C’est en Calabre que tout a commencé, dimanche dernier, pour la 49ème édition du Tour d’Italie « Espoirs ». Une étape de près de 170 kilomètres a lancé les hostilités, et un dénouement surprise en a découlé. Un unique rescapé de l’échappée est ainsi parvenu à résister au peloton pour quelques mètres, après avoir compté jusqu’à huit minutes d’avance. « Avec seulement quatre coureurs devant et le profil du final, on pensait que ça n’irait pas au bout, expliquait Jérôme Gannat. On visait des échappées plus conséquentes. Finalement, étant donné que c’était une première étape et que les échappés n’étaient pas dangereux pour le général, les équipes de leaders n’ont pas vraiment chassé, et peu d’équipes étaient également intéressées par un sprint. Ça a mis beaucoup de temps à se mettre en route. Avec les côtes du final, l’homme de tête a coincé, mais il a pu finir avec une seconde d’avance ». Derrière lui, un sprint massif a jugé des places d’honneur, et Eliott Boulet a franchi la ligne en 22e position. « Il a été coincé au kilomètre lors d’un rétrécissement et n’a pas pu se dégager, reprenait Jérôme. Victor a lui chuté à pleine vitesse dans le sprint alors qu’il était environ dans le top 10. L’impact a été assez important, même s’il a pu se relever et repartir ».

Le jeune homme de 21 ans était donc de la partie lundi en direction de Crotone, où un sprint était attendu. Néanmoins, « La Conti » s’est voulue attentive et active. « On voulait être présent en espérant que le peloton laisse du champ comme la veille, disait Jérôme. Johan a bien répondu, car ça a beaucoup bataillé pour prendre l’échappée, et il est sorti avec cinq coureurs après cinquante kilomètres. Ils ont pris trois minutes, mais contrairement à la veille, des équipes ont participé à la chasse. Ils ont très bien résisté devant, Johan a fait belle impression, mais il a été repris à 2,5 kilomètre de l’arrivée ». L’emballage attendu a donc bel et bien eu lieu, mais Eliott Boulet n’a de nouveau pu véritablement exprimer sa pointe de vitesse. « On a eu plus de mal que la veille à se faire une place, expliquait Jérôme. Eliott est resté dans la boule et il n’a pas eu d’ouverture pour jouer le top-10. Il y avait quasiment deux rideaux de coureurs devant lui ». Le Breton a ainsi dû se contenter de la quatorzième place sur la ligne. Mardi, un profil davantage accidenté attendait les coureurs pour le compte de la troisième étape vers Villa d’Agri di Marsicovetere, en Basilicate. « Sur le papier, vu le dénivelé proposé (3200m), c’était presque une étape de moyenne montagne, indiquait Jérôme. Les bosses étaient plutôt roulantes mais la dernière située à treize kilomètres de l’arrivée pouvait opérer une grosse sélection dans le peloton ».

Une solide échappée de trois hommes est parvenue à franchir cette ultime difficulté en tête, alors que le peloton était réduit à tout juste 40 hommes. « On savait que l’étape pouvait se finir avec un sprint en peloton réduit, et on espérait avoir plusieurs coureurs, ajoutait Jérôme. L’objectif était donc de placer Rémi et Victor au pied de la dernière bosse, ce qui a été bien fait par Baptiste notamment. Au final, seul Rémi a réussi à basculer avec le peloton. C’était une déception pour Victor, mais ça s’est fait à la pédale, pas au placement. Dans le final, Rémi a tenté sa chance pour rejoindre l’échappée, mais c’était trop compliqué ». Les trois hommes de tête ont finalement réussi leur pari et rejoint l’arrivée quelques mètres devant le paquet. Vingt-neuvième, Rémi Daumas demeurait toutefois au contact de ses concurrents pour le classement général. Un classement qui avait peu de chances d’évoluer à l’occasion de la quatrième étape, ce mercredi, où les difficultés ne semblaient pas suffisantes pour empêcher un sprint.

« On pensait que ce serait une journée tranquille, mais il y avait de nombreux trous sur la route, relatait Jérôme. Il y a eu énormément de crevaisons, de bris matériel, et aussi beaucoup de chutes. On n’a pas été épargné de ce point de vue. Victor est de nouveau tombé, et il a dû abandonner car bien amoché. Eliott a chuté peu avant le premier passage sur la ligne, puis Baptiste et Johan également, même s’ils ont tous pu repartir ». Entre-temps, une petite échappée s’est dessinée, mais elle a été bien maîtrisée par le peloton, qui a rattrapé le dernier rescapé à cinq bornes du terme. C’est donc une nouvelle opportunité de sprint qui s’est présentée pour Eliott Boulet et « La Conti ». « Soan a passé quelques relais dans les derniers kilomètres, complétait Jérôme. Eliott était très motivé, il a tout fait pour prendre la roue de Donati, et il a réussi. Malheureusement, il y a eu une nouvelle chute à 250 mètres, il a été gêné, a déraillé, et n’a pas pu sprinter. C’est vraiment frustrant, car si le placement était perfectible les jours précédents, tout avait été bien fait cette fois-ci ». Le jeune Tricolore a dès lors terminé en roue libre et n’a donc pu obtenir un résultat probant sur la ligne. « Le bilan comptable n’est pas bon pour le moment, pour diverses raisons, concluait Jérôme. En revanche, l’objectif du général avec Rémi demeure intact. Il reste une étape en circuit, deux étapes de montagne et un chrono. On est dans les temps ».

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