Une semaine après le Grand Départ de Barcelone, le peloton devait encore affronter deux étapes le week-end dernier pour rejoindre la journée de repos. Le premier round, aussi le moins difficile, les menait samedi à Bergerac dans une huitième étape censée se conclure au sprint. Un homme seul a failli prendre à défaut le paquet, mais c’est bien une lutte à haute vitesse qui a sacré Tim Merlier pour la deuxième fois consécutive. Pour sa part, Clément Russo a été bien plus en réussite que la veille puisqu’il s’est flanqué d’une belle huitième place sur la ligne. « Je suis content de la manière dont on a manœuvré, disait-il. L’équipe m’a bien aidé sur la grande route de dix à six kilomètres. Il y avait ensuite beaucoup de virages et de ronds-points, et l’objectif était de rester au maximum devant. J’ai pu me faufiler, garder les bonnes roues et j’ai viré quatrième dans la dernière ligne droite. C’était idéal. J’ai juste perdu un peu de vitesse en étant gêné, mais j’ai réussi à me relancer. Je ne suis pas non plus un pur sprinteur, l’objectif était le top 10 donc je peux être satisfait de ma journée ». « Clément a encore une fois montré qu’il avait une maîtrise assez exceptionnelle du positionnement, saluait Yvon Caër. Il n’a pas les mêmes qualités de finisseur que les purs sprinteurs, mais grâce au placement, il peut réaliser de très bonnes performances. Avec un petit peu de chance, un top 5 était possible. C’est très bien qu’il puisse saisir sa chance quand on la lui laisse, car c’est un coureur qui donne aux autres toute l’année ».

Après avoir bien lancé le week-end, la formation Groupama-FDJ United espérait le conclure d’aussi belle manière dimanche lors d’une étape promise aux échappés vers Ussel, avec près de 3000 mètres de dénivelé au menu. À la suite d’un départ tonitruant, il a fallu près de soixante kilomètres pour voir une échappée enfin se dégager. Ewen Costiou était de la première vague tandis que Clément Braz Afonso opérait la jonction in-extremis dans un groupe de quinze coureurs. « Ça a été vraiment très intense, soulignait Yvon Caër. Dès la première difficulté, j’ai vu un peloton en souffrance. Tout le monde était au rupteur dans une bosse qui paraissait insignifiante. Malgré ça, on a fait une très belle course jusqu’à ce que l’échappée parte. On en avait deux sur quinze, et quand on voyait la composition du groupe, c’était une belle satisfaction ». En tête, les deux jeunes Tricolores ont en effet retrouvé Mathieu van der Poel, Tom Pidcock, Quinn Simmons, Alex Baudin, Lennert Van Eetvelt, Tobias Halland Johannessen ou encore Derek Gee-West. « Ce ne sont pas les mêmes échappées qu’au Tour Auvergne Rhône-Alpes, souriait Clément. À partir du moment où Pogacar fait de si gros écarts, tous les autres champions veulent aller de l’avant pour aller chercher quelque chose. Franchement, j’ai cru qu’on allait se détacher quand j’ai vu la qualité de l’échappée, mais ils ont eux-mêmes compris qu’il ne fallait pas traîner dès le Suc au May ».

Ainsi, après seulement dix kilomètres de fuite, l’échappée a donc explosé dans la plus grosse difficulté du jour, alors que le peloton restait extrêmement menaçant une petite minute derrière. « Malheureusement, quand ça a accéléré dans le Suc au May, on a été en difficulté, disait Yvon. On aurait peut-être pu lâcher moins de cartouches, car Clément a été dans deux autres coups avant que le bon mouvement parte, et il a encore fait un effort important pour rentrer. Cela lui a coûté un peu ensuite, mais lui comme Ewen nous ont dit qu’ils n’avaient pas à ce jour les ressources pour suivre lorsque Van der Poel et Pidcock attaquaient ». « Ils sont partis au pied et je ne pouvais pas y aller, je devais tamponner, confirmait Clément. On est bien monté derrière mais ils nous ont pris trente secondes dans la bosse. On a fait ce qu’on pouvait, mais on savait que c’était mort, et je ne m’attendais pas non plus à voir UAE revenir si vite derrière. Au final, il n’y a que les champions qui se sont extirpés devant ». Et au bout d’une journée sans répit du premier au dernier kilomètre, seuls quatre hommes ont résisté de peu au peloton, Mathieu van der Poel récoltant les lauriers à l’arrivée. « Il y a zéro regret, affirmait Yvon. On était là où il fallait au moment crucial, puis on a été battus par plus fort. C’est tout ».

Sur la ligne, Clément Braz Afonso a signé la 23e place, et la Groupama-FDJ United a donc bouclé cette première semaine de course avec trois top 10. « Je pense qu’on a évolué avec les ressources physiques dont on disposait sur ces neuf premiers jours, tranchait Yvon. On a été en retrait en montagne, mais je retiens l’engagement et notre manière d’opérer sur chaque étape. Que ce soit sur les sprints avec Clément, ou vis-à-vis de notre principale activité sur ce Tour, à savoir prendre les échappées. Il faut persévérer dans cette dynamique. Le peloton va entrer dans un état de fatigue en deuxième et troisième semaines, et il y aura encore des opportunités ».

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