C’est en Toscane, dans la province de Pistoia, que l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United initiait ce dimanche sa campagne italienne lors du GP Industria & Artigianato. Cet « apéritif » s’annonçait malgré tout corsé, puisque cinq difficultés figuraient dans la deuxième partie de course, dont la montée de Mungherino (6 km à 6%) comme juge de paix à tout juste neuf kilomètres du terme. Le début d’épreuve a été marqué par l’échappée de neuf coureurs, contrôlée à environ cinq minutes par le peloton, avant que les différentes boucles du circuit final ne fassent imploser le groupe de tête et ne réduisent drastiquement leur avantage. « En ce qui nous concerne, on avait décidé de faire la course sur Romain et donc de le protéger jusqu’aux deux dernières ascensions, exposait Frédéric Guesdon. On savait que ça allait mettre en route à ce moment-là, et c’est là que notre course commençait. Malheureusement, elle s’est presque arrêtée là également ». Parfaitement remonté par ses coéquipiers à l’entame de l’avant-dernière difficulté du tracé, le champion de France était ainsi en excellente posture à une trentaine de kilomètres du terme lorsqu’un trou sur la chaussée lui a fait perdre le contrôle de son vélo. Conséquence directe, le Bisontin a heurté un concurrent puis s’est retrouvé à terre, éraflé. 

« Il a dû changer de vélo, racontait Frédéric, alors aux premières loges. Il a d’abord récupéré Maxime, qui ne se sentait pas bien aujourd’hui et qui avait roulé un peu avant. Il a tiré un bon relais à Romain, puis Baptiste et Josh ont également donné un bon coup de main pour le faire rentrer le plus vite possible. Quand il est revenu en queue de peloton, Lorenzo et Kevin l’ont aidé à leur tour. On avait juste épargné Brieuc au cas où. Il a fallu presque toute la montée à Romain pour recoller. Il est tombé en bas et il est revenu juste avant le sommet ». Entre-temps, un solide groupe d’attaquants s’est détaché et c’est alors la Groupama-FDJ United qui a été dans l’obligation de prendre ses responsabilités en chasse avant l’ultime difficulté du jour. L’échappée l’a abordée avec trente secondes d’avance sur la meute, Romain Grégoire a de nouveau été excellemment placé par ses coéquipiers, mais après avoir répondu à une première offensive de Christian Scaroni, le Franc-Comtois n’a logiquement pas été en mesure de suivre celle de Tom Pidcock. « Compte tenu de l’effort consenti avant, c’est logique qu’il ait du mal à en faire un deuxième dans un timing aussi rapproché, expliquait Frédéric. Pidcock et les autres n’ont fait aucun effort de la journée alors que Romain a mis une bonne cartouche quinze kilomètres avant. C’est dommage car je pense qu’il aurait pu être devant physiquement. Selon moi, il pouvait jouer avec Pidcock ». 

Le champion de France a été contraint de rétrograder à un troisième échelon en compagnie de Brieuc Rolland, bien qu’il ait franchi le sommet de l’ultime bosse à quelques secondes seulement du principal groupe de poursuite, en lice pour la deuxième place. « Il les voyait pas très loin au sommet, et il espérait qu’ils se regardent un petit peu, mais ça n’a pas vraiment été le cas, et lui était avec une poignée de coureurs qui n’avaient aucun intérêt à le relayer », ajoutait Frédéric. Dans la descente et les deux derniers kilomètres plats, Romain Grégoire n’a donc pu effectuer la jonction et a dû se satisfaire de la dixième place sur la ligne, après avoir réglé au sprint son petit groupe. « Je pense qu’il y avait la possibilité d’aller chercher le podium, voire la victoire, pestait Frédéric. Collectivement, on a répondu présent, on était toujours bien placé et on avait bien géré toute la première partie de course. Malheureusement, le final n’a pas tourné en notre faveur. C’est frustrant, surtout par rapport à l’implication de tout le monde, staff et coureurs. On est franchement déçus de ne pas aller chercher le résultat qu’on mérite ». Nul doute que Romain Grégoire lui-même sera très revanchard lors de ses prochains rendez-vous. « Ça a l’air d’aller physiquement malgré la chute, il ne se plaint pas de quoi que ce soit, ponctuait Frédéric. Il sera jeudi sur la Coppa Sabatini, ce qui lui laisse trois jours pour se refaire ». 

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