Pas de victoire mais un collectif très solide

Thibaut Pinot et ses équipiers ont fait très forte impression dans le final de la deuxième étape du Tour de La Provence et notamment dans la Route des Crêtes précédant l’arrivée à la Ciotat. Certes la victoire d’étape est revenue à Prades (Movistar) et le maillot jaune est tombé sur les épaules de Gorka Izagirre (Astana) mais les coureurs de Groupama-FDJ ont signé un tir groupé, trois de ses coureurs se situant dans les six premiers du classement général !

Le scénario sur un parcours proposant plusieurs côtes a été plutôt surprenant avec une longue échappée de huit coureurs dont le plus vaillant, Delaplace (Arkéa-Samsic) a été repris dans la dernière difficulté. Pendant une grande partie de l’étape, le Team Sky du leader Ganna a assuré la poursuite mais les coups portés par Thibaut Pinot et ses équipiers les ont déstabilisés.

Dans le sillage de Romain Seigle, Benjamin Thomas et Antoine Duchesne, les grimpeurs de l’équipe ont pris leur place en tête de peloton pendant le franchissement du col de l’Ange puis du Pas d’Oullier. C’est à David Gaudu, dans le passage le plus pentu de cette étape qu’est revenu le droit d’établir la sélection.

Seul Dunbar (Team Sky) a réussi à le suivre mais David a insisté, le peloton s’est morcelé. Thibaut Pinot a alors pris le relais et au sommet de la Route des Crêtes, ils n’étaient plus que dix coureurs en tête dont David, Rudy Molard et Thibaut. Il étaient accompagnés de Prades, Izagirre, Calmejane (Direct Energie), Simon Clarke (Education First-Drapac), Gallopin (ag2r-La Mondiale) et provisoirement Finetto (Delko-Marseille 13).

Dans les rues de La Ciotat, David Gaudu a attaqué et privilégié le sprint de Thibaut Pinot. Lequel a été frotté à l’amorce du dernier virage par Clarke et a perdu de la vitesse.

« Ça n’a pas souri, explique David, mais le cyclisme n’est pas une science exacte. Il n’y avait pas grand chose à faire d’autre dans le final. C’était un sprint spécial avec un dos d’âne et ce virage serré dans les deux-cents derniers mètres. A trois kilomètres de l’arrivée, je suis sorti pour éviter une attaque de Calmejane… Quand même le bilan est satisfaisant. Pour nous aujourd’hui c’était la première course en ligne et c’était 200 kilomètres pas faciles. Ce sera différent demain, plus une course à l’usure…  »

« il faut surtout retenir la performance de l’équipe » P. Mauduit

Dodelinant de la tête en franchissant la ligne d’arrivée, Thibaut a fait comprendre sa déception mais en regardant le classement général, il a de quoi être content de sa journée. Il est deuxième à deux secondes d’Izagirre, Rudy est quatrième à dix secondes, David est sixième à quinze secondes tandis que Sébastien Reichenbach qui a fini dans un groupe à 26 secondes est également dans le Top 10.

« Le numéro de Groupama-FDJ dans la montée finale est quand même assez impressionnant, dit Philippe Mauduit. Avant le départ de cette étape, nous étions prudents parce que toutes les études disent qu’en redescendant d’un stage en altitude, tu es performant dans les quatre jours après en être revenus et puis suit une période de cinq à quatorze jours où les manières de réagir sont différentes. Il peut y avoir un petit coup de bambou. Le Tour de La Provence se dispute dans cette période sauf que les coureurs se sont bien adaptés au travail fait en altitude.

A Istres, ce matin, on envisageait une étape compliquée à gérer parce que les équipes françaises ont besoin de se montrer, on imaginait que la bagarre pour l’échappée serait longue mais finalement le premier coup a constitué l’échappée du jour. Bref, nous n’étions pas absolument sûrs de nous même si nous avions fait un beau chrono. Là, maintenant, c’est différent. La forme va aller crescendo.

Nous avons fait la course qu’il fallait faire mais on voulait prendre une bonification. Thibaut n’était pas loin d’y parvenir mais il a dû freiner deux fois dans les 200 derniers mètres. Au terme de cette journée, il faut surtout retenir la performance de l’équipe. Le groupe a bien bossé. Demain ce ne sera pas facile, Astana a récupéré le maillot de leader mais ils sont six coureurs seulement. Gorka Izagirre ne sera pas piégé facilement mais tout reste possible !  »