu’elle n’a jamais réellement vu fléchir, le fait également à une excellente collaboration jusqu’aux vingt derniers kilomètres. S’est ensuite dressée la dernière bosse du jour, courte (900m) mais offrant quelques pentes (6,5% de moyenne). « Avec Jake on avait une belle petite carte si ça arrivait groupé, mais c’était dans le cas d’un scénario de course parfait, complétait Thierry. On savait que ça allait bouger dans ce dernier talus ». « En vue du final, je voulais juste économiser mon énergie pour être en mesure de rester avec les meilleurs, expliquait Jake. La dernière bosse était assez raide et quand Wellens a attaqué, je n’ai pas pu suivre. J’ai juste essayé de tenir les roues et de rester aussi frais que possible au cas où ça se regroupe pour un sprint ». Le Belge n’a toutefois jamais été revu. « Il s’en va dans la descente grâce au bon travail collectif des Lotto, mais une plaque de gasoil sur la route a aussi bien désorganisé l’échappée avec la chute de Kwiatkowski. C’est un fait de course, ça arrive. Et puis, même s’il était légèrement en difficulté, Lars tombe également à cause de cette plaque de gasoil dans la descente. C’est dommage, il n’a pas pu retrouver Jake devant et l’aider ».

Le jeune Britannique a lui conservé sa position au deuxième échelon de la course et s’est alors focalisé sur la bataille pour la deuxième place. « Je me suis trop collé aux barrières dans le sprint, et après une journée si difficile, je n’avais de toute façon plus grand-chose dans les jambes », commentait l’intéressé. « Il avait pris l’option de pister Van Avermaet, et c’était une bonne option sauf que ce dernier n’était pas si impérial et Jake a été un peu ralenti, concluait Thierry. Ç’aurait été frustrant si cela avait été pour la gagne, mais ce n’est pas non plus un drame. C’est déjà très bien d’être là dans le final, ça veut dire qu’il marche bien ». Il s’est finalement octroyé la septième place du jour alors que son compère néerlandais, égratigné à la suite de sa chute, a terminé tranquillement. « Les gars ont fait une belle étape, et on voit qu’ils ont bien travaillé cet hiver, qu’ils sont déjà opérationnels. Ils font face à un niveau WorldTour ici, c’est encourageant pour la suite. Ils vont prendre de la confiance et c’est le plus important ». Grâce à ce second top 10 sur l’épreuve, Jake Stewart conforte son maillot de meilleur jeune mais remonte aussi au sixième rang du général. « Il est dans le peloton de tête, mais ce n’est pas le meilleur du groupe dans le chrono, poursuivait Thierry Bricaud. On va plutôt se concentrer sur l’étape de demain, qui est peut-être d’ailleurs sur le papier celle qui lui convient le mieux ». « C’est une nouvelle belle opportunité avec ce sprint en montée, ponctuait Jake. Peut-être que ce sera assez dur pour lâcher quelques-uns des vrais sprinteurs. On essaiera de bien manœuvrer avec Fabian et de décrocher un bon résultat ».