Ce n’est pas de la capitale Sofia, mais des rives de la mer Noire, que le coup d’envoi du Grand Départ bulgare du Tour d’Italie a été donné vendredi dernier. Depuis la cité historique de Nessebar, le peloton empruntait un parcours de 147 kilomètres, essentiellement le long de la côte, pour rejoindre Burgas et le premier sprint massif attendu du Giro. Sprint il y a bien eu, mais seule une poignée de coureurs a pu y prendre part en raison d’une chute massive dans le dernier kilomètre. « C’était un sprint très particulier, notamment avec ce rétrécissement à un kilomètre de l’arrivée, indiquait William Green. Malheureusement, notre première erreur a été de prendre le virage 3,6 kilomètres plus loin que prévu, ce qui a influencé le reste du sprint. Paul est ensuite arrivé sur la petite route dans le top 15. Il était là, en place pour disputer le final, mais en seconde ligne ». Le jeune Français a alors été parmi les premiers à tomber lorsque la chute, survenue devant lui, a bloqué la largeur de la route. « On aurait pu espérer un meilleur départ pour cette première étape, mais on n’était pas au bon endroit aux moments clés, complétait William. Paul était malgré tout satisfait de l’engagement de l’équipe dans le final, car tout le monde était impliqué à 100 %. La chute l’a presque motivé, finalement. Le travail de ses coéquipiers lui donnait bon espoir pour les sprints suivants ».

Avant le second sprint massif attendu dimanche, un final plus coriace se dressait face aux coureurs samedi dans une longue deuxième étape de 221 kilomètres vers Veliko Tarnovo. « Le point clé de la journée était la dernière ascension, située à 15 kilomètres de l’arrivée, resituait William. Avant ça, la pluie est tombée en milieu de journée, rendant la route extrêmement glissante et une énorme chute massive s’est produite dans le peloton. Malheureusement, Rémi, Rémy et Brieuc ont été pris. Brieuc et Rémy étaient censés disputer le final et leur chute a malheureusement perturbé nos plans ».

Un coureur de la Groupama-FDJ United a malgré tout émergé du final rendu sélectif par Jonas Vingegaard : Josh Kench. « Il a pu démontrer toute l’étendue de son talent, soulignait William. Il a abordé la montée très loin derrière, mais il a réalisé une très belle ascension et s’est retrouvé pas très loin des favoris en haut. Il a fait la jonction tout seul et il a même eu l’opportunité de sprinter à l’arrivée ». S’il n’a pu jouer les premiers rôles, le Néo-Zélandais a obtenu la 24e place au sein d’un premier peloton très réduit.« Il s’est bien préparé pour ce Giro, avec un stage en altitude et le Tour de Romandie, et il montre qu’il peut vraiment briller sur cette course, ajoutait William. On est très content de ce qu’il montre, et on peut espérer encore davantage lorsqu’il sera protégé ».

Dimanche, en conclusion du triptyque bulgare, le peloton rejoignait enfin Sofia dans une journée incluant une longue ascension de neuf kilomètres, mais située bien trop loin de l’arrivée pour avoir un quelconque impact. C’est donc bien un sprint qui a ponctué les 175 kilomètres de course. « Le final s’effectuait sur une route très large, en ligne droite, et sans obstacle, jusqu’aux 100 derniers mètres, disait William. Tout était question de timing. L’objectif était d’être patient, d’autant plus qu’on avait moins de coureurs pour épauler Paul après la chute de samedi. À l’approche des deux derniers kilomètres, on a commencé à remonter, puis Cyril et Axel ont fait un excellent travail pour positionner Paul proche de la roue de Milan à environ 500 mètres de l’arrivée. Ensuite, ça a été une grosse bagarre pour garder sa position, c’était assez chaotique, et Paul a peut-être manqué d’un peu d’agressivité. Les 100 derniers mètres sur les pavés convenaient également un peu mieux aux sprinteurs les plus puissants ». Dans l’ultime ligne droite, Paul Penhoët n’a donc pu remonter, terminant la journée à la onzième place. « C’est un peu frustrant pour lui, mais le plateau de sprinteurs est très élevé dans cette course et, une fois de plus, l’équipe s’est investie à 100 %, en adaptant le plan quand il le fallait, complétait William. Il faut continuer à essayer, et Paul devrait trouver des sprints plus adaptés prochainement ».

Après un transfert express dans la soirée de dimanche, le peloton observe ce lundi une journée de repos avant de reprendre la route en Calabre dès demain. « Globalement, c’était une super expérience en Bulgarie, l’organisation a fait un super travail et on a bénéficié d’un soutien incroyable le long de la route, surtout hier, ponctuait William. On est maintenant de retour en Italie, et ça devrait bien se passer ! La quatrième étape est particulièrement intéressante, avec une longue ascension dans laquelle il est possible que certains sprinteurs soient distancés. Cela pourrait convenir à Paul, mais si c’est trop dur, nous avons d’autres options comme Axel. La cinquième étape semble être une première occasion potentielle pour l’échappée. La sixième étape devrait se conclure par un sprint et la septième étape sonnera la première vraie bataille pour le général sur le Blockhaus. De belles étapes nous attendent et on a des coureurs pour chacune d’entre elles ».

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