Les trois ascensions du Mur de Grammont et du Bosberg n’auront pas suffi à éviter un sprint semi-massif, dimanche, sur la Brussels Cycling Classic. Après la belle échappée matinale de Titouan Fontaine, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United s’est ainsi recentrée sur Paul Penhoët dans le final. Le coureur tricolore a alors obtenu la dixième place bien qu’ayant démarré le sprint relativement loin de la tête. Prochain rendez-vous : le circuit franco-belge.
Deux mois après la fin de la campagne des Flandriennes, un parfum de Classiques soufflait à nouveau, dimanche, sur les routes du plat pays. À l’occasion de la 106ème édition de la Brussels Cycling Classic, le peloton retrouvait ainsi quelques sites emblématiques, à commencer par l’enchaînement du Mur de Grammont et du Bosberg, à répéter trois fois entre les kilomètres 90 et 153. Une triple ascension instaurée depuis l’an passé, et qui avait pour objectif d’animer le final. Titouan Fontaine n’a lui pas attendu la fin de course pour se mettre en évidence. Le jeune homme est parvenu à intégrer l’échappée après une bataille d’environ une heure au départ. « Le plan était d’avoir un coureur devant, et l’idée était qu’on retombe sur lui si un groupe de champions s’extirpait dans le final, indiquait Tanguy Turgis. Au lieu de confier un rôle habituel à Titouan, je lui ai donné sa chance. Il a fourni de gros efforts pour être dans l’échappée. Il a d’abord fait quasiment dix kilomètres tout seul devant le peloton, il s’est fait reprendre mais il a réussi à ressortir. Il était dans une bonne journée ». Cela s’est confirmé au fil de la course, car avec ses quatre, puis trois, acolytes échappés, le jeune Français a franchi les trois montées du Mur de Grammont en tête. Ce n’est que dans le dernier passage du Bosberg qu’il a été contraint de lâcher prise. « Il a besoin de ce genre de journées pour sa progression, ça s’est vraiment bien passé », insistait Tanguy.
« On espérait que la course serait un peu plus dure », Tanguy Turgis
Peu après, l’ancien pensionnaire de « La Conti » a été repris par un premier peloton décimé par l’ultime ascension du Mur de Grammont, où l’on retrouvait Paul Penhoët et Axel Huens. « La course a été moins décousue qu’attendu et que ce qu’on espérait, expliquait Tanguy. On avait évidemment l’option du sprint avec Paul, mais la situation qu’on préférait était celle d’une échappée de costauds avec Johan et Axel notamment. L’idée était d’abord de suivre puis d’être entreprenants dans les transitions. Malheureusement, on n’a pas eu de chance dans le dernier tour du circuit puisque Johan a eu un problème mécanique au pied du dernier Mur de Grammont, et on l’a perdu sur cet incident. Axel et Paul étaient devant, ils sont retombés sur Titouan, mais Paul devait rester sur la défensive. Axel a accéléré dans le Congoberg, la dernière montée du circuit, car il se sentait bien, mais 2-3 équipes ont contrôlé pour le sprint. La course n’a pas été aussi exigeante qu’on l’aurait aimé ». Après une dizaine de kilomètres de chasse, un second peloton, plus étoffé, a même repris la première grappe de coureurs. Ce sont dès lors près de 90 hommes qui ont pris la direction de Bruxelles pour les quarante dernières bornes.
Des attaques ont bien eu lieu dans le final pour empêcher un sprint, mais sans succès, et un emballage semi-massif s’est préparé dans les trois derniers kilomètres. « Étant donné que les circuits ont été un peu moins difficiles que l’an passé, il y avait plus d’équipiers pour les sprinteurs, disait Tanguy. De notre côté, on n’avait qu’Olivier et Axel pour Paul. L’idée était qu’Axel puisse lancer Paul mais qu’il fasse aussi son sprint, car l’arrivée était vraiment physique. À 800 mètres, Axel était plutôt bien placé autour des favoris, mais un coureur s’est intercalé et a fait perdre le contact avec Paul. C’est dommage car Paul a dû sprinter de derrière. Il est revenu très fort sur la fin, mais n’étant plus la roue d’Axel, il n’a pas pu lancer correctement ». Malgré une belle remontée, Paul Penhoët a donc dû se contenter de la dixième place, Axel Huens franchissant lui la ligne en quinzième position, tandis que Jordi Meeus raflait la victoire. « On a des petits regrets, ponctuait Tanguy. On espérait naturellement mieux faire dans le sprint, mais aussi que la course serait un peu plus dure en faveur d’Axel et Johan, qui semblaient dans une bonne journée ».