L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United, et Brieuc Rolland en particulier, auront tout tenté ce dimanche pour repartir de Normandie avec un résultat probant en poche. Toutefois, malgré une dernière heure de course très active, et bien qu’ayant démontré compter parmi les hommes plus costauds du plateau, le jeune Breton n’est pas parvenu à conclure sur La Polynormande. D’abord échappé avec Guillaume Martin-Guyonnet, Brieuc Rolland a poussé l’aventure jusqu’à 400 mètres de la ligne d’arrivée, avant d’être repris par un maigre peloton au sein duquel son aîné a lui dû se satisfaire de la quinzième place.
Plus de deux mois après le dernier round en date, les FDJ United Series reprenaient leurs droits ce dimanche à l’occasion de La Polynormande. Comme de coutume disputée autour de Saint-Martin-de-Landelles, l’épreuve affichait tout juste 170 kilomètres au compteur et onze tours d’un circuit explosif incluant la côte de la Pigeonnière et le traditionnel faux-plat d’arrivée. Près de quarante kilomètres ont d’abord été nécessaires pour voir une échappée véritablement se détacher, bien que le peloton ait rapidement mis en route à l’arrière. « C’était une course difficilement lisible, comme tous les ans, exposait Yvon Caër. Ça attaquait puis ça s’arrêtait car les grosses équipes n’avaient pas forcément envie de lancer les hostilités de bonne heure. Ça a vraiment accéléré dans les trois derniers tours, et grâce à Guillaume et Brieuc, on a toujours été dans le bon mouvement ». Si les attaques ont été incessantes dans l’ultime heure de course, ce n’est qu’à l’approche de l’avant-dernier tour qu’un groupe intéressant d’une quinzaine d’unités a réussi à s’extirper, avec les deux représentants de la Groupama-FDJ United cités au préalable. Un petit écart s’est créé avec le reste du peloton, de plus en plus émietté, et Guillaume Martin-Guyonnet s’est même lancé en contre-attaque derrière un homme seul, juste avant que le son de cloche annonçant la dernière boucle ne retentisse.
« On aurait préféré une course plus physique », Yvon Caër
À huit kilomètres du terme, le grimpeur normand a toutefois vu le groupe de poursuite fondre sur lui dans la côte de la Vallée, précédant celle de la Pigeonnière. Cinq coureurs ont déboulé à toute vitesse à la suite d’une attaque de Paul Lapeira, dont Brieuc Rolland. Le jeune Breton a résisté à cette première offensive, puis à une seconde, mais le « break » n’était pas complètement fait au moment de prendre la direction du final. « Brieuc était notre meilleure carte, mais le groupe dans lequel il se trouvait ne s’est pas suffisamment entendu alors que certaines équipes étaient représentées par deux coureurs », regrettait Yvon. Malgré plusieurs relances du puncheur de la Groupama-FDJ United dans les trois derniers kilomètres, la conséquence du manque de collaboration en tête s’est traduite par un regroupement à tout juste 400 mètres du terme. « C’est rageant, assurait Yvon. On aurait préféré une course un peu plus physique, mais on n’avait pas les moyens de provoquer les choses car on avait seulement deux coureurs capables de jouer, et il fallait de fait garder ces cartouches pour le final. N’ayant pas de sprinteur dans le final après l’abandon de Lewis, notre seule chance était d’être offensif. Ça n’a pas payé ».
En raison de tous ses efforts, Brieuc Rolland n’a pu relancer pour le sprint au sein d’un groupe d’une vingtaine de coureurs. Guillaume Martin-Guyonnet (15e) et Maxime Decomble (21e) ont donc été les meilleurs représentants de l’équipe sur la ligne. « On fait choux blanc en termes de résultat, mais on s’est donnés les moyens de bien faire, assurait Yvon. Guillaume et Brieuc ont été irréprochables et ont assurément un bon niveau. Pour être offensif sur ce type de circuit, il faut être en bonne condition. Brieuc était même, à mon avis, parmi les cinq plus forts de la course. C’est la belle satisfaction, d’autant qu’il a pu répéter les efforts. C’est très encourageant. Il a un capital physique qui devrait lui permettre de s’exprimer la semaine prochaine sur le Tour du Limousin ».