À l’image de ses dernières sorties, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a adopté une stratégie très offensive, ce lundi, lors de la Coppa Bernocchi. Dans les cinquante derniers kilomètres, Lorenzo Germani et Brieuc Rolland ont ainsi intégré un groupe d’attaquants avec l’espoir de prendre à défaut le peloton. Après quasiment une heure à l’avant, l’aventure du duo s’est toutefois achevée à sept kilomètres du but, et l’emballage final n’a par la suite pas souri à Bastien Tronchon (21e). Prochain round transalpin dès mardi avec les 3 Vallées Varésines.
Deux jours après le Tour d’Émilie et à la veille des 3 Vallées Varésines, deux épreuves plutôt favorables aux puncheurs-grimpeurs, le séjour italien de la Groupama-FDJ United faisait ce lundi étape sur la Coppa Bernocchi, qui apparaissait plus ouverte. Une dizaine de bosses jalonnaient certes les 180 kilomètres du jour, mais la dernière d’entre elles était située à plus de trente bornes du terme. « Ça se joue parfois au sprint, parfois en échappée sur cette course », confiait Benoît Vaugrenard. Par échappée, il est entendu un groupe d’attaquants formé sur le circuit du Piccolo Stelvio (1,6km à 7%), à couvrir sept fois entre les deux portions en ligne depuis Legnano, ville de départ et d’arrivée. « On avait Bastien pour le sprint, mais il y avait quand même plus rapide que lui sur la startlist, reprenait Benoît. Le but était donc de faire une course de mouvements sur le circuit. On avait des coureurs pour, avec Valentin, Rudy, Brieuc ou Lorenzo, et on sait que Bastien aime aussi les courses difficiles ». Alors, quand les hostilités ont démarré au sein du peloton à soixante kilomètres du but, derrière un quatuor échappé, la Groupama-FDJ United s’est montrée très entreprenante. Elle était d’abord représentée par quatre hommes dans un petit peloton détaché, puis s’est volontiers jointe aux diverses offensives.
« On n’est pas là pour animer mais pour faire des résultats », Benoît Vaugrenard
Quand Jhonatan Narvaez a trouvé l’ouverture à 48 kilomètres du terme, Brieuc Rolland s’est superbement employé pour revenir sur l’Équatorien aux côtés de Neilson Powless, puis a été rejoint par son propre coéquipier Lorenzo Germani ainsi que Florian Stork quelques encablures plus loin. « Ils ont très bien joué le coup, saluait Benoît. On voulait une course de mouvements, et c’était donc parfait d’avoir deux coureurs sur cinq ». Ce contre a rapidement pris trente secondes d’avance sur le peloton, mais s’est aussi très vite retrouvé avec un caillou dans la chaussure. « Malheureusement, Powless ne roulait pas du tout, disait Benoît. Les autres ont bien collaboré, mais c’était assurément un poids mort dans le groupe. En plus de cela, il y avait encore beaucoup d’équipes qui roulaient pour le sprint, et le vent de face dans le final vers Legnano n’a pas non plus avantagé l’échappée ». À l’issue du dernier « Piccolo Stelvio », le groupe de poursuite n’était pointé qu’à une minute de l’échappée matinale quand le peloton naviguait trente secondes derrière. Lorenzo Germani, Brieuc Rolland et leurs collègues de fuite ont alors offert une très belle résistance dans les trente derniers kilomètres, se rapprochant même à trente secondes de l’échappée à dix bornes de l’arrivée, mais les alliances entre équipes de sprinteurs ont finalement eu raison d’eux.
Sous la banderole des sept derniers kilomètres, leur aventure s’est achevée, l’échappée matinale a rendu les armes peu de temps après, et c’est donc bien un sprint qui a conclu la journée. Trop éloigné de la tête du peloton à 500 mètres du terme, Bastien Tronchon n’a pu véritablement se mêler à la bagarre (21e). « Il lui a manqué un peu de jambes pour sa reprise après la Vuelta et cela a conditionné son placement au moment décisif, disait Benoît. On a réalisé une belle course au niveau collectif, la forme du groupe était excellente, mais on n’est pas payé à l’arrivée et c’est ce qui est décevant. On n’était pas venu pour une 21ème place. C’est forcément le bémol de la journée, car on n’est pas là pour animer mais pour faire des résultats, or tout avait été parfait jusqu’au sprint. C’est dommage car le groupe marche bien, mais il faut maintenant trouver l’ouverture, et ce dès demain sur les 3 Vallées Varésines. Je suis convaincu qu’on en a les moyens. Il faut réussir à conclure ».