Ce dimanche, sur les chemins bretons, Sam Watson avait les armes physiques pour jouer la victoire sur le Tro Bro Leon. Il n’avait toutefois pas la réussite de son côté. Sur « l’Enfer de l’Ouest », le Britannique a vu ses espoirs s’envoler à la suite d’une crevaison à tout juste huit kilomètres du but alors qu’il menait le groupe de tête. Il n’a donc pu prendre part à la bataille finale, et a rallié l’arrivée en dix-huitième position.

À l’occasion de la dixième manche de la Coupe de France FDJ, le peloton avait ce dimanche rendez-vous sur l’une des courses les plus singulières et les plus attendues du calendrier. À mi-chemin entre Paris-Roubaix et les Strade Bianche, le Tro Bro Leon proposait ainsi pas moins de vingt-sept secteurs empierrés, appelés « ribinoù », pour une longueur cumulée de vingt-neuf kilomètres sur les deux-cents composant le parcours de l’épreuve. Vingt-et-un des vingt-sept secteurs figuraient par ailleurs dans les soixante-dix dernières bornes, donnant lieu à un menu très condensé dans le final. Avant cela, sept coureurs ont pris part à l’échappée du jour, qui a un temps compté cinq minutes d’avance sur le peloton. « L’idée était de ne pas se faire piéger sur les 130 premiers kilomètres, insistait Thierry Bricaud. Il fallait surtout s’économiser au maximum, puis on savait qu’on rentrait vraiment dans la course à 70-80 kilomètres de l’arrivée, et que ça allait se décanter. Ce qu’il s’est passé ». C’est d’ailleurs l’Équipe cycliste Groupama-FDJ elle-même qui a scindé le peloton à travers les premiers secteurs décisifs. « Il fallait être placé car on enchaînait plusieurs ribinoù, on savait que ça allait s’écrémer par l’arrière donc on a préféré assurer, enchaînait Thierry. On a très bien géré ce moment et on avait encore cinq coureurs dans un groupe de trente ».

« On sait que Sam n’est pas à sa place », Thierry Bricaud

En tête, Samuel Watson était parfaitement escorté par Sven-Erik Bystrom, Ben Askey, Eddy Le Huitouze et Brieuc Rolland. « Honnêtement, on a fait une course assez incroyable, soulignait le jeune Britannique. Les gars ont fait du très bon travail pour m’épauler. Je n’ai jamais pris le vent ni eu à m’employer moi-même pour quoi que ce soit. J’ai été protégé jusqu’aux moments cruciaux. Je dois aussi dire que Sven a roulé de nombreux kilomètres en tête, et il a réduit le peloton à seulement trente mecs. C’était assez incroyable ». Pas suffisamment soutenu dans le premier peloton, la Groupama-FDJ a toutefois enregistré le retour d’un second paquet à cinquante kilomètres du but. Dix bornes plus loin, la course a repris de plus belle, Sam Watson est parvenu à accrocher le wagon des costauds puis à ne jamais se faire piéger. « Ils étaient une petite vingtaine, il était tout seul, mais on savait que ça allait sortir à la pédale dans l’avant-dernier secteur », ajoutait Thierry. Un peloton assez consistant s’est reformé pour la dernière boucle autour de Lannilis, et à huit kilomètres du but, les coureurs ont attaqué le fameux secteur de Keradraon à toute vitesse. Sam Watson s’est replacé dans les premiers hectomètres pour mener la bataille finale.

Le sort en a voulu autrement. « J’étais en tête, prêt à attaquer car c’était la partie la plus importante de la course, et j’ai crevé de la roue arrière, confiait-il plus tard. À ce moment-là, j’ai su que ma course était terminée… » Dans cet avant-dernier secteur, trois coureurs se sont extirpés, puis ont été rejoints par six autres, et Arnaud De Lie a finalement raflé la mise. « Sam marchait très bien mais il a crevé au moment où tout s’est joué, commentait Thierry. Sans cela, il était devant. Le résultat est anecdotique car on sait qu’il n’est pas à sa place. Quand on voit les jambes qu’il avait toute la journée, il est évident qu’il aurait été dans le coup, mais c’est comme ça, ça fait partie du jeu ». Le Britannique a dès lors dû se contenter de la dix-huitième place au sein du premier groupe de poursuite, à cinquante secondes de la tête. « J’avais de très bonnes jambes donc c’est difficile à encaisser, même si ça reste positif pour la suite », concluait-il. Brieuc Rolland a lui pris la 35e place du jour, dans le même temps que son coéquipier.

1 commentaire

Billamboz Denis

Billamboz Denis

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Le 6 mai 2024 à 12:50

Pourquoi faire la course pour les autres ? L’équipe engagée avait-elle les moyens d’anier la course jusqu’au bout ?