Crève-cœur pour Stefan Küng, grosse présence collective sur le chrono

Stefan Küng y a cru. Et toute l’Équipe cycliste Groupama-FDJ avec lui. Lors du contre-la-montre de clôture de Tirreno-Adriatico ce mardi, le champion d’Europe de la discipline a longtemps possédé le meilleur temps au terme des 10,1 kilomètres, se révélant même plus rapide que le champion du monde en personne. Au terme de la journée, il a pourtant été battu, et ce par l’avant-dernier coureur à s’être élancé : Wout Van Aert. Si la déception était naturellement immense pour le Suisse, l’équipe pouvait malgré tout se féliciter d’une excellente prestation collective avec quatre coureurs dans le top 15 du jour. Une bien belle manière d’achever ce Tirreno-Adriatico 2021.

Sur un tracé quasiment identique à celui des années précédentes, Tirreno-Adriatico se concluait ce mardi avec le traditionnel contre-la-montre en forme d’aller-retour dans les rues de San Benedetto del Tronto. Un exercice qui avait plutôt réussi à l’Équipe cycliste Groupama-FDJ l’an passé, et qui débutait également sous de bons auspices en cette édition 2021 par l’intermédiaire de Kevin Geniets. Premier coureur du groupe à prendre le départ, le Luxembourgeois signait un solide septième temps provisoire sur la ligne. Quelques minutes plus tard, Tobias Ludvigsson se rapprochait lui à une petite seconde du meilleur temps alors établi par Michael Hepburn, prenant la deuxième position provisoire. Mais naturellement, les plus grands espoirs reposaient sur les épaules de Stefan Küng. Des espoirs qui se révélaient justement placés puisque le Suisse s’octroyait d’abord la meilleure marque au point intermédiaire avant de doubler son avantage sur la ligne d’arrivée (12 secondes d’avance sur Alberto Bettiol, ndlr).

« Tout faire pour être en mesure de gagner la prochaine fois », Stefan Küng

« Le vent jouait un rôle sur ce chrono, exposait Stefan peu après son arrivée. Il était de dos sur l’aller et de face sur le retour. Il fallait tenir une bonne vitesse jusqu’à l’intermédiaire puis pouvoir accélérer un peu après, car le retour était plus important. Je l’ai plutôt bien géré. Je suis vraiment content de mon effort, j’ai vraiment fait ce que j’avais prévu de faire. Il n’empêche que c’était vraiment difficile. Dans le final, je me disais : « si je veux vraiment gagner aujourd’hui, je dois aller au maximum de mes limites. Mes jambes me disaient : « stop stop stop » mais je continuais de pousser. Je visais vraiment la victoire. Peu importe si j’explosais et finissais cinquième, je voulais tout donner ». Sur les coups de 14h34, le Suisse mettait ainsi la barre très haut avec une marque de 11’12. Moins de dix minutes plus tard, le champion du monde Filippo Ganna venait d’ailleurs s’y casser les dents (+ 5’’), signe d’une performance de très haut niveau. Puis, personne ne s’est vraiment rapproché de son chrono pendant un moment, si ce n’est … son propre coéquipier Benjamin Thomas. Le Français signait une remarquable troisième place à son arrivée, derrière les champions d’Europe et du monde. Un peu plus tard, Thibaut Pinot livrait lui aussi une excellente performance, aux portes du top 10.

Après plus d’une heure et demi aux commandes, Stefan Küng voyait finalement les tous derniers concurrents s’élancer, et c’est justement l’un d’eux qui venait doucher ses espoirs. En avance d’une seconde à l’intermédiaire, Wout Van Aert coupait la ligne d’arrivée six secondes plus vite que le Suisse. « Quand tu bats le champion du monde en titre et que tu passes quasiment deux heures sur le hot seat, c’est dommage d’être battu par l’avant-dernier coureur, soufflait Stefan. Mais c’est le sport, il n’y a rien à faire. J’ai été battu par un Van Aert plus fort aujourd’hui. Les résultats de toute l’équipe sont bons, mais on est là pour gagner. Je ne vais pas me contenter d’une deuxième place et je vais tout faire pour être en mesure de gagner la prochaine fois ». « On est tous très déçus pour Stefan, soufflait Sébastien Joly. Le vent a eu son rôle. Il y en avait beaucoup moins lors du passage de Van Aert, qui n’a pas du tout été gêné sur le retour, ce qui lui a permis de grappiller quelques secondes ». « Il y a forcément de la déception pour Stefan de passer si près, confirmait Julien Pinot, l’entraîneur du Suisse. On a eu le temps de l’imaginer gagner car il a fait une grande performance. Il est devant Filippo Ganna à la régulière, dans les mêmes conditions de vent, ce qui est hyper positif ».

« Il faut garder le cap », Sébastien Joly

À l’arrivée, Stefan Küng devait ainsi se contenter de la place de dauphin alors que l’équipe plaçait aussi Benjamin Thomas (5e), Tobias Ludvigsson (10e) et Thibaut Pinot (15e) dans le top 15 de l’exercice. Benjamin livrait lui aussi son sentiment à l’arrivée : « Toute l’équipe était motivée pour faire un résultat et on le note avec ce beau tir groupé. Personnellement, c’est mon premier top 5 en WorldTour sur un chrono. Au vu des coureurs qui sont devant moi, et du très très haut-niveau présent, je suis forcément content. C’est l’une des mes plus belles performances sur un contre-la-montre. J’aimerais maintenant reproduire ce genre de prestations et conserver ce niveau sur des efforts plus longs ».  « C’est une très belle journée sur un plan collectif, avec Benjamin qui sort un gros chrono, encore un beau top 10 pour Tobias, et Thibaut qui n’avait jamais fait aussi bien sur ce tracé, appuyait Julien. Tout cela permet de finir ce Tirreno Adriatico sur une bonne note ». Au moment de dresser le bilan de la semaine, Sébastien Joly concluait justement : « Sportivement, on espérait mieux. Il ne faut pas se voiler la face. Il y a néanmoins eu de l’implication toute la semaine, notamment avec Rudy (16e), et on a vraiment resserré les rangs ces deux derniers jours. Ce beau chrono nous permet aussi de voir que les gars sont bien physiquement. Nous avons aussi vécu des courses pas simples l’an passé, mais les beaux jours sont arrivés ensuite. Il faut garder le cap et le moral ».  

Pour Stefan Küng, le cap est désormais mis sur les Classiques. « La condition est bonne, assurait-il. J’étais un peu dans le doute pendant la première partie de ce Tirreno, mais je termine bien. Ma petite attaque hier et ma performance aujourd’hui m’ont bien rassuré en vue des courses à venir. Je vais prendre quelques jours pour récupérer, mais il est clair que ce Tirreno va me donner un boost . La préparation a été bonne jusque là, je pense être prêt pour les Classiques et j’ai surtout hâte d’y être ».