Trois jours seulement après avoir goûté à son premier succès de la saison, Romain Grégoire était proche de récidiver ce mercredi à l’occasion du Trofeo Laigueglia. Sorti au sein d’un quatuor à trente kilomètres de l’arrivée, le jeune Bisontin a longtemps pu espérer la victoire, mais il a finalement dû s’incliner face à Santiago Buitrago dans un final ardu au bord de la côte ligure. Le coureur de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a néanmoins assuré une excellente deuxième place, de bon augure avant les Strade Bianche samedi.
C’était donc au tour du calendrier italien de connaître son ouverture, ce mercredi, par l’intermédiaire du Trofeo Laigueglia, épreuve d’ailleurs remportée par la Groupama-FDJ United en 2024. Pour sa part sixième lors de sa première participation un an plus tôt, et tout juste auréolé de sa première victoire de l’année, Romain Grégoire se présentait dans d’excellentes dispositions sur ce parcours bien connu, comprenant notamment la triple ascension de la Colla Micheri (2km à 8,5%) et du Capo Mele (2 km à 3,5%) dans les trente-cinq derniers kilomètres. Avant que tout ne se décide dans ces deux difficultés, c’est un début de course relativement classique qui s’est mis en place, avec une échappée de dix coureurs contrôlée par le peloton. À la mi-parcours, la situation a déjà quelque peu évolué lorsque les coureurs ont attaqué les ascensions plus longues de Testico et Cima Paravenna. Louis Vervaeke s’est isolé en tête de course tandis que le peloton a connu un premier dégraissage. « Enzo a placé les gars au pied du premier col de manière très efficace, expliquait Yvon. Les deux bosses ont été montées à un tempo élevé, et il n’était plus qu’une soixantaine dans le peloton après ça. On avait encore Romain, Tom et Clément ».
« Tom a fait un boulot extraordinaire », Yvon Caër
Le peloton a dès lors filé vers le circuit final, où Romain Grégoire a pu profiter de la présence de ses équipiers encore présents. « La première ascension de la Colla Micheri à trente-trois kilomètres de l’arrivée était un point clé, assurait Yvon. À ce moment-là, Tom a fait un boulot extraordinaire. Il a placé Romain, et ils ont viré premier et deuxième au pied de la bosse, ce qui a permis à Romain d’être dans les conditions idéales ». Cela s’est avéré d’autant plus déterminant que la formation Bahrain-Victorious a mis en route dès cette première ascension avec Antonio Tiberi et Santiago Buitrago, que le puncheur tricolore est parvenu à suivre jusqu’au sommet, en compagnie de Quinten Hermans. « Il a réagi tout de suite, et sur ce genre de circuit, il vaut mieux être dans le match d’emblée et ne pas avoir de temps de retard », confirmait Yvon. Le quatuor a dès lors pleinement collaboré pour résister à un peloton encore fourni lancé à leurs trousses. L’écart a oscillé autour de vingt secondes pendant quelques kilomètres, avant d’aller chercher la seconde montée de la Colla Micheri, lors de laquelle Hermans a été décroché, et au sommet de laquelle Vervaeke était repris par le trio Grégoire-Tiberi-Buitrago.
À moins de deux tours du terme, ils n’étaient donc plus que trois en tête, mais la pression des poursuivants, toujours en embuscade, n’a pas permis d’observer un quelconque moment de temporisation. À l’approche de l’ultime Colla Micheri, l’écart était stabilisé, et Bahrain-Victorious a tenté de faire valoir son surnombre. « Tiberi a joué la carte Buitrago, expliquait Yvon. Il a attaqué très fort dès le pied, Romain a recollé, mais Buitrago a contré très fort aussi au bout de 400 mètres. Il restait 1,5 kilomètre de montée. C’est davantage devenu un effort de grimpeur que de puncheur, ce qui a mis Romain en difficulté. Il a essayé de tamponner et a basculé avec dix secondes de retard, mais le plus fort s’était isolé et Tiberi est revenu sur Romain dans la descente ». Dans les huit derniers kilomètres, le Franc-Comtois de 23 ans s’est tout de même efforcé de mener la chasse, sans toutefois pouvoir grignoter du temps sur le Colombien détaché. La montée du Capo Mele a définitivement figé les positions, mais le coureur de la Groupama-FDJ United a insisté jusqu’à la flamme rouge pour maintenir les poursuivants à distance.
« Le bilan est très positif », Romain Grégoire
Dans un sprint au forceps, il s’est même offert la deuxième place devant Tiberi, venant récompenser sa belle course du jour. « À deux contre un dans le final, ça s’est certes fait tactiquement, mais aussi physiquement, confiait Romain. Je n’ai pas pu suivre Buitrago, et j’ai ensuite roulé pour faire une place sur le podium. Je m’attendais à faire troisième mais j’ai réussi à aller chercher la deuxième place au sprint. La forme est bonne, je confirme après ma victoire de dimanche et je pense que c’était le meilleur résultat qu’on pouvait obtenir aujourd’hui. Le bilan est donc très positif pour moi et l’équipe ». « La confiance engendrée par sa victoire dimanche fait son effet, il prend des initiatives et il a tout simplement de très bonnes jambes, ponctuait Yvon. Le temps fait son œuvre et il monte crescendo en puissance. C’est de bon augure pour samedi ».