À la veille de la dernière – et décisive – étape du Tour de Burgos, Clément Berthet reste en lice pour un top 10 final. Une position qu’il doit à sa belle performance jeudi, dans une étape conclue à la neuvième place après l’ascension d’un col hors catégorie. Ce vendredi, le Franc-Comtois a conservé son dixième rang au général après un quatrième acte qui s’est achevé au sprint, et lors duquel Victor Loulergue a pu jouer sa carte et prendre une très honorable huitième place.
Au lendemain d’une première empoignade à la Valle del Sol mercredi, dans une courte arrivée au sommet, les favoris étaient de nouveau attendus sur le devant de la scène jeudi sur le Tour de Burgos. Cette fois-ci, c’est en revanche une difficulté bien plus coriace qui se dressait face à eux avec le Puerto del Escudo (7 km à 9%), dont le sommet précédait la ligne d’arrivée d’à peine quatre kilomètres. « L’objectif était évidemment de soutenir Clément dans le final, mais dans un premier temps, on se demandait si Netcompany Ineos allait vraiment contrôler, expliquait Benoît Vaugrenard. On s’est donc dit qu’une belle échappée avait éventuellement ses chances, et cela ne coûtait rien d’essayer. Bastien, qui n’a pas couru depuis un moment et qui a besoin de faire des efforts, s’est porté volontaire ». Le Chambérien de 24 ans s’est ainsi glissé dans un groupe de six hommes au départ, qui a vu le retour de trois autres coureurs à la mi-course, tandis que le peloton n’a jamais laissé une grande marge à l’échappée. À une cinquantaine de kilomètres du bien, Bastien Tronchon a finalement été distancé, mais il a pu accompagner le peloton dans la vallée précédant la montée finale pour apporter son soutien à son leader. « L’équipe toute entière s’est mobilisée et on a bien placé Clément au pied, ajoutait Benoît. Ensuite, il lui fallait faire la meilleure montée sur des pentes très difficiles ».
« Mettre le curseur encore plus haut », Benoît Vaugrenard
Bien présent à l’avant, le grimpeur de la Groupama-FDJ a encaissé les premiers tempos soutenus et l’attaque de Giulio Ciccone à quatre kilomètres du sommet. Alors que le peloton ne comprenait plus qu’une vingtaine d’hommes, le Français demeurait dans le match, et ce n’est que lorsque Felix Gall et Oscar Onley ont accéléré à un peu plus de deux bornes du sommet qu’il a été contraint de laisser filer. « Clément s’est très bien battu et a fait une très belle montée, assurait Benoît. Il ne lui a pas manqué grand-chose pour accompagner la grappe juste devant. Il s’est retrouvé dans un petit groupe derrière les principaux favoris, puis quelques coureurs sont revenus sur lui au kilomètre ». Quarante-sept secondes derrière le vainqueur Felix Gall, Clément Berthet s’est donc présenté pour la huitième dans la dernière ligne droite, et il a accroché la neuvième face à une poignée de rivaux. « Si l’arrivée avait été au sommet, il aurait fait mieux, affirmait Benoît. Ceci étant, il était douzième du général jeudi matin, l’objectif était d’être dans le top 10 jeudi soir, et il était dixième. C’était bien. On veut maintenant mettre le curseur encore plus haut pour la dernière étape samedi. Clément marche vraiment très bien et je crois qu’il peut encore grappiller quelques places ».
Pointé à une minute du nouveau leader autrichien après la troisième étape, Clément Berthet a conservé une position similaire à l’issue du quatrième round à Burgos ce vendredi, puisque les 178 kilomètres menant à Briviesca ont découlé d’un sprint massif. « Ce matin, on misait plutôt sur Bastien, mais avec une petite nuance, disait Benoît. Il disait ne pas encore être à 100%, avoir besoin de courir et de faire des efforts. L’objectif était donc de le sonder pendant la course et dans le final. Or, il ne se sentait pas de faire le sprint, il n’avait pas de super jambes. On a donc interverti les rôles avec Victor, et je retiens que les gars ont su faire preuve d’une belle adaptation. Bastien s’est donc sacrifié pour Victor pour le placer ». Dans le dernier kilomètre, Victor Loulergue s’est frayé un chemin aux alentours de la quinzième place du paquet, et il s’est même découvert relativement tôt en ouvrant le sprint à plus de 300 mètres de la ligne. « Il n’a pas eu peur, saluait Benoît. Il a tenté et il n’y a pas de regret ». Encore en lice pour le podium à 100 mètres du but, il a finalement hérité de la huitième position à l’arrivée. « Il méritait peut-être une place dans le top 5, mais la vague revenue de l’arrière avec Brennan l’a fait reculer, ponctuait Benoît. Je retiens néanmoins l’engagement qu’il a mis pour frotter. C’est bien pour la suite ».
Après trois top 10 en quatre étapes (ainsi qu’une onzième place), la Groupama-FDJ United espère désormais couronner la semaine ibérique avec deux résultats probants supplémentaires samedi, aux Lagunas de Neila.