Les ambitions de David Gaudu sur l’édition 2021 de Paris-Nice auraient pu tomber à l’eau ce mercredi, à vingt kilomètres de Chiroubles. Victime d’une chute dans la descente du Mont Brouilly, le Breton s’est néanmoins relevé rapidement et a réussi à reprendre sa place dans le peloton, notamment grâce au soutien de Bruno Armirail. Malgré ces efforts, le jeune grimpeur s’est montré parmi les plus en jambes dans la montée finale et s’est octroyé une jolie septième place sur la ligne, 16 secondes derrière le vainqueur Primoz Roglic.

« Je ne pouvais pas éviter la chute », David Gaudu

Avant la grande explication ce week-end dans les environs de Nice, les favoris étaient attendus ce mercredi du côté du Chiroubles, pour une première arrivée en bosse. Désireux d’anticiper les mouvements des grands leaders, six hommes ont toutefois pris les devants de bonne heure pour se donner une chance de rafler l’étape : Anthony Perez (Cofidis), Oliver Naesen (AG2R-Citroën), Julien Bernard (Trek-Segafredo), Jose Joaquin Rojas (Movistar), Oscar Riesebeek (Alpecin-Fenix) et Fabien Doubey (Total-Direct Energie). Leur avance a longtemps oscillé autour des cinq minutes face à un peloton contrôlé par la Jumbo-Visma de Primoz Roglic, au sein duquel David Gaudu obtenait le soutien de ses coéquipiers plus robustes. « Le groupe ‘’sprinteurs’’ n’était pas sur son terrain de jeu, notait Thierry Bricaud, mais il a mis la main à la patte pour essayer de préserver et de protéger David. Le groupe vit bien ensemble, c’est important pour la suite ». Aux premières loges pour confirmer ces dires, Bruno Armirail complétait : « Toute l’équipe a fait du bon boulot toute la journée, on était souvent bien placés. David a été bien protégé, notamment par Jacopo Guarnieri, et je sais qu’il est bien dans sa roue. Ça marche très bien entre nous, c’est du donnant-donnant. De notre côté, on essaie de les placer pour les étapes de sprint, et en retour, ils nous filent un coup de main sur les étapes de montagne. On a une équipe complète où tout le monde s’entre-aide. C’est très plaisant ».

À une soixantaine de kilomètres de la ligne, le peloton a franchi une première fois le Mont Brouilly (3,2 km à 7,3%) mais c’est lors de son deuxième passage, à vingt-cinq kilomètres de la ligne, que la course s’est véritablement décantée. Ignatas Konovalovas a remonté le leader de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ au pied, et au sommet, ils n’étaient plus qu’une quarantaine dans le peloton principal, dont David Gaudu et Bruno Armirail. La présence du roule-toujours occitan a d’ailleurs eu son importance ce mercredi, puisqu’après seulement quelques lacets dans la descente, David Gaudu a été victime d’une chute. « Tao Geoghegan Hart chasse de l’avant, juste devant moi, racontait l’intéressé. On était alors 4e et 5e du peloton. Je ne peux pas l’éviter et je vais au tapis. C’est bête, car j’avais l’air d’être dans une bonne journée. J’ai tout de suite pensé repartir. Sur le coup, j’ai eu un peu mal au coude mais ça allait ensuite ». Une poignée de secondes après l’accident, Bruno Armirail est arrivé à la hauteur de son leader. « Il était sur le bas-côté, se remémorait. Logiquement, je l’ai attendu, et on est repartis assez loin. On a fait la descente assez vite et il m’a fait confiance, malgré la chute qu’il venait de connaître. J’ai tout donné dans la descente, sur le plat et dans les petites bosses pour le rapprocher au plus possible du peloton. Une fois cuit, je lui ai dit d’y aller, c’était à lui de faire le jump ».

« Le principal, c’est qu’on soit toujours dans le coup », Thierry Bricaud

Après une chasse effrénée, David Gaudu a finalement regagné sa place dans le peloton à douze kilomètres du but, soit à quatre bornes seulement de la dernière ascension. « Si Bruno n’avait pas été dans le peloton à ce moment-là, il est certain que je n’aurais pas pu rentrer, saluait le grimpeur français. Tout seul, ça aurait été fini pour moi. Bruno a encore été d’un grand, grand soutien aujourd’hui ». « La chute est le fait marquant du jour, mais paradoxalement, ça a été bien géré, complétait Thierry. Ça a été bien rectifié par Bruno, qui a encore fait un bon travail, mais aussi bien maîtrisé par David. J’ai essayé de le rassurer et de le détendre pour qu’il se remette vite dans le match, mais c’était déjà le cas. C’est aussi signe qu’il progresse et ce genre de situation va le faire grandir ». Dans la montée finale, David Gaudu est souvent apparu dans les toutes premières positions, et s’il n’a pas répondu à l’attaque décisive de Primoz Roglic à trois kilomètres du sommet, il a néanmoins terminé parmi les tous premiers poursuivants, en 7e position à 16 secondes. « J’avais les pattes dans le final, disait-il, mais j’avais aussi peur d’exploser suite à mes efforts préalables. Je suis quand même content, car l’objectif quand je suis tombé, c’était d’abord de rentrer puis de finir avec les meilleurs. On ne concède pas de temps, à part sur Primoz, c’est donc une bonne chose ». « Le principal, c’est qu’on soit toujours dans le coup pour un bon général. C’est primordial », appuyait Thierry.

Au soir de cette quatrième étape, David Gaudu remonte trente-sept places pour se retrouver douzième du général, à 1’15 de Roglic mais à seulement 40 secondes du podium. « On va tâcher de panser les plaies et bien récupérer demain, terminait David. Il y aura ensuite l’étape de vendredi, où ça risque de rouler un peu plus fort. J’espère bien récupérer afin d’être d’attaque samedi pour la Colmiane ». En attendant le retour du Breton au premier plan, « on se mettra en mode Arnaud demain », ponctuait Thierry. « Même si le final n’est pas simple, on espère bien un sprint ».

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1 commentaire

Fournier Fabien

Fournier Fabien

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Le 11 mars 2021 à 21:56

Bonsoir mes amis Groupama-FDJ , tu t’es bien Battu David Gaudu , malgré ta chute ! Toute mon amitié !Courage à toi et à toute l’équipe Groupama-FDJ .