Le Tour d’Italie 109èmedu nom s’est dimanche achevé dans les rues de Rome, où un ultime sprint massif a permis à Paul Penhoët de signer une excellente troisième place. L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United termine donc ce premier Grand Tour de l’année avec deux podiums et deux autres tops 10 : un bilan modeste en dépit de la détermination affichée par les huit coureurs du groupe, par ailleurs tous arrivés au bout de la « Corsa Rosa ».
Toutes les routes mènent à Rome, dit-on, mais celles empruntées par les coureurs du Giro dans la dernière ligne droite ne leur ont pas offert le chemin le plus aisé. Avant de voir le Colisée dimanche, deux grandes étapes de montagne restaient en effet à franchir vendredi et samedi, pour une ultime bataille au classement général. Lors du dix-neuvième acte, incluant un passage par le Passo Giau, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a, comme à son habitude, voulu anticiper cette grande bagarre. « Sur les étapes de montagne, il nous fallait être dans l’échappée et espérer que ce soit un bon coup, expliquait Frédéric Guesdon. On n’avait pas de grimpeur capable de jouer avec les costauds du Giro, on devait essayer de les devancer. Malheureusement, on n’a pas eu cette chance. Vendredi, Rémi, Josh et Rémy ont essayé, mais les prétendants au général ont attaqué dès le premier col et ça n’a donc pas marché. Pour autant, on n’a pas de regrets, car on sait que l’on n’avait que l’échappée pour espérer faire un très bon résultat ». Les cadors se sont ainsi expliqués à Alleghe, où Sepp Kuss s’est imposé. Le lendemain, Axel Huens est lui parvenu à intégrer l’échappée avant les deux ascensions de Piancavallo situées les 70 derniers kilomètres. Et si le Nordiste a admirablement franchi la première à l’avant, la victoire à l’arrivée est comme attendu revenue au maillot rose Jonas Vingegaard. « Axel est allé très loin, il a fait une belle course, mais ça n’a pas payé », commentait Frédéric.

« Un petit pas en avant », Paul Penhoët
À la suite d’un transfert express du Nord de l’Italie à Rome, il ne restait donc plus qu’une opportunité à saisir sur ce Giro, dans les rues de la capitale transalpine. Les sprinteurs espéraient bel et bien avoir leur mot à dire après la désillusion de Milan, mais la course s’est encore une fois avérée extrêmement dynamique et tendue. La Groupama-FDJ United y a d’ailleurs contribué en envoyant tour à tour Rémy Rochas et Rémi Cavagna à l’avant sur le circuit final. « Il y avait une part de plaisir dans le fait d’attaquer, mais aussi une part de stratégie, et de faire ce qui était le mieux pour favoriser Paul, expliquait William Green. À Milan, seuls les quatre meilleurs sprinteurs du Giro étaient devant lui. Pour l’aider, on devait placer des coureurs en tête pour mettre la pression sur les autres équipes afin qu’elles chassent, et que la voie soit un peu plus libre dans le final ». Rémy Rochas a donc attaqué à 45 kilomètres du but, Rémi Cavagna l’a rejoint à 25 bornes de l’arrivée et le rouleur clermontois a résisté au peloton pendant un tour. À deux boucles du terme, ce fût au tour de Filippo Ganna de provoquer une alerte chez les équipes de sprinteurs, qui ont dû s’employer jusqu’à trois kilomètres de la ligne pour enfin le neutraliser. « Brieuc et Cyril ont aussi participé à la poursuite et on avait ensuite pleinement confiance en Axel pour épauler Paul », ajoutait William.
Du fait de la course intense dans les rues de Rome, le peloton était donc moins fourni à l’approche du final. « Axel m’a dit de vraiment rester calme, et je l’ai été, relatait Paul Penhoët. Il a déraillé à 2,5 kilomètres mais on n’a pas paniqué. Puis, j’ai vu une ouverture sur la gauche dans le dernier kilomètre, je m’y suis faufilé et j’ai laissé un petit écart avant le « gauche-droite » pour ne pas freiner dans le virage. Je me suis retrouvé placé en 7-8e position et mon objectif était de lancer le sprint ». À environ 250 mètres de la ligne, à l’entame du faux-plat montant d’arrivée, le jeune Tricolore n’a donc pas hésité quand une porte s’est ouverte le long des barrières. Quasi-instantanément, le sprinteur de la Groupama-FDJ United s’est porté en tête et a mené l’emballage pendant une cinquantaine de mètres avant que Jonathan Milan ne fasse parler sa puissance pour le dépasser. Dans la roue de son compatriote, Giovanni Lonardi est lui aussi parvenu à passer le Français, qui a malgré tout pu assurer une superbe troisième place. « Peut-être que j’aurais pu faire deuxième si j’avais attendu, mais ce qui était important pour moi, c’était de lancer, confiait-il. Je voulais vraiment bien faire car j’étais très déçu de mon Giro, et de ma saison en général. Je voulais terminer sur une bonne note, pour moi, mais surtout pour l’équipe et mes coéquipiers qui me soutiennent depuis le début d’année. Au final, je n’avais rien à perdre, et c’est un petit pas en avant ».



« On s’est battus jusqu’au bout », Frédéric Guesdon
Après sa onzième place à Sofia et sa neuvième place à Milan, Paul Penhoët a donc enfin obtenu le résultat d’envergure qu’il espérait de ces trois semaines. « Le parcours du Giro était particulier, notamment avec ces deux potentiels sprints où Movistar a durci, qui se sont donc révélées être deux occasions manquées, indiquait William. À part ça, on a essayé de saisir les autres opportunités, même si la chute du premier jour reste évidemment une déception. Le plateau de sprinteurs était évidemment très relevé sur ce Giro, mais l’objectif au départ a toujours été le podium, et on a réussi à l’atteindre lors du dernier jour de course ». De quoi, également, donner un peu plus de consistance au bilan de l’équipe, finalement fait de deux podiums (Paul Penhoët et Rémi Cavagna, ndlr), et de deux autres top 10 (Josh Kench 6e et Paul Penhoët 9e, ndlr). « Je pense qu’on a donné le maximum pour obtenir le meilleur résultat possible à chaque étape qui était à notre portée », assurait William. « Les gars ont été acteurs sur ce Giro, malheureusement on n’est pas allés chercher les résultats qu’on espérait, reprenait Frédéric. L’équipe avait aussi été remaniée avec la venue de Paul, et avec le remplacement de Clément [Berthet] par Brieuc notamment. Je pense que ça reste un Giro correct. On a été présent, et au moins, on a tenté. On s’est battus jusqu’au bout ».
Aussi, les huit coureurs de la Groupama-FDJ United ont bel et bien rallié l’arrivée à Rome pour conclure cette aventure de trois semaines. « À l’exception de Rémy, Rémi et Cyril, qui étaient plus expérimentés, il s’agissait du premier ou deuxième Grand Tour pour tous les autres, resituait Frédéric. Josh s’est révélé, Johan a prouvé qu’il était capable d’être entreprenant sur trois semaines, tout comme Axel qui disputait son premier Grand Tour et qui était encore présent sur la dernière étape de montagne ». « Les gars ont plutôt bien géré la charge mentale et physique que représente un Grand Tour, même s’il y a eu des moments difficiles ici et là, ponctuait William. Cela a été un vrai apprentissage pour gérer ses émotions, se remobiliser pour le lendemain, et donner le meilleur pour l’équipe, ce dont ils ont encore fait preuve dans les derniers jours de course. »