De Bergame à Côme, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a ce samedi vécu une journée intense sur le 120ème Tour de Lombardie. Maxime Decomble a tout d’abord pris place dans l’échappée pour son premier Monument chez les « grands ». Clément Berthet a par la suite bataillé avec les favoris, réussissant à accrocher une solide quinzième place sur la ligne d’arrivée. Enfin, Rudy Molard a fait ses adieux au cyclisme professionnel après être venu à bout de sa dernière course, également sa favorite.
La saison 2026, pour une partie du peloton, prenait fin ce samedi, sur les routes escarpées et déjà empreintes d’un parfum automnal donnant son surnom de « Classique des feuilles mortes » à l’épreuve du jour. Cinquième et dernier Monument de l’année, le Tour de Lombardie 120ème du nom concentrait encore en ce 10 octobre un plateau particulièrement relevé. À l’exception du quintuple tenant du titre Tadej Pogacar, le gratin mondial s’était donné rendez-vous une ultime fois pour batailler sur les massifs bordant le Lac de Côme. Dans cette édition, c’est d’ailleurs Côme qui faisait office de théâtre d’arrivée quand Bergame accueillait le départ. De fait, et malgré un début de course très ardu, ce sont bien les ascensions de la Madonna del Ghisallo, de San Fermo della Battaglia par deux fois, ainsi que du Civiglio qui devaient faire la décision dans les 80 derniers kilomètres. La première lutte de la journée s’est en revanche tenue sur les pentes du Selvino (10 km à 5,5%), après vingt kilomètres, où Maxime Decomble est parvenu à accrocher une solide échappée d’une quinzaine d’hommes. « On savait qu’un bon petit groupe pouvait sortir et on avait désigné trois coureurs pour y aller : Val, Brieuc ou Maxime, indiquait Benoît. On voulait avoir au moins un ou deux équipiers après la Madonna del Ghisallo pour soutenir Clément. Avoir un coureur dans l’échappée nous donnait une chance de passer devant ou dans le peloton ».
« Clément s’est sacrément bien battu », Benoît Vaugrenard
Ce même peloton n’a toutefois pas laissé une marge conséquence au groupe de fuite lors de la première moitié de course, avec un écart maximal d’à peine trois minutes. Dès le pied de la montée Madonna del Ghisallo (8,5 km à 5,5%), le rythme s’est donc intensifié à l’avant, Maxime Decomble n’a pas été en mesure de suivre ses compères, et le peloton est aussi revenu à toute vitesse. Avant le dernier kilomètre de montée, le jeune Tricolore a été absorbé, et a ensuite fait les frais des premières attaques parmi les cadors. « Il ne lui a pas manqué grand-chose pour basculer avec Clément, mais il faut dire qu’il avait récemment davantage travaillé le chrono pour le championnat d’Europe que préparé le Tour de Lombardie », concédait Benoît. Le grimpeur jurassien, clair leader de la Groupama-FDJ United, s’est ainsi retrouvé isolé dans un peloton d’une trentaine d’unités avant de prendre la direction de Côme. « Comme prévu, ça a été une course à élimination, reprenait Benoît. On s’attendait à un premier gros tri dans la Madonna del Ghisallo, puis on savait que ça allait exploser sur les trois ascensions autour de Côme. Dans ces circonstances, il n’y a jamais vraiment de surprises sur ce genre de course. Chacun se retrouve rapidement à sa place ». À trente bornes de la ligne, le peloton a abordé pour la première fois la montée de San Fermo della Battaglia (3 km à 7%), que Clément Berthet a franchi aux côtés des favoris.
Dans la foulée, c’est le déterminant Civiglio (4km à 10%) qui s’est dressé devant les coureurs, et cette fois-ci, le huitième de la dernière Vuelta n’a pu suivre le rythme. « Il a en revanche plutôt bien fini, soulignait Benoît. Il a repris plusieurs coureurs et il ne lui a manqué qu’une dizaine de secondes pour basculer avec Evenepoel au sommet ». Une jonction qui lui aurait permis de se retrouver à la lutte pour la quatrième place, au sein d’un groupe de chasse conséquent. Le scénario en a décidé autrement, et Clément Berthet a abordé le deuxième passage par San Fermo della Battaglia à une vingtaine de secondes de ses rivaux. Le trou n’a pu être bouché, et il s’est donc présenté dans la ligne droite d’arrivée en compagnie de trois autres coureurs avec la treizième place en jeu. Au sprint, il est tout de même parvenu à assurer un top 15 très honorable. « Il n’était pas dans sa meilleure journée, confiait Benoît. Ses jambes étaient moins bonnes qu’aux Trois Vallées Varésines, mais il s’est quand même sacrément bien battu pour aller chercher cette quinzième place. C’est un résultat qui mérite d’être souligné, car hormis Pogacar, on avait tout le gratin des puncheurs-grimpeurs. Dans ce contexte, ce n’est vraiment pas simple d’aller chercher un gros résultat. Il faut être à 100%, or il était à peine moins bien aujourd’hui. Ça reste un beau résultat qui confirme sa progression et sa régularité ».
« Rudy peut vraiment être très fier de lui », Benoît Vaugrenard
Quelques minutes après Clément Berthet, un peloton d’une vingtaine d’hommes en a également terminé, avec en son sein Lorenzo Germani, Valentin Madouas, Quentin Pacher mais surtout… Rudy Molard, pour sa « dernière danse » dans l’élite du cyclisme et sous le maillot de la Groupama-FDJ United. « Il était encore très compétitif aujourd’hui, glissait Benoît. Avec l’ensemble de l’équipe, on lui a offert un cadeau hier soir et il y avait déjà chez lui beaucoup d’émotion. Il y en avait chez tout le monde d’ailleurs, moi compris, pour avoir couru avec lui avant de devenir son directeur sportif. Il a fait dix ans dans l’équipe, quinze ans de carrière, il a toujours beaucoup travaillé et respecté les règles. Il n’a pas été épargné par la malchance, notamment ces dernières années, mais il a su se relever à chaque fois. C’est un exemple de professionnalisme. Il peut vraiment être très fier de lui. En tout cas, nous on l’est. Chapeau Rudy ».