Benjamin Thomas à l’attaque, Olivier Le Gac 16e du général

C’est par la traditionnelle arrivée au sommet de Malhão que l’édition 2021 du Tour d’Algarve s’est conclue ce dimanche après-midi. À l’occasion de cette cinquième et dernière journée de course, Benjamin Thomas, troisième du contre-la-montre la veille, s’est de nouveau mis en évidence en intégrant l’échappée et en résistant jusqu’à dix kilomètres du terme. Olivier Le Gac s’est lui arraché dans l’ultime montée pour conserver un bon rang au classement général et repart ainsi du Portugal avec une seizième place finale.  

« Une bonne fin de semaine », Olivier Le Gac

Si une étape du Tour d’Algarve 2021 pouvait potentiellement sourire à l’échappée, il s’agissait bien de la dernière, ce dimanche, en direction de l’Alto de Malhão. De par le parcours accidenté et les écarts significatifs au classement général, les espoirs étaient permis pour les attaquants du jour. Alors, naturellement, la bagarre a duré plus longtemps que les jours précédents au départ d’Albufeira. Environ trente kilomètres ont été parcourus avant qu’un groupe d’une dizaine d’hommes ne parvienne à ouvrir une brèche. Et il y avait là Benjamin Thomas pour le compte de la Groupama-FDJ. « On avait vraiment dans l’idée de mettre un mec dans l’échappée, voire deux selon l’épaisseur du groupe, expliquait Frédéric Guesdon. La première mission était accomplie en ayant un mec devant. On espérait que l’échappée aille jusqu’au bout mais on a vite compris que ce serait difficile. Le peloton n’a accordé que 3’30 d’avance, ce qui est un écart assez mince ». « On avait une bonne carte devant, mais il y a toujours eu un bon rythme derrière, témoignait Olivier Le Gac. Étant donné que ça roulait bien devant, avec pas mal de bons rouleurs, le rythme était aussi élevé pour nous ».

À l’entrée dans le dernier quart de course, et alors que le peloton maintenait une vraie pression sur les fuyards, Benjamin Thomas a tenté le tout pour le tout. « Il fallait arriver avec une bonne minute d’avance au pied de la dernière ascension pour espérer aller au bout, précisait Frédéric. Il fallait donc tenter et c’est ce qu’il a fait à 35-40 kilomètres de l’arrivée. Ça ne s’entendait pas trop en tête, sur un terrain vallonné, alors il a décidé de tenter sa chance avec un coureur de Bora (Michael Schwarzmann, ndlr) ». L’ancien champion de France du contre-la-montre a parcouru une vingtaine de kilomètres en compagnie du coureur allemand avant de voir le retour de quelques hommes de l’échappée, puis du peloton, à dix bornes de l’arrivée. « C’était bien pour lui d’être devant et d’aller le plus loin possible, poursuivait Frédéric. Ça montre qu’il sort de ce Tour d’Algarve en forme ». « C’était une bonne fin de semaine, confirmait le spécialiste de la piste. Le début du Tour d’Algarve a été compliqué en raison de la chaleur mais j’ai fini avec de bonnes sensations. On avait un peu carte blanche aujourd’hui mais le peloton ne nous a pas trop laissé de liberté. Dans le final, j’ai essayé de m’extirper et de résister le plus longtemps possible. Une fois repris, j’ai filé un dernier coup de main à Olivier ».

« On aurait signé au départ pour un top 20 avec Olivier », Frédéric Guesdon

Douzième du classement général avant cette dernière étape, le coureur breton a même profité du soutien de l’ensemble de ses collègues tout au long de l’étape. « Toute l’équipe a fait du bon boulot pour m’aider et me placer au mieux pour le final, assurait-il. J’ai été très bien épaulé ». Il a aussi été attentif lorsque Kasper Asgreen a lancé les hostilités à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. « Il était bien placé quand ça a accéléré, et de là, ça n’a plus débranché jusqu’à l’arrivée », disait Frédéric. Olivier Le Gac s’est finalement présenté au pied de la bosse finale de Malhão (2,7 km à 9%) au sein d’un peloton d’une quarantaine d’unités. « Il s’est accroché et s’est bien battu », soutenait Frédéric. « J’ai fait de mon mieux, j’ai essayé de monter à mon rythme sans exploser, indiquait l’intéressé. J’ai donné le maximum et je suis globalement satisfait de ma semaine pour une reprise, sachant que je n’avais pas couru depuis le Tour des Flandres ». Vingt-quatrième au sommet ce dimanche, il a donc confirmé sa place dans le top 20 final (16e) de l’épreuve. « C’est quand même pas mal, ajoutait Frédéric. On aurait signé au départ pour faire top 20 avec Olivier ». « Ça confirme que j’ai bien travaillé à la maison et j’espère que je vais pouvoir encore élever mon niveau dans les semaines à venir en vue des Coupe de France en Bretagne et du Dauphiné », complétait le coureur de 27 ans.

Au moment de tirer le bilan de la semaine lusitanienne, Frédéric Guesdon apparaissait plutôt satisfait. « C’est une semaine positive, concluait-il. Nous n’avions pas de purs sprinteurs, or il y avait deux étapes au sprint. Nous n’avions pas de purs grimpeurs, or il y avait deux étapes avec arrivée au sommet. C’était de fait compliqué de tirer notre épingle du jeu, mais on a essayé de jouer placé malgré tout et on a surtout accumulé du bon travail pour la suite. On s’est aussi mis en condition pour travailler autour d’un leader. Et même si Olivier n’était pas là pour la gagne, tout le monde s’est bien mis à son service. Nous avions quand même une équipe jeune avec Alexys, Clément ou Marijn. Nous n’avons certes pas gagné, mais cette semaine de course nous a permis de bien travailler pour l’avenir. Enfin, pour sa première sur une course par étape avec la WorldTeam, Marijn a donné satisfaction et a montré qu’il était encore là aujourd’hui, après cinq jours de course ».