Les choses ont commencé à se corser véritablement sur les routes du Giro lors du week-end passé. Deux arrivées au sommet et une étape très explosive dans les Marches ont bouclé la première semaine du Grand Tour transalpin. Si Jonas Vingegaard s’est imposé au terme de scénarios relativement limpides vendredi et dimanche, les attaquants ont tout de même eu une ouverture samedi. Brieuc Rolland et Rémy Rochas ont tenté d’en profiter, et le jeune Breton est passé tout proche du top-10 (11e) à Fermo. Mardi, l’épreuve reprendra en Toscane avec un contre-la-montre individuel cher à Rémi Cavagna.
La première grande explication entre les prétendants au classement général du Giro était attendue lors de la septième étape, avec une arrivée au sommet du Blockhaus (13,6 km à 8,4%), dans les Abruzzes. Grand favori de l’épreuve, Jonas Vingegaard avait l’intention de marquer son territoire à l’occasion de ce rendez-vous. C’est pourquoi sa formation a contrôlé toute la journée pour le catapulter dans l’ascension finale. « De notre côté, on souhaitait faire l’étape sur Josh, expliquait Frédéric Guesdon. Ce sont ses débuts sur un Grand Tour, il était encore placé au général, et on voulait voir ce que ça pouvait donner. Le but était de bien le placer au pied du Blockhaus et qu’il fasse la meilleure montée possible ». Le Néo-Zélandais a tenu l’allure du paquet pendant quatre kilomètres d’ascension, avant de céder, et de passer la ligne en 41e position. « Il a craqué un peu plus tôt qu’on ne le pensait, mais c’était aussi une étape longue de 240 bornes, en partie sous la pluie, et après une semaine de course, reprenait Frédéric. Néanmoins, les gars ont bien bossé pour lui, notamment Brieuc et Rémy, qui l’a même attendu. Ça les a d’ailleurs motivés en vue de l’étape du lendemain, qui leur convenait ».
« Il en suffit d’une », Frédéric Guesdon
Samedi, le peloton filait vers Fermo, où l’échappée semblait avoir toutes les chances au terme d’un final accidenté, et après 156 kilomètres de course. « L’objectif était évidemment d’être devant mais ça n’était pas simple car il y avait 100 kilomètres de plat pour débuter, tout le monde voulait y être, et on a toujours un peu peur de se faire piéger sur ces portions, indiquait Frédéric. Les rouleurs étaient d’abord désignés pour attaquer à tour de rôle, et ça s’est plutôt bien passé avec Cyril et Johan qui ont intégré un contre de trente mecs. Mais l’échappée ayant mis plus de 90 kilomètres à sortir, l’écart était faible avant les bosses, et Rémy et Brieuc en ont profité pour faire le jump dans la première difficulté. Malheureusement, ils sont tombés sur un trio de tête très fort. Le groupe de poursuite a vite compris qu’il allait être difficile de jouer la gagne, et c’est devenu très tactique. Rémy a plusieurs fois essayé de relancer, de rouler, et s’est sacrifié pour Brieuc ». À l’arrivée, Jhonatan Narvaez, membre du trio échappé, s’est imposé, tandis que Brieuc a échoué aux portes du top 10, et même à sept secondes de la septième place. « C’était une petite déception car je pense qu’on aurait pu aller chercher le top 10, disait Frédéric.La satisfaction est néanmoins que Rémy et Brieuc marchaient fort, et on n’avait pas trop de regrets ».
Dimanche, le scénario s’est avéré bien plus fluide vers la montée finale de Corno alle Scale (11km à 6%). « On a vite compris que les favoris voulaient se la jouer la victoire, complétait Frédéric. C’est arrivé presque groupé au pied, et l’idée était ensuite de placer Rémy et Josh qui voulaient faire une belle montée ». Le coureur savoyard s’est alors octroyé une honorable vingt-cinquième place, à deux minutes du vainqueur Jonas Vingegaard. Trente-quatrième du jour, Josh Kench a lui glané un rang au général (29e) pour boucler cette première semaine de course. « La finition nous manque encore sur ce Giro, mais on a retrouvé du bon Rémy, du bon Brieuc, et tout le monde est encore là et en bonne santé, concluait Frédéric. Josh a pu se tester, et il va maintenant jouer les étapes. On n’a pas le résultat qu’on souhaiterait avoir, mais il reste douze jours. Il en suffit d’une ! Évidemment, plus on avance, moins on a de chances, mais le point positif est que les mecs sont dans le coup physiquement. Il reste des sprints, et Paul a très bien passé la montagne. Les trois grimpeurs sont dans le coup. On sait que ça tient à peu de choses pour que ça bascule dans le bon sens. On prend le départ de toutes les étapes pour les gagner, même si on sait que c’est compliqué. Il faut garder l’envie et l’espoir d’aller chercher un très bon résultat. Dès mardi, on vise le top 10 voire le top 5 avec Rémi. Ce serait bien pour lancer la semaine du bon pied ! »