Les résultats s’enchaînent pour « La Conti » Groupama-FDJ United sur la Ronde de l’Isard, mais une pointe d’amertume subsiste après deux étapes en Occitanie. Mercredi, Baptiste Grégoire a décroché une convaincante sixième place dans un sprint en côte, non sans regrets après avoir été débordé dans les 50 derniers mètres. Ce jeudi, Johan Blanc a quant à lui pris la deuxième place, sans toutefois pouvoir pleinement disputer la victoire après avoir été piégé dans un virage à 1 500 mètres de l’arrivée, tout comme son coéquipier Soan Ruesche (6e). Eliott Boulet a également intégré le top 10 (8e) à la veille d’une première étape de montagne.
Épreuve de référence et historique du calendrier Espoirs, la Ronde de l’Isard démarrait cette année de Biars-sur-Cère pour sa 48ème édition. La première étape menait les coureurs vers Saint-Cirq-Lapopie, au bout de 162 kilomètres, où les attendait une montée de 1,7 kilomètre à 7%, incluant des passages à 10%. « L’idée était de rouler pour Baptiste, et donc de prendre nos responsabilités, exposait Tanguy Turgis. Reef a fait du bon boulot pour revenir sur l’échappée, puis on a placé toute l’équipe en tête à deux kilomètres car il y avait un passage très étroit. Le but était ensuite de mettre Baptiste sur orbite. Il y avait un virage très serré à 175 mètres et l’idée était de le prendre en tête. On a lancé à environ 450m, et Baptiste est arrivé en tête comme prévu dans le virage. À 50 mètres de la ligne, il était encore premier, mais les derniers mètres étaient plus raides qu’on ne le pensait. On n’avait pas de réelles infos sur le pourcentage de la pente, et il a malheureusement coincé en raison du sprint vraiment très long qu’il a produit ». À l’arrivée, le jeune puncheur bisontin a alors obtenu la sixième place du jour, à quatre secondes du vainqueur, quand ses équipiers, à l’exception de Reef Roberts, finissaient dans le gros du peloton à neuf secondes. « Baptiste était quand même content que l’équipe lui fasse confiance, et du boulot effectué, disait Tanguy. J’étais aussi très content du comportement de l’équipe et du lead-out au pied. Ils ont vraiment couru comme une équipe. On était simplement déçus car vu son niveau du jour, on pouvait viser mieux ».
« Ils ne sont pas récompensés », Tanguy Turgis
Les poulains de Tanguy Turgis espéraient donc mieux dès ce jeudi lors du deuxième acte, tracé sur à peine 120 kilomètres entre Cap Découverte et le Circuit Automobile d’Albi. « Le but était que Soan soit dans l’échappée, ou bien que l’on filtre l’échappée, indiquait Tanguy. Soan a réussi à se projeter à l’avant, et c’était très bien, d’autant qu’Astana avait également mis un coureur devant pour ne pas assumer la responsabilité de la poursuite ». En compagnie de quatre coureurs, Soan Ruesche a pris jusqu’à trois minutes d’avance sur le peloton, mais l’écart s’est réduit à cinquante secondes à 25 kilomètres du terme. « Soan a alors attaqué et s’est retrouvé seul pendant quasiment vingt bornes, reprenait Tanguy. Dans le peloton, il y a eu un mouvement de course dans un faux-plat montant, Johan a sauté sur l’occasion et un groupe de cinq est rentré sur Soan. Notre plan était initialement de sprinter pour Eliott, mais on a saisi l’opportunité. Malheureusement, à l’entrée du circuit, à 1,5 kilomètre de l’arrivée, il y avait un virage serré, et deux mecs ont fait la cassure. Le coureur de Lotto-Groupe Wanty l’a vu, et il a relancé à fond. Les gars ont essayé de réagir mais c’est un peu trop tard ». Pris au piège par cette situation de course, le duo de « La Conti » n’a donc pu disputer la victoire dans la dernière ligne droite, et Johan Blanc a finalement réglé le groupe pour la deuxième place, Soan Ruesche terminant lui sixième.
« Il y avait de gros regrets à l’arrivée car Johan se sentait vraiment capable de gagner, poursuivait Tanguy. Preuve en est, il a gagné le sprint du groupe. Et on a encore davantage de regrets quand on voit Eliott gagner le sprint massif pour la huitième place. On perd sur une situation de course qui nous échappe et un léger manque de communication. C’est dommage. Je préférerais qu’on fasse 1er, 15eet 20eplutôt que 2e, 6eet 8e, et les coureurs aussi ! Ils étaient très déçus après la ligne. L’équipe est vraiment dans une bonne dynamique, on sent qu’on mérite mieux, et qu’on peut aller chercher mieux. Ils ne sont pas encore récompensés à la hauteur des courses qu’ils produisent ». Trois étapes restent néanmoins au programme pour concrétiser, et ce dès demain au sommet du col de Pailhères. « On a très bien géré les deux premiers jours autour de Rémi, ponctuait Tanguy. Il fait partie des meilleurs grimpeurs au départ, donc on va courir en conséquence ».