Jour sans pour David Gaudu

Les jambes n’auront malheureusement pas été au rendez-vous de l’étape reine pour David Gaudu. Trois jours après sa chute vers Chiroubles, le grimpeur de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ n’a pu s’exprimer comme il l’aurait souhaité sur les pentes de La Colmiane ce samedi. Il a finalement hérité de la 25e place à l’arrivée et se retrouve 22e du classement général de Paris-Nice avant l’ultime étape, très courte et en circuit autour de Levens.

Dès le départ de cette dynamique septième étape de Paris-Nice, tracée sur à peine 120 kilomètres, les coureurs se retrouvaient dans le vif du sujet. La côte de la Gilette était à escalader à peine le kilomètre 0 franchi et un groupe d’une dizaine de coureurs en a d’ailleurs profité pour se faire la malle : Neilson Powless (EF Education-Nippo), Andrey Amador, Laurens De Plus (Ineos Grenadiers), Alexey Lutsenko (Astana Premier Tech), Kenny Elissonde, Julien Bernard (Trek-Segafredo), Thomas De Gendt (Lotto-Soudal), Sam Bennett, Mattia Cattaneo (Deceuninck-Quick Step), Anthony Perez (Cofidis), David De la Cruz (UAE Team Emirates), Dylan Teuns et Gino Mader (Bahrain-Victorious). En raison de la proximité de quelques uns au classement général, les équipiers du maillot jaune Primoz Roglic n’ont jamais laissé l’échappée véritablement prendre du champ. L’écart maximal recensé a d’ailleurs été de 2’40, au sommet de la troisième et avant-dernière difficulté du jour : la côte de Saint-Antonin.

« Je ne pouvais pas lâcher comme ça », David Gaudu


Le peloton a ensuite pris la direction du pied de La Colmiane, tout en réduisant progressivement la marge des hommes de tête. En amont de la difficulté finale (16,2 km à 6,2%), David Gaudu pouvait lui encore compter sur le soutien de Bruno Armirail et … d’Arnaud Démare, au sein d’un peloton déjà réduit de moitié. « Paradoxalement, Arnaud a peut-être réalisé sa meilleure journée sur ce Paris-Nice sur un terrain qui ne lui convenait pas vraiment, confiait Thierry Bricaud. Il était encore au pied de La Colmiane avec David, il s’est bien accroché. C’est signe qu’il est en progression et qu’il est en bonne santé. C‘est bien pour la suite ». Au sein du groupe des favoris, la sélection s’est rapidement initiée par l’arrière en raison d’un tempo soutenu. David Gaudu s’est employé pour tenir les roues de ses rivaux au maximum, mais a dû céder à cinq kilomètres du sommet. « J’étais à bloc dès le départ, j’étais à la limite dans les premières bosses, expliquait plus tard le Breton. Depuis deux jours, j’ai du mal à trouver de bonnes sensations. Ça a été dur toute la journée mais je me suis accroché. Dans la tête, je me disais : ‘’l’équipe a bossé pour moi toute la semaine, il ne faut pas lâcher maintenant’’. Je m’accrochais à l’espoir que ça se décoince dans la dernière ascension, je ne pouvais pas lâcher comme ça. J’ai essayé de m’accrocher comme j’ai pu avec les moyens que j’avais aujourd’hui ».

Au sommet, le récent vainqueur de la Faun-Ardèche Classic a par conséquent dû se contenter d’une 25e place loin de ses standards. « On est déçus car il avait des ambitions sur ce Paris-Nice et en particulier sur cette étape, confessait Thierry. Les jambes n’ont pas répondu et il y a sûrement des explications. Sa chute n’est évidemment pas anodine. Ce n’était pas aujourd’hui qu’il fallait avoir un jour sans, mais ça fait partie du jeu. On sait pertinemment qu’il n’est pas à sa place ce soir ». Désormais 22e du classement général, David Gaudu ne rentrera pas dans les objectifs qu’il s’était fixé en démarrant la Course au Soleil. « Je suis déçu pour moi et pour l’équipe, ajoutait-il. Ce n’était pas ce qu’on était venus chercher. Ça fait partie du vélo, mais ça fait mal. Ce soir, je suis très déçu mais dès demain, je vais me projeter vers la suite ». « Le plus frustrant, c’est qu’il avait tout bien fait jusque là, notamment en faisant un chrono correct, concluait Thierry. Même si la course n’est pas finie, on sait qu’il sera compliqué d’aller chercher une belle place au classement général ». La huitième étape ce dimanche, redessinée en raison des restrictions sanitaires à Nice, ne semble effectivement pas propice à un renversement de situation. Les coureurs devront ainsi couvrir 93 kilomètres légèrement bosselés sur un circuit reliant Le Plan-du-Var à Levens.