Au lendemain du contre-la-montre inaugural dans la capitale catalane, le peloton retrouvait Barcelone ce dimanche lors de la première étape en ligne, mais avec un départ cette fois-ci donné de Tarragone, à environ cent kilomètres de là. Avant d’aborder un circuit final de douze kilomètres incluant l’abrupte côte du château de Montjuic (1,6 km à 9%), et à répéter à trois reprises, un long périple de long de la côte était donc prévu, et il a permis à une échappée de trois hommes d’ouvrir la route pendant un long moment. Elle n’a en revanche pas eu la chance d’aborder la première des trois bosses du final en tête, puisque la tension grandissante au sein du paquet a conduit à un regroupement général avant une première sélection sérieuse dans Montjuic. La formation UAE Team Emirates a d’emblée éliminé une grosse centaine de coureurs. Romain Grégoire, Lorenzo Germani, Quentin Pacher, et Clément Braz Afonso ont pu basculer à l’avant, mais les deux premiers cités ont été contraints de changer de vélos suite à la crevaison du leader bisontin. « On a changé vraiment vite, je suis reparti en queue de groupe, donc je n’ai pas perdu trop de force dans la manœuvre », confiait Romain. Il a en revanche perdu un premier équipier, et quelques kilomètres plus tard un second en la personne de Quentin Pacher, dont la marche en avant a été obstruée par un drapeau dans son dérailleur.

À l’approche de l’avant-dernier passage par la côte de Montjuic, Romain Grégoire a alors bénéficié du soutien de Clément Braz Afonso, avant d’être le seul représentant de la Groupama-FDJ United à basculer au sein d’un peloton d’une trentaine d’hommes en route vers le dernier tour. « J’ai souffert assez rapidement avec la chaleur et le tempo imprimé, mais comme beaucoup d’autres je pense, indiquait Romain. Je me suis accroché dans les deux premiers tours, puis dans le dernier, j’étais en queue de groupe mais je me suis vraiment fait la peau. Je m’attendais à ce que Pogacar déclenche à l’approche du sommet, et je me disais même que c’est à ce moment-là que je lâcherais, car je n’avais plus les moyens d’accélérer. Au final, il ne s’est rien passé, et tant mieux, car ça m’a permis de basculer avec eux ». Si les attaques n’ont pas été foudroyantes au sommet, il ne restait pourtant plus qu’une quinzaine de coureurs à l’avant, dont l’ensemble des favoris du Tour de France. « Ça s’est joué à la patte dans une bosse quand même difficile, insistait Yvon Caër. Quand on voit qui il reste devant, c’étaient plutôt des grimpeurs/puncheurs, et tous les cadors étaient là. Le fait que Romain soit présent est une très bonne nouvelle ». Le champion de France a alors tenté de reprendre son souffle du mieux possible dans la courte descente menant au pied de la courte côte d’arrivée (600 mètres à 7%).

« J’étais un peu plus dans ma filière dans cette dernière ligne droite, reprenait Romain. J’ai réussi à remonter quelques places, mais je n’étais pas capable de jouer avec les meilleurs ». Sur la ligne, cela lui a valu une très convaincante septième place, à trois secondes du vainqueur Isaac del Toro. « Le changement de vélo n’a pas changé grand-chose au final, assurait-il. Je ne pense pas que j’aurais fait un résultat bien différent avec un autre vélo. C’était peut-être un peu moins confortable, mais Lorenzo a quand même des cotes assez proches des miennes. Le résultat est celui auquel je m’attendais. Dans une bataille avec les favoris, je ne suis pour l’instant pas en mesure de jouer la victoire, mais je suis dans le match, je ne suis pas loin, et les jambes sont bonnes. Il faut maintenant attendre mon jour dans une échappée et ça pourra peut-être le faire ». « On n’a aucun regret, confirmait Yvon. On aurait peut-être pu accrocher le top 5 sans la crevaison, mais gagner aurait été compliqué. Cette septième place est une satisfaction. Je suis aussi très content du travail réalisé à l’approche de la première bosse. Il y a plein de signaux positifs, et même si on a accumulé de la malchance ces deux derniers jours, on reste sur deux top 10. On doit continuer dans cette dynamique ».

Lundi, en direction des Angles pour la troisième étape, cela passera sans doute par une nouvelle approche, tandis que Romain Grégoire attaquera la journée en qualité de septième du général. « Il peut y avoir une belle bagarre, et ça peut être une première opportunité pour une échappée potentielle, concluait Yvon. C’est à nous de la saisir, comme on l’a très bien fait au Tour Auvergne – Rhône-Alpes et au Tour de Suisse ».

A lire dans cette catégorie…

0

  • #Tour de France
 - Étape 1
0

  • #Tour de France
 - Étape 21
0

  • #Tour de France
 - Étape 20