David Gaudu en place avant La Colmiane

À la veille de l’étape reine de Paris-Nice, qui dessinera le classement général final de cette édition 2021, David Gaudu a terminé sans problème au sein du peloton des favoris ce vendredi. Dans l’arrivée en bosse à Biot, où Primoz Roglic s’est imposé, le jeune Breton s’est classé vingt-troisième. Avant la grande explication sur les pentes de La Colmiane, où il espère être bien acteur, il pointe au onzième rang du général.

« Une journée difficile pour tous les coureurs », Thierry Bricaud

Il fallait être d’attaque d’emblée ce vendredi matin au départ de Brignoles, puisque le sixième acte de Paris-Nice est parti sur les chapeaux de roue. Dans une étape accidentée et potentiellement favorable aux attaquants, la bagarre pour l’échappée a duré un moment. Ce n’est qu’après une première heure de course parcourue à 48km/h de moyenne que six hommes ont en effet réussi à s’extirper, dans la première difficulté répertoriée de la journée. Kenny Elissonde (Trek-Segafredo), Jonathan Hivert (B&B Hotels), Julien El Fares (EF Education-Nippo), Alexey Lutsenko (Astana Premier Tech), Anthony Perez (Cofidis) et Victor Campenaerts (Team Qhubeka-ASSOS) ont donc pris les devants, mais jamais plus de quatre minutes sur un peloton mené par la formation Jumbo-Visma de Primoz Roglic. Au terme de l’enchaînement côte de Cabris/Col du Ferrier à la mi-course, ce même peloton était encore bien fourni et David Gaudu pouvait même profiter du soutien du train d’Arnaud Démare. « Ils m’ont protégé et placé toute la journée, saluait le grimpeur breton. Ils se sont vraiment fait mal entre les bosses pour s’accrocher le plus longtemps possible. Arnaud était d’ailleurs encore là à vingt kilomètres de l’arrivée. Puis Kono a fait un gros travail pour me replacer dans le final ». « Arnaud espérait pouvoir passer aujourd’hui, mais il savait que ça allait être très compliqué, complétait Thierry. Une fois décroché, il a quand même fait des efforts importants en prévision de Milan-San Remo ».


Dans la montée vers le sprint intermédiaire de Roquefort-les-Pins, le peloton s’est ainsi délesté de la majeure partie des sprinteurs tandis que Kenny Elissonde a tenté un baroud d’honneur en tête. Il a par la suite été rejoint par Jonas Rutsch, avant que celui-ci n’aille rejoindre en solitaire le pied de l’ultime bosse de la journée, à Biot. Lancé à toute allure, le peloton n’a eu aucun mal à établir la jonction dès les premières pentes et la sélection s’est alors faite par l’arrière dans cette arrivée en bosse explosive. Au sprint, Primoz Roglic s’est finalement imposé au sommet tandis que David Gaudu a parfaitement tenu sa place dans le groupe de tête. « C’était une étape très rapide, très usante et ça a roulé toute la journée, expliquait l’intéressé. Je n’avais pas des sensations extraordinaires aujourd’hui, ce qui n’est pas rare au surlendemain d’une chute. J’avais les pattes un peu dures et j’étais un peu courbaturé. C’est en tout cas positif de finir dans le peloton sans prendre de cassures ». « Il n’avait pas des super jambes mais je pense que tout le monde était occupé aujourd’hui, nuançait Thierry Bricaud. C’était une journée difficile pour tous les coureurs. Il suffit de voir le classement de l’étape pour le constater. Il n’y a quasiment que les favoris devant. Il était là, et c’est bien l’essentiel. Il vaut mieux avoir des sensations moyennes aujourd’hui, et des bonnes demain ».

« J’ai hâte d’y être », David Gaudu

Samedi, place justement à l’étape reine de Paris-Nice. Celle-ci se conclura au sommet de La Colmiane (16,2 km à 6,2%) et sera d’autant plus importante que la huitième étape redessinée par l’organisation ne sera pas aussi favorable aux grimpeurs qu’initialement. Avant la grande explication, David Gaudu se trouve en onzième position du général, à 1’25 du solide maillot jaune Roglic, mais à simplement 35 secondes du podium. « On va faire comme si les compteurs étaient remis à zéro demain, annonçait le leader de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ. On va rentrer sur un terrain de jeu pour les grimpeurs. J’ai hâte d’y être. Ce sera une étape courte, nerveuse, et intense avant ce final explosif à La Colmiane. J’espère que je serai au rendez-vous et que ça se passera bien ». « Pour nous, l’approche reste la même, concluait Thierry Bricaud. Il sera important de faire une belle montée car le général sera quasiment figé demain soir. C’est un terrain qui va parfaitement lui convenir. Je suis serein, il a montré de belles choses depuis le départ de ce Paris-Nice ».