Après deux victoires consécutives dans les sprints massifs du Giro, Arnaud Démare n’a pu perpétuer sa série ce mercredi à Reggio Emilia. Au terme d’une longue étape de plus de deux-cents kilomètres, sans la moindre bosse, l’emballage final a eu lieu comme escompté. Le train de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ s’est alors parfaitement mis sur les rails dans les derniers kilomètres, mais le sprinteur picard a démarré son sprint un peu trop tôt pour pouvoir espérer ravir la victoire. Il s’est donc octroyé la quatrième place du jour, accentuant malgré tout son avance au classement par points.

Pour seulement un kilomètre, la onzième étape du Giro ne constituait pas ce mercredi l’étape la plus longue de l’épreuve. En revanche, il s’agissait bien du profil le plus plat de cette édition 2022. À travers l’Émilie-Romagne, le peloton évitait tout terrain accidenté pour une journée qui ne semblait réserver aucune surprise. Deux hommes, à savoir Filippo Tagliani (Drone Hopper-Androni Giocattoli) et Luca Rastelli (Bardiani-CSF), se sont dégagés dès les cent premiers mètres et ont ainsi établi l’échappée du jour. Le peloton est longtemps resté plutôt calme avant que Clément Davy n’en prenne les commandes pour dicter l’allure. Un peu plus loin, Arnaud Démare est allé cueillir quelques points lors du sprint intermédiaire. Puis, subitement, la tension et la vitesse sont montées d’un cran à l’approche de Bologne, aux environs de la mi-course. Le changement de direction, une zone dégagée et un vent modéré ont électrisé les équipes concernées par le classement général, et cela a sonné le glas pour l’échappée « matinale ». « L’étape a quand même été stressante, témoignait Arnaud Démare. Beaucoup d’équipes du classement général étaient devant et maintenaient un tempo assez élevé à l’approche des ronds-points et des zones non-abritées. C’était assez usant ». « Toutes les équipes avaient bien analysé la situation et c’est ce qui a engendré un peu de tension, ajoutait Sébastien Joly. Il y a eu un petit coup de vis à la sortie de Bologne mais tout est rentré dans l’ordre par la suite. On sentait que personne ne voulait vraiment se lancer dans la bagarre jusqu’à l’arrivée. Ça a donc plus ou moins temporisé même si c’est resté nerveux ».

« J’ai manqué de patience », Arnaud Démare

Le peloton a demeuré groupé pendant une bonne heure, jusqu’à ce que Dries De Bondt décide de tenter un numéro solitaire à environ cinquante kilomètres du terme. Le Belge s’est vu accorder une avance d’une minute et trente secondes, puis Clément Davy a retrouvé les avant-postes pour effectuer le travail de sape. Le Mayennais a tenu la barre jusqu’à dix kilomètres du but avant de laisser la main à Tobias Ludvigsson. « Dans le final, on a dû changer le vélo d’Ignatas, précisait Sébastien. Ça nous a un peu désorganisés, mais il s’est bien battu et il a réussi à remonter aux premières places avec l’aide d’Attila et de Clément ». Le champion de Lituanie a alors pu mener le train jusqu’aux deux dernières bornes, Miles Scotson a établi la jonction avec Dries De Bondt peu avant la flamme rouge puis a déposé Ramon Sinkeldam, Jacopo Guarnieri et Arnaud Démare en tête aux 800 mètres. « On a été propre dans l’approche du sprint, les gars ont su attendre le bon moment, et finalement, c’est moi qui ai manqué de patience, racontait l’ancien champion de France. À 250 mètres, j’ai vu l’ouverture et j’ai lancé mon sprint. J’ai vu Jacopo se faire un peu enfermer sur la droite, alors j’ai décidé d’y aller. Je voyais la ligne plus proche que ça. Je me sentais aussi en survitesse par rapport aux coureurs sur ma droite et je voulais en profiter pour gagner du terrain. J’ai finalement manqué de patience. Gaviria m’a doublé, et deux autres également avec l’aspiration ».

Sur la ligne, Alberto Dainese (DSM) s’est adjugé la victoire du jour et le porteur du maillot cyclamen a donc hérité de la quatrième place. « Jacopo me disait qu’il avait encore la patte pour m’emmener, je suis quand même déçu d’avoir manqué de lucidité pour être suffisamment patient, ajoutait Arnaud. On ne peut pas gagner à tous les coups. Le maillot cyclamen c’est bien, mais je visais vraiment l’étape. Il y a encore des choses à faire sur ce Giro ». « Ça reste les aléas d’un sprint, mais on est dans le match, ponctuait Sébastien Joly. On aura encore deux belles opportunités ces prochains jours, même si les terrains seront un peu plus accidentés ». Au classement par points, le sprinteur tricolore possède désormais 77 unités d’avance sur son plus proche concurrent, Biniam Girmay ayant lui été contraint d’abandonner ce mercredi matin. 

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1 commentaire

Jac34

Jac34

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Le 18 mai 2022 à 23:35

On a bien vu qu’il y avait quelques mètres de trop. Il y aura d’autres occasions. Mais le train d’Arnaud est impressionnant. Lorsque les différents trains se mettent en ordre de marche, on voit instinctivement que la vitesse augmente et plus la ligne s’approche, plus ça va vite, et les hommes de la FDJ en file indienne avec Arnaud en dernière position. Et soudain tous se dispersent et il n’en reste qu’un Arnaud qui jaillit. Malheureusement aujourd’hui il n’a pas pu rester seul jusqu’à la ligne, ce n’est que partie remise.