Jake Stewart contrarié dans le sprint

La première étape du Tour de Romandie, tracée dans le comté du Valais cher à Sébastien Reichenbach, a ce mercredi accouché d’un sprint en peloton réduit. Bien présent dans la dernière ligne droite, après avoir franchi les deux dernières difficultés du parcours, Jake Stewart a néanmoins subi un petit ennui et n’a pu conclure la journée par un résultat probant. Un peu plus tôt, Stefan Küng et le local Sébastien Reichenbach avaient quant à eux pris temporairement les devants. Peter Sagan est finalement ressorti vainqueur de cette première étape en ligne.

« Tout le monde a bien bossé pour le même objectif », Yvon Madiot

Au départ d’Aigle, où est installée l’Union Cycliste Internationale, l’échappée du jour n’a eu aucun mal à se dégager ce mercredi sur le Tour de Romandie. La deuxième tentative a été la bonne, et elle a concerné Alexis Gougeard (AG2R-Citroën), Manuele Boaro (Astana), Robert Power (Qhubeka-ASSOS), Filippo Conca (Lotto-Soudal), Joël Suter (Sélection Suisse) ainsi que Thymen Arensman (Team DSM). « Ça a ensuite roulé à un bon tempo, car il y avait quand même six coureurs devant », complétait Yvon Madiot. L’échappée a brièvement compté six minutes d’avance mais la formation Ineos du leader Rohan Dennis s’est ensuite attachée à les maintenir à portée de fusil. Sur le circuit empruntant les courtes montées de Produit et Chamosson, le peloton s’est ainsi rapproché à seulement trois minutes dans l’avant-dernier tour, et l’écart s’est même quasiment résorbé au moment d’entamer l’ultime passage des deux ascensions. « Pour nous, le but était de protéger Jake afin qu’il essaie de passer les bosses et ensuite tente sa chance au sprint », clarifiait Yvon. « Pour moi, ça a été un peu plus compliqué que je ne l’imaginais aujourd’hui, expliquait justement le Britannique. Je suis encore à la recherche de bonnes sensations. Je n’ai pas aussi bien grimpé que d’habitude et j’ai été distancé dans la dernière difficulté du jour ».

Le jeune homme de 21 ans a ainsi basculé à vingt kilomètres du but avec une centaine de mètres de retard sur le peloton principal, mais il est parvenu à revenir. « Tout le monde a bien travaillé pour lui, assurait Yvon. Tout le monde a bossé pour le même objectif. Matthieu Ladagnous et Fabian Lienhard l’ont placé avant les bosses. Puis Romain a fait le travail pour essayer de le ramener avant de demander de l’aide à l’oreillette. Stefan s’est alors laissé décrocher légèrement du peloton et l’a ramené devant ». À une quinzaine de kilomètres du but, la Groupama-FDJ comptait ainsi quatre coureurs dans un peloton d’environ soixante-dix unités : Küng, Stewart, Badilatti et Reichenbach. Peu de temps après avoir réintégré le peloton, le champion de Suisse est passé à l’attaque, mais le peloton a immédiatement réagi. Quelques instants plus tard, Sébastien Reichenbach a lui accompagné un trio qui s’est un temps forgé une petite avance. « Il fallait vraiment bien suivre les coups car on ne sait jamais dans ce type de final, commentait Yvon. Cependant, il y avait quand même un gros vent de face ». « Ce n’était pas prévu d’accompagner Cavagna mais on sait qu’il peut rouler très vite, alors il fallait casser les relais pour ne pas que ça aille trop loin, signifiait Sébastien. On avait des espoirs avec Jake, qui a réussi à passer. Par la même occasion, j’ai pu prendre l’air sur mes routes, c’était sympa ».

« Ce n’était vraiment pas le sprint idéal », Jake Stewart 

C’est finalement bel et bien groupé, même si réduit de moitié, que le peloton a abordé les cinq derniers kilomètres. Sébastien Reichenbach a alors remonté Stefan Küng et Jake Stewart, puis le rouleur helvète a tenté de guider au mieux son jeune coéquipier dans le final vers Martigny. « Stefan m’a bien positionné, assurait le Britannique, aux environs de la dixième place à l’entrée dans la dernière ligne droite. J’étais sur le point de lancer mon sprint mais j’ai heurté un coureur et j’ai déchaussé à 300 mètres. Il a ensuite fallu reclipser et essayer de lancer. Ce n’était vraiment pas le sprint idéal… » L’ancien de la Conti a finalement perdu son élan et n’a pas pu disputer les premières places de l’étape, tandis que Peter Sagan s’offrait le succès du jour. « Ce n’était pas ma meilleure journée sur le vélo, mais pour ma première véritable course de reprise, ça n’était pas si mal », expliquait Jake. « Il a peut-être aussi laissé un peu plus de cartouches que prévu dans les deux montées, ajoutait Yvon, mais ça reste une bonne rentrée pour lui. C’est très encourageant qu’il soit là, dans ce peloton de soixante-dix mecs. C’est très intéressant de voir qu’il peut passer les bosses comme des Sagan ou Colbrelli. Malgré un mois sans compétition et une préparation loin d’être idéale, il est quand même là et c’est un point très positif ».

Ce sera en revanche bien plus compliqué pour l’Anglais ce jeudi, en direction de Saint-Imier, dans une deuxième étape très casse-patte qui aura pour juge de paix une ascension de première catégorie (7,8 km à 6,7%), dont le sommet culmine à dix-sept kilomètres de la ligne d’arrivée. « Ça va être très très dur demain, prévient Yvon Madiot. En plus, du mauvais temps est annoncé. Cela risque d’être une journée éprouvante ».