Un joli tir groupé dans le chrono, une belle expérience pour Bruno Armirail

Comme de coutume sur Tirreno-Adriatico, la semaine de course se ponctuait par un contre-la-montre de 10 kilomètres dans les rues de San Benedetto del Tronto. Si Simon Yates est parvenu à conserver le premier rang du général ce lundi, c’est Filippo Ganna qui s’est adjugé l’exercice chronométré lors duquel les coureurs de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ se sont particulièrement illustrés. Tobias Ludvigsson (5e), Benjamin Thomas (6e) et Bruno Armirail (11e) ont terminé dans les toutes premières positions, et le dernier cité en a profité pour assurer son top 20 au général. Une première pour lui à ce niveau.

« Placer 3 coureurs dans le top 11, c’est signe d’une très bonne condition », Sébastien Joly

L’équipe Groupama-FDJ avait ouvert ce Tirreno-Adriatico 2020 par un top 10, grâce à Romain Seigle. Elle l’a conclu avec deux autres, quasi trois, à l’occasion du contre-la-montre final disputé ce lundi. Dans les rues de San Benedetto del Tronto, seule la formation Ineos a réussi à meilleur tir groupé que les hommes de Sébastien Joly et Jussi Veikkanen. Tobias Ludvigsson s’est classé cinquième, Benjamin Thomas sixième et Bruno Armirail onzième, dans la même seconde que Michael Matthews (10e). « Depuis le départ de la course, on savait que les gars étaient vraiment motivés pour le chrono, indiquait Sébastien Joly. Pour autant, nous n’avons pas tout misé là-dessus. Nous avons été offensifs, encore hier avec Benjamin. On a préféré donner le maximum tous les jours, ne pas trop se préserver et on savait qu’une belle journée pouvait nous attendre aujourd’hui. Ça a été le cas et on a félicité les coureurs leur bon investissement et leur belle implication. Placer trois coureurs dans le top 11, c’est signe d’une très bonne condition. Tobias était vraiment satisfait de son chrono. Il roulait d’ailleurs pour la première fois avec son nouvel Aerostom et il a vraiment été bluffé. À l’arrivée il était comme un enfant. Benjamin était plus rapide aux intermédiaires mais a légèrement coincé sur la fin. Bruno également, mais dans l’ensemble ils n’ont pas grand-chose à se reprocher. Ils ont fait du très bon travail ».

« J’ai beaucoup appris lors de cette semaine », Bruno Armirail

« Le chrono s’est bien passé, mais le top 10 aurait été mieux, glissait d’ailleurs Bruno Armirail. C’est comme ça, j’ai en tout cas tout donné et ce n’est pas trop mal de faire onzième sur ce chrono après m’être accroché toute la semaine ». À l’exception des trois sprints massifs, le Haut-Pyrénéen de 26 ans a en effet constamment répondu présent sur l’épreuve transalpine, et sa régularité, y compris en montagne, lui a donc permis de sécuriser une solide 18e place finale. « Au début, ce n’était pas prévu que je joue le général, expliquait-il. Cela s’est décidé à la pédale lors de la troisième étape, puis petit à petit, on a commencé à en faire un objectif. Je n’avais jamais vécu cette expérience, c’était tout nouveau pour moi. Ça m’a plu et j’ai beaucoup appris lors cette semaine, notamment au niveau du placement. J’avais une très bonne équipe autour de moi, qui m’a bien placé. Ça faisait vraiment bizarre d’inverser les rôles et être dans la position du leader. D’habitude, c’est moi qui fais ce travail ».

Plutôt catalogué comme rouleur, Bruno Armirail s’est fait violence lors de certaines étapes pour puncheurs mais s’est aussi, au train, doté d’une honorable 22e place lors de l’unique arrivée au sommet de l’épreuve. « Je n’ai pas vraiment de regrets à l’issue de cette semaine, si ce n’est sur la quatrième étape où j’attaque au pied du dernier col, concédait-il. J’aurais peut-être dû suivre mais avec des si … Hier, j’étais moins bien mais j’ai fait tout ce que je pouvais. Au final, ce top 20 au général d’une épreuve WorldTour est une première pour moi, donc ce n’est pas trop mal. D’autant que j’avais coupé après les championnats de France et que je n’étais pas super la semaine précédent Tirreno ». Une première expérience qui pourrait en appeler d’autres ? « On verra avec l’équipe, rétorquait Bruno. Ici, il n’y avait pas Arnaud, Thibaut ou David. C’était de fait plus ouvert pour nous, mais pourquoi pas retenter un général lors d’une prochaine course si nos grands leaders ne sont pas présents ». Le mot de la fin revenait au directeur sportif Sébastien Joly : « Cette semaine a non seulement permis à Bruno d’apprendre des choses, mais ça a aussi permis de stimuler l’ensemble de l’équipe. C’était une bonne chose de ce point de vue également, et je retiens qu’on a passé une bonne semaine. Ils ont maintenant tous besoin de bien récupérer en vue des prochaines échéances ».