Comme c’est désormais de tradition, l’Alpes Isère Tour s’ouvrait mercredi par une première étape autour de Charvieux-Chavagneux. En 2023 et 2025, l’échappée avait triomphé du peloton, et c’est exactement ce scénario qui s’est reproduit cette année. Après 135 kilomètres, quatre hommes ont ainsi devancé le paquet de onze secondes. « C’était une étape plutôt simple sur le papier, mais le premier jour de course est toujours piégeux ici, relatait Jérôme Gannat. Maximilian et Reef ont tenté des échappées au départ, mais on n’a pas été présent au moment décisif. Le bon coup s’est formé à la mi-course, peu après un sprint intermédiaire remporté par Victor, et on retrouvait l’un des favoris de l’épreuve, Matisse Van Kerckhove. Derrière, la chasse était un peu décousue. On a participé par à-coups dans le final pour réduire l’écart mais ça n’a pas suffi ». Grâce aux trois secondes récoltées en cours de route, Victor Loulergue restait cependant « au contact », en sixième position du général. Jeudi, le scénario s’est avéré plus limpide derrière une échappée constituée de bonne heure, et un peloton d’une soixantaine d’hommes s’est présenté au pied de la dernière côte, avec Victor Loulergue, Reef Roberts et Esteban Foucher en son sein. « Il y a alors eu un gros coup d’accélérateur dans la bosse, disait Jérôme. Victor s’est retrouvé dans un deuxième groupe qui est rentré à 1,5 kilomètre de l’arrivée sur le premier, et ça a été un sprint de trente coureurs. Il n’a pas vraiment pu s’exprimer car il était un peu loin et en bout de course ».

Malgré tout, le leader de « La Conti » demeurait dans le top 10 du classement général, en huitième position, avant une nouvelle étape vallonnée vers Corbas ce vendredi. Or, il a dû sortir de sa réserve relativement tôt dans cette troisième étape. « Il y a eu une grosse bataille pour prendre l’échappée, expliquait Jérôme. Une échappée d’une quinzaine de coureurs s’est formée après environ 50 kilomètres, et alors qu’elle comptait déjà plus de 40 secondes, Victor est sorti en contre avec un autre homme. Il a réussi à boucher le trou dans le troisième grand prix de la montagne, mais cela lui a coûté un gros effort. Quand on est remonté vers lui, il nous a confirmé que les sensations n’étaient pas grandioses ». Le jeune homme a néanmoins pu conserver sa place à l’avant, dans un groupe à la collaboration imparfaite. Il a même arraché une seconde de bonification lors du dernier sprint intermédiaire, situé juste avant la côte de Gravetan (1,6 km à 7%), elle-même localisée à quinze kilomètres du but. « Ça nous a donné un peu d’espoir, mais il a ensuite complètement coincé dans la dernière côte, que l’échappée avait abordée avec vingt secondes d’avance, précisait Jérôme. Il n’a pas pu accompagner les meilleurs, ni le peloton, qui est arrivé à cinquante pour un sprint. On n’avait plus qu’Esteban devant et il a pris une treizième place loin d’être déshonorante. En revanche, on a perdu toutes nos illusions pour le général ».

« La Conti » devra donc trouver de nouveaux objectifs lors du week-end à venir. « Samedi, c’est vallonné mais pas infernal, puis il y aura le gros morceau dimanche avec 4000 mètres de dénivelé, concluait Jérôme. L’objectif sera de remobiliser les moins grimpeurs pour demain et potentiellement Victor pour la dernière étape. On espère que ça ira mieux ces deux prochains jours et que les garçons pourront s’exprimer. En tout cas, il y a désormais des écarts au général, et on va essayer d’être offensifs ».

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