Entre apprentissage et promesses

Les jeunes de la Conti ont vécu une exigeante mais belle journée ce mardi sur le Samyn, semi-Classique faisant office d’ouverture du calendrier wallon. Les hommes de Jérôme Gannat ont ainsi pu se frotter à quelques écuries WorldTour et flahutes aguerris sur un parcours semé de monts et de secteurs pavés. Sans complexe, ils se sont même permis d’animer l’épreuve pendant un moment. Meilleur représentant de l’équipe à l’arrivée, Jake Stewart termine en 27e position

Quelques jours après les « grands », les jeunes pousses de la Conti avaient eux aussi droit à leur ouverture des Classiques en terres belges. Mais quand Stefan Küng et ses acolytes évoluaient surtout dans les Flandres le week-end passé, Jake Stewart et ses copains sillonnaient eux les routes wallonnes à l’occasion du Samyn. Pour l’occasion, il recevait aussi le renfort de leur ancien compère Alexys Brunel, passé dans la WorldTeam cet hiver, mais occasionnellement « rétrogradé » comme l’autorise la nouvelle réglementation de l’UCI. Grand frère d’un jour, le Nordiste voyait très vite son copain Théo Nonnez prendre le large au sein d’une première échappée de six hommes. À l’avant, l’ancien champion de France juniors a profité d’un écart de six minutes avant que le peloton, sous la houlette de Deceuninck-Quick et de Trek-Segafredo, n’accélère vivement à la mi-course.

« Content du résultat et de l’expérience », Jake Stewart

Le peloton s’est alors cassé en deux et un premier groupe, incluant Lewis Askey, 18 ans à peine, est d’abord revenu sur l’échappée. Impétueux, l’Anglais s’est permis quelques offensives, dont une en tête d’un secteur pavé à 65 kilomètres de l’arrivée. « Il était un peu dans l’euphorie du moment, du fait d’être là à cet instant de la course, il voulait se montrer », commentait après-coup Jérôme Gannat, son directeur sportif. Bientôt, Askey se voyait rejoint par Alexys Brunel, Ziga Jerman et son compatriote Jake Stewart à la faveur d’un regroupement à l’entame du dernier quart de course. Le Nordiste s’essayait alors à son tour à quelques offensives tandis que le Slovène subissait malheureusement une crevaison fatale peu de temps après. Et finalement, des bordures à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée eurent raison des jeunes de la Conti, à l’exception de Jake, qui s’est alors accroché durant toute la dernière partie de course.

« On est arrivé très fort sur le circuit local, racontait le Britannique. Et à partir de là, j’ai essayé de bien me replacer à l’avant du peloton. À deux reprises, je me suis retrouvé dans le deuxième peloton, et sur la fin, je n’avais plus les jambes pour suivre le premier groupe. C’était une dure journée mais c’était super de pouvoir courir à ce niveau avec la Conti et de prouver que j’étais capable d’être encore là dans le final. Je termine certes dans le deuxième groupe mais je pense que je peux être satisfait et content du résultat et de l’expérience ». Le bilan était également très positif pour Jérôme Gannat, satisfait d’avoir vu ses poulains se battre sans complexe.

« On a été acteurs de la course et c’est ce qu’il faut retenir », Jérôme Gannat

« Je pense qu’on a globalement fait une course encourageante pour la suite. On a glissé un coureur dans l’échappée, on a vu Lewis  à l’offensive et en tête dans un secteur, Alexys attaquer et Jake encore présent dans le final, résumait-il. On a été acteurs de la course et c’est ce qu’il faut retenir. C’était aussi un peu l’objectif de se montrer et de prouver que nous avions une équipe jeune mais déterminée. On a été au niveau sur une course assez spécifique en Belgique avec des secteurs pavés, des petites routes, et avec une équipe Deceuninck-Quick Step qui est la meilleure mondiale dans l’exercice. Les gars ont répondu présent et n’ont pas été impressionnés. C’était aussi sympathique de retrouver Alexys, qui a peut-être été trop impatient à certains moments, mais qui a apporté sa petite expérience. Au-delà du résultat final, il faut retenir le comportement de l’équipe et l’envie d’aller de l’avant. C’est un travail pour l’avenir ».