Arnaud Démare, une course de maître

Mine de rien, et même s’il a gagné beaucoup d’autres courses, Arnaud Démare ne s’était pas imposé dans le World Tour depuis une étape de l’Eneco Tour 2013 à Bruxelles et c’est avec un bonheur énorme qu’il a levé les bras, lundi à Vendôme, terme de la première étape de Paris-Nice. Sa victoire rappelle que sa frustrante saison 2015 est derrière lui, que son équipe fait front et que 2016, décidément, s’annonce sous de grands auspices pour la FDJ.

Avec le vent soufflant de côté, le froid glacial qu’un Flahute ne renierait pas et les chemins de terre placés dans le final, donnant à cette étape un air de classique, il était évident que cette journée pouvait sourire au Trèfle et à son sprinteur ! Arnaud et ses équipiers ont délivré une course parfaite pour signer le cinquième succès de leur saison.

« J’avais eu de nombreuses frustrations l’an dernier, dit Arnaud, mais j’ai fait un bel hiver, j’ai de bonnes jambes. J’avais à cœur de montrer que je suis là. Pas seulement aujourd’hui mais dans les étapes suivantes aussi ! »

Ce fut une étape d’hommes avec la neige pour commencer, puis le vent de côté usant les organismes et finissant par provoquer les bordures espérées par les meilleurs, effrayant les autres.

« Il a fait très très froid, confirme Arnaud, et quand sont apparus les flocons de neige, ce fut la chasse aux sacs de pluie pour ne pas être piégés par le froid. Il y a eu le coup de bordure attendu mais avec mes équipiers, on a vite réagi et je me suis trouvé tout de suite dans le bon groupe. »

Près de lui, Ignatas Konovalovas a abattu un énorme boulot, confirmant le fait qu’il est vraiment une sacrée recrue pour l’équipe FDJ.

« Kono a été dans de grandes équipes, rappelle le vainqueur du jour. Il sait se sacrifier et sait ce qu’il a à faire pour un leader. Il a ses repères dans l’équipe et prend du plaisir. Ça me rassure de le savoir près de moi ici et bientôt dans les classiques. Arthur Vichot était là aussi et a travaillé pour moi comme un gentleman. »

Malgré les attaques de Périchon (Fortuneo-Vital Concept) et Theuns (Trek-Segafredo) dans le final, le sprint a semblé inéluctable et si Arnaud n’était pas très bien placé à 400 mètres de la ligne d’arrivée, il a parfaitement manœuvré. Un premier effort pour remonter et coincer sur sa gauche Bouhanni (Cofidis) et Matthews (Orica-GreenEdge). Un dernier coup de reins pour devancer Swift (Team Sky).

« Je ne suis pas resté aux avants postes à l’approche des secteurs, dit-il. Je savais que ça allait attaquer et j’ai préféré me laisser emmener, rester en retrait aux alentours de la 20e place. J’aurais voulu être mieux placé avant le sprint mais finalement tout le monde était fatigué. Cette victoire soulage, pour nous Paris-Nice est déjà réussi. Il y aura encore des opportunités, ça met en confiance, nous allons avoir du cœur pour réussir de belles étapes. Avec le plateau ici, la victoire est d’autant plus belle. Peu importe qui je bats, dit-il en réponse à une question sur Nacer Bouhanni, et qui il y a au départ. Ici il y a de grands sprinteurs. Ils n’étaient pas tous dans le sprint mais moi j’ai tenu le choc ! »