Vendredi dernier, en fin de journée, « La Conti » avait rendez-vous à Grâces, dans les Côtes-d’Armor, où un contre-la-montre par équipes de 12,8 kilomètres faisait office de coup d’envoi du Kreiz Breizh Elites version 2026. « C’était un chrono assez technique et qui n’était pas évident en termes de gestion car il se terminait par 1500 mètres à 4,5%, exposait Jérôme Gannat. On arrivait confiant malgré tout car on avait bien préparé cet exercice à Besançon. Il était difficile de se situer par rapport aux autres équipes en amont, mais on espérait rentrer dans le top 5, et l’objectif a été atteint ». À l’arrivée, « La Conti » a officiellement pris la sixième place, dans le même temps que l’équipe classée devant elle, à dix secondes de la formation victorieuse. « On était deuxième, à une seconde du meilleur temps, à l’intermédiaire, ajoutait Jérôme. On était bien partis pour performer, mais ce dernier kilomètre nous a fait un peu mal. Néanmoins, c’était un bon chrono avec une bonne cohésion. Le travail effectué en amont a payé car on a optimisé le potentiel de l’équipe ». Un solide départ qui ne demandait qu’à être confirmé le lendemain, dans une longue étape de 200 kilomètres incluant un circuit bosselé à répéter sept fois. À l’issue d’une course usante, deux échappés ont finalement eu raison du peloton, d’un rien. « On a tout de même subi sur ce final, mais l’essentiel était d’arriver avec le petit peloton sur cette étape compliquée, disait Jérôme. Yann [Dubois] (9e) et Esteban [Foucher] ont fini dans le même temps, mais Reef [Roberts] a malheureusement perdu trente secondes dans le dernier tour ». 

Pour autant, tout restait à faire avant le troisième round vers Carhaix dimanche, « dont tout le monde disait que c’était l’étape reine », soufflait Jérôme. Sur un terrain extrêmement casse-pattes, une échappée de costauds s’est constituée au fur et à mesure des tours du circuit final, jusqu’à comprendre près d’une dizaine d’hommes, malheureusement sans représentant de « La Conti ». Huit coureurs ont finalement pu rallier l’arrivée quarante-quatre secondes avant un peloton d’à peine trente unités. « On n’a jamais vraiment pu peser sur la course, mais on avait encore trois coureurs dans ce petit peloton, expliquait Jérôme. C’était rassurant du point de vue de la condition physique. Partant de ce constat, il fallait faire bouger les choses, être plus entreprenants, être acteurs de la course et tenter des choses. Il nous fallait passer au stade supérieur et c’est avec cet état d’esprit qu’on a attaqué la dernière étape ». Alors quelque peu en retrait au général, les poulains de Jérôme Gannat ont donc tenté le tout pour le tout lors du dernier acte, lundi, sur 190 kilomètres. « Il y a eu une grosse sélection et beaucoup de mouvements dans le peloton à la mi-course, reprenait Jérôme. À l’entrée du circuit, Reef est rentré tout seul sur une dizaine de coureurs à l’avant. Ce groupe a fait son petit bout de chemin, mais sans prendre beaucoup d’avance. Reef a donc accéléré, il s’est retrouvé seul, mais il restait 70 kilomètres. Intelligemment, il a attendu que ça bouge derrière, et cinq coureurs l’ont rejoint au fur et à mesure ». 

Derrière, ses coéquipiers n’ont pas été en reste, puisque Esteban Foucher a tenté de se projeter en poursuite avant que Yann Dubois n’y parvienne plus franchement avec deux autres coureurs. « C’était une belle contre-attaque, assurait Jérôme Gannat. Ils ont fait une vingtaine de kilomètres ensemble, avant que Jermaine Zemke, le futur vainqueur du général, n’attaque et rentre seul devant ». À un peu plus d’un tour du terme, le groupe de tête s’est donc étoffé à sept hommes, qui ont enchaîné attaques et courtes phases d’observation dans l’ultime boucle autour de Rostrenen. « C’était vraiment un parcours très exigeant, mais on voyait que le peloton n’arrivait pas à reprendre de temps à cette échappée, dans laquelle Reef était un vrai moteur, rappelait Jérôme. Dans le final, Reef a tenté plusieurs fois, mais sans jamais vraiment faire la différence. Après la dernière bosse, il s’est fait contrer par Guillaume Adam, et personne n’a réagi. Reef a donc essayé une dernière fois mais ça n’était plus tranchant. Il était cuit, et il a même perdu un peu de temps dans la montée d’arrivée pour terminer à la septième place. C’est forcément une déception, car c’est un coureur qui n’a pas souvent l’occasion d’arriver pour la gagne. Cela s’est peut-être ressenti dans le final : il a montré qu’il était très fort et il est allé chercher tout le monde. Le résultat n’est pas représentatif de sa performance. Ça n’a pas payé cette fois-ci, mais ça paiera par la suite ». 

Une douzaine de secondes après le Néo-Zélandais, les premiers hommes du « peloton » en ont terminé. Yann Dubois (20e) et Esteban Foucher (33e) se sont notamment arrachés jusqu’à la ligne, assurant ainsi leur place dans le top 20 du général, à l’instar de leur coéquipier Kiwi. « Esteban finit seizième, Reef dix-septième et Yann dix-neuvième, précisait Jérôme. C’est bien sûr anecdotique dans la mesure où ce n’est pas un énorme résultat, mais il y a eu des choses encourageantes, et ils auraient pu espérer un peu mieux : Reef vis-à-vis des 30 secondes lâchées le deuxième jour, Yann vis-à-vis d’une petite erreur sur le chrono… Malgré tout, on a été rassurés par la condition physique de Reef, qui était très bonne. Esteban confirme après sa deuxième place sur le championnat de France Espoirs, et Yann est déjà de retour à un très bon niveau. Championnats mis de côté, il n’avait plus couru depuis le mois d’avril en raison d’un problème au genou. Il a terminé les trois étapes en ligne dans le top 20, ce qui est très bien pour un coureur de 18 ans. De manière générale, on peut être satisfait de cette course, et surtout de ce dernier jour, car on a été présent. C’est ce qu’on demande d’abord aux jeunes coureurs : être acteurs de leur course ». 

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