Memorial Marco Pantani | Trofeo Matteotti

Un week-end italien frustrant pour Romain Grégoire

Après trois actes en Toscane, la campagne italienne de la Groupama-FDJ United faisait étape en Émilie-Romagne samedi. Sur la côte adriatique, le Memorial Marco Pantani reliait ainsi Riccione à Cesenatico, avec de nombreuses côtes en milieu de parcours, mais quarante derniers kilomètres tout plats pour rejoindre l’arrivée. Dans un premier temps, les hommes de Frédéric Guesdon ont pris le pari d’intégrer l’échappée, avec Rémi Cavagna. « On voulait avoir un mec devant afin qu’il bascule les dernières bosses en tête ou dans le peloton, expliquait le directeur sportif français. Avec un bon groupe, on ne sait jamais, et ça peut également temporiser derrière. Le but initial était que ça aille très loin, non pas faire de la figuration. Malheureusement, ça n’a pas payé ». Dès l’entame des bosses plus abruptes à la mi-course, l’échappée de six hommes s’est en effet disloquée, et Rémi Cavagna n’a pu rivaliser avec les grimpeurs du groupe. « C’était tellement dur que ça a été compliqué pour Rémi de rester devant, ajoutait Frédéric. Il a été repris par le peloton et l’échappée ne nous a malheureusement pas servi ». Qui plus est, les mouvements ont démarré de bonne heure dans le peloton, et la Groupama-FDJ United n’a pas été en capacité de les accompagner. 

« Beaucoup de nos gars n’avaient pas de bonnes sensations, peut-être suite à la Coppa Sabatini sous la pluie, et Tom a en plus subi une chute, expliquait Frédéric. Romain s’est vite retrouvé seul, et il n’avait pas non plus de super sensations. Il pouvait simplement suivre. On était donc dans une course d’attente, en espérant pouvoir basculer pas trop loin des premiers après la dernière bosse et compter sur les équipes de sprinteurs pour nous ramener et jouer la gagne ». À l’issue de la dernière difficulté, le champion de France était bien présent dans un peloton d’une cinquantaine d’unités, mais quatre hommes avaient pris le large et sont parvenus à résister jusqu’au terme de l’épreuve. Dans le final, un groupe de cinq coureurs a également anticipé le sprint du peloton, et Romain Grégoire n’a donc pu jouer « que » la dixième place au sprint. Au bout du compte, il a arraché la treizième. « Il suffit parfois d’un coureur pour aller chercher un résultat, et on y a cru jusqu’au bout, mais compte tenu des circonstances de course, il était difficile de nourrir de vrais regrets », commentait Frédéric. 

Restait aussi le dernier round de la tournée transalpine à disputer dimanche, dans les Abruzzes, et l’équipe s’est déplacée près de 300 kilomètres au sud de la côte pour prendre part au Trofeo Matteotti. Le parcours se décomposait en un circuit vallonné de quinze kilomètres à répéter douze fois autour de Pescara. « C’était une course assez nerveuse et animée, relatait Frédéric. On a d’abord placé Soan [Ruesche] dans l’échappée de cinq, mais il a malheureusement crevé et a donc été distancé. Une fois l’échappée rattrapée à la mi-parcours, ça a attaqué dans tous les sens, et on a toujours été présents, d’abord avec Lorenzo, puis Brieuc, qui ont accompagné des coups ». À moins de deux tours du terme, Romain Grégoire a rejoint Brieuc Rolland en tête, mais le peloton s’est finalement reformé derrière un duo avant d’entamer la dernière boucle, incluant deux montées d’un kilomètre à 5%, et une butte de 700m à 6%. « Romain n’avait pas des jambes extraordinaires, il savait qu’il n’avait qu’une cartouche et il voulait vraiment la mettre à la fin, exposait Frédéric. Avec la grande ligne droite d’arrivée, des équipes encore bien organisées et les bosses assez roulantes, c’était suicidaire de partir de loin. Il fallait vraiment attendre le bon moment ». 

Pour le champion de France, le bon moment s’est avéré être le pied de la dernière côte du parcours, à moins de sept kilomètres du terme. Propulsé par ses coéquipiers, il s’est fendu d’une offensive puissante que seuls deux coureurs sont parvenus à encaisser. « Ils sont sortis en costauds, puis la descente était roulante mais ils s’entendaient bien, disait Frédéric. On se disait que ça pouvait potentiellement tenir, mais c’est finalement revenu dès la descente car ça n’a pas du tout débranché derrière. Ça aurait pu marcher, mais ça n’a pas basculé dans le bon sens ». Au bas de la descente, le leader de la Groupama-FDJ United a également bouché une cassure avant que Brieuc Rolland ne vienne en renfort couvrir les attaques puis que Lorenzo Germani ne le replace en tête de peloton après la flamme rouge, en vue du sprint final. Un sprint qu’il a finalement achevé aux portes du top 10, comme la veille. « Il s’est retrouvé un peu trop tôt devant, et avec les efforts qu’il avait fournis au préalable, il lui en a logiquement manqué contre les mecs qui sont tout le temps restés dans les roues », complétait Frédéric.

La Groupama-FDJ United a donc conclu sa semaine italienne avec un sentiment d’inachevé. « Avec un peu plus de réussite et des circonstances davantage en notre faveur, on aurait pu faire mieux, surtout aujourd’hui, concluait Frédéric. Il y avait clairement possibilité de finir sur le podium, voire de gagner. La chute de Romain à Larciano dimanche dernier l’a tout de même un peu pénalisé toute la semaine. À ce niveau, le moindre petit grain de sable a son importance. C’est forcément frustrant car on venait avec des ambitions plus élevées cette semaine. Je pense vraiment qu’on mérite mieux car tout le monde est très investi et on est souvent acteurs des courses ». 

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