L’équipe évite les derniers pièges avant le contre-la-montre

La première phase de Paris-Nice s’est achevée ce mardi, et après trois étapes âpres dans le vent et sous la pluie, Rudy Molard et Thibaut Pinot sont parfaitement en place au classement général (13e et 15e) avant le contre-la-montre de Saint-Amand-Montrond mercredi. Aujourd’hui, malgré de nouvelles cassures dans le final vers La Châtre, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ s’est de nouveau montrée solide pour maintenir ses hommes forts à flot. À l’arrivée, Marc Sarreau a lui exploité les forces qui lui restaient pour prendre la douzième place d’un sprint remporté par Ivan Garcia Cortina (Bahrain-McLaren).

« Ça a été nerveux sur toute la deuxième moitié de course » Marc Sarreau

C’est une longue journée qui se profilait pour les coureurs de Paris-Nice au départ de Chalette-sur-Loing, commune où évoluait Marc Sarreau dans ses jeunes années. Mais la journée s’annonçait encore plus longue pour le vaillant Tom Devriendt (Circus-Wanty Gobert), sorti seul dès les premières minutes et qui n’a jamais reçu la compagnie qu’il espérait en tête de course. Malgré cela, le Belge a poursuivi son entreprise solitaire devant un peloton disposé à lui lâcher du lest. Sous un temps de nouveau maussade, l’unique fuyard a ainsi joui d’une avance de dix minutes, avant qu’elle ne soit ramenée à sept à la mi-course. Ce n’est néanmoins qu’à 80 kilomètres de l’arrivée que le peloton a commencé à accélérer et montrer des signes de nervosité, malgré des risques de bordures relativement peu importants.

« Il s’agissait de la troisième étape consécutive avec le vent et la pluie, rappelait Franck Pineau. Néanmoins, le vent soufflait de face sur la première partie de course. On savait qu’il serait davantage 3/4 face à partir des 60 derniers kilomètres, et même de côté dans le final ». La bagarre de positions a donc commencé de bonne heure, même si les cassures décisives ne sont intervenues qu’après le dernier sprint intermédiaire, à environ vingt kilomètres du but. « Ça s’est affolé lorsque les routes ont été plus dégagées, mais pour rien, car il y avait souvent un vent 3/4 face, insistait Marc Sarreau. Ça a été nerveux sur toute la deuxième moitié de course. On était toujours sur des petites routes, tout le monde voulait se replacer, il y avait donc beaucoup d’à-coups et de coups de patins jusque dans le final. Il y a souvent eu des tentatives de bordures, mais sans réussite, sauf dans les quinze derniers kilomètres ».

« J’espère faire un beau chrono » Thibaut Pinot

« On a toujours été aux côtés de Thibaut pour essayer de l’emmener du mieux possible sur cette dernière ligne droite qui menait à La Châtre », assurait Franck . Et si le vent a finalement provoqué bien moins de dégâts que les jours précédents, ce n’en était pas moins une journée piège, durant laquelle chacun a de nouveau pu participer à l’effort collectif. Le sprinteur du groupe Marc Sarreau a lui aussi beaucoup œuvré avant de tenter sa chance dans l’emballage : « L’objectif c’était Thibaut, mais quand c’est comme ça, c’est aussi un peu sauve-qui-peut. Puis quand j’ai entendu dans l’oreillette que Thibaut était bien présent dans le peloton, je me suis dit que j’allais essayer d’aller jouer le sprint. C’était difficile, il y a eu beaucoup de vagues, j’ai essayé de suivre les trains des différents sprinteurs mais le sprint était un peu dur et j’avais aussi donné plus tôt dans la journée. Je n’ai pas pu faire un sprint terrible ». Douzième à l’arrivée, Sarreau a franchi la ligne quelques longueurs devant Rudy et Thibaut, présents aux côtés des autres favoris. Le grimpeur franc-Comtois pouvait donc souffler après cette ultime étape à hauts risques.

« Ce furent trois jours assez nerveux et épuisants, et je pense que tout le monde est fatigué ce soir, assurait-il. On va essayer de bien récupérer car demain, c’est une nouvelle étape très importante avec le contre-la-montre. J’espère faire un beau chrono, perdre le moins de temps possible voire en gagner sur certains grimpeurs. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre mais il est certain que le premier chrono de l’année est toujours délicat, surtout que je n’en ai pas disputé depuis le mois de juillet. On essaiera de faire un bon résultat, mais en tout cas, ce sont les jambes qui parleront ». Le spécialiste de l’exercice Stefan Küng aura naturellement à cœur de bien faire également, même s’il s’est beaucoup employé ces derniers jours. « C’était difficile de garder de l’énergie en vue de demain, surtout pour Stefan, qui a aussi pour mission de protéger Thibaut dans ces journées extrêmement compliquées, concluait Franck. Il ne s’est pas du tout économisé. Il était concentré sur Thibaut, comme le reste de l’équipe, mais à chaque jour suffit sa peine, et on fera malgré tout un beau chrono demain. »