Deux énormes morceaux demeuraient au menu déjà bien consistant des coureurs, ce week-end, sur les routes du Tour Auvergne – Rhône-Alpes. Après un apéritif musclé vers Crest Voland vendredi, deux étapes courtes mais au dénivelé positif vertigineux (3800 et 4000 mètres) se profilaient pour les dernières batailles de la semaine. Tout d’abord, le peloton filait samedi vers le mythique col du Grand Colombier (8,5 km à 10%), dans une journée qui débutait par trois côtes coup sur coup, où Clément Braz Afonso s’est montré très actif pour la défense de son maillot blanc à pois bleus. Passé en tête des deux premières difficultés, il a été relayé par Clément Berthet dans la troisième, puis les deux hommes se sont retrouvés ensemble à l’avant en direction des Lacets du Grand Colombier. « L’idée était de continuer à anticiper, d’abord pour aller chercher des points pour le maillot, ce que Clément Braz Afonso a très bien fait, puis en vue de l’étape, et c’est là que Clément Berthet est entré en action », indiquait Thierry Bricaud. À soixante kilomètres du terme, l’échappée s’est réduite à six hommes, avec seulement le Franc-Comtois pour le compte de la Groupama-FDJ United. « C’est monté un peu fort dans les Lacets pour Clément Braz Afonso, qui avait beaucoup donné en début d’étape, reprenait Thierry. Il savait qu’il n’était plus en mesure d’aller chercher des points, donc il a fini la journée à sa main pour poursuivre sa quête dimanche ».

À l’avant, Clément Berthet n’a pour sa part eu qu’une marge limitée sur le peloton. Elle lui a certes permis de franchir – en tête – les Lacets du Grand Colombier et l’avant-dernière difficulté, le Col de Richemond, mais son aventure s’est achevée avant la montée finale. « Le scénario de course était un peu fou, et le peloton n’a jamais vraiment débranché, expliquait Thierry. Les circonstances ont fait que les échappés n’ont jamais eu beaucoup d’avance et ça ne leur a pas permis de jouer plus longtemps. En revanche, c’était très bien dans l’état d’esprit. Clément a également fait une belle étape, et cela a permis de le mettre en confiance pour la suite ». Dans la très exigeante et abrupte ascension du Grand Colombier, Guillaume Martin-Guyonnet s’est enfin accroché du mieux qu’il a pu pour finalement récolter la 17e place au sommet, passant dès lors en onzième position du général. Restait alors à couvrir le grand acte alpestre de cette 78ème édition du Tour Auvergne – Rhône Alpes ce dimanche, à travers les ascensions du col du Pré, de la Montée de Bisanne, du Col des Aravis et du Plateau de Salaison. Cent-vingt-kilomètres de « montagnes russes », que Clément Braz Afonso a de nouveau attaqué tambour battant. « Je savais qu’il fallait que je passe en tête des deux premiers cols pour être tranquille, racontait Clément. J’avais à cœur d’être dans l’échappée, et j’ai réussi à y être, donc je suis vraiment content ».

En compagnie de sept coureurs, le jeune homme de 26 ans a d’abord « fait le plein » dans le Col du Pré (7km à 10%), avant de s’assurer définitivement le gain du classement de la montagne avec sa première place au sommet de la Montée de Bisanne (11 km à 7,7%). « Sur le papier, cela semblait jouable de passer en tête des deux premiers cols, mais aussi fallait-il le faire sur le terrain, soulignait Thierry. Clément a très bien réagi et il est allé chercher ses points comme un grand. On ne fait pas ça par hasard au bout d’une semaine, d’autant plus quand on a beaucoup donné comme ça a été son cas. Il marche très bien et il est en confiance. C’est le plus important ». Bien qu’assuré de remporter le maillot à pois, Clément Braz Afonso a continué son aventure à l’avant, bien que le peloton n’ait jamais octroyé plus de 2’30 aux hommes de tête. Ces derniers ont tout de même pu franchir le Col des Aravis à l’avant, mais au bout de la longue vallée menant au pied de l’ascension finale, l’écart s’est réduit à une trentaine de secondes. Les fuyards ont rapidement été repris, l’explication entre les favoris a démarré presque aussitôt, et Isaac del Toro s’est envolé vers la victoire comme la veille. Guillaume Martin-Guyonnet a rejoint le sommet 4’12 plus tard, en 16e position, et Clément Berthet 4’44 après le vainqueur, à la 19e place. « Guillaume s’est bien accroché et Clément a essayé de rester dans le match aussi », commentait Thierry.

Grâce à une dernière montée bien gérée, le leader normand a pris place au dixième rang du général, tandis que son équipier franc-comtois s’est hissé à la 18e place à l’issue de cette ultime étape. « On avait trois objectifs au départ : conforter le maillot à pois, assurer un top 10 pour Guillaume, et éventuellement aller chercher le classement par équipes, concluait Thierry. Il en a manqué un petit peu pour le dernier point, mais dans l’état d’esprit, on est très satisfaits de ce qu’ont fait les gars toute la semaine. Au-delà des résultats, c’est vraiment ce qu’on retient. Le groupe était motivé et avait toujours envie d’aller de l’avant pour chercher du résultat. L’engagement était omniprésent, et c’est l’attitude qu’il faut continuer de montrer si on veut performer. Ils ont tous eu une approche différente mais cette semaine les conforte dans leur préparation, et certains savent qu’ils ont une petite marge de progression d’ici le Tour de France. Les voyants sont au vert et le plein de confiance est fait. C’est le plus important ». Auréolé de son premier classement annexe sur une course WorldTour, Clément Braz Afonso ne pouvait que confirmer. « Quand je fais le bilan de ma semaine, je peux être satisfait, ponctuait-il. Je repars avec deux top 10 d’étape et ce maillot à pois, que j’ai quand même dû aller chercher. Je suis fier pour cette raison. J’ai adoré le porter toute la semaine, mais j’avais à cœur de finir avec. C’est chose faite, donc je suis vraiment content ».

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