Benjamin Thomas s’échappe, Rudy Molard s’accroche

Vingt-quatre heures après Tobias Ludvigsson, c’est Benjamin Thomas qui a ce samedi passé la journée à l’avant, à l’occasion de l’unique étape de montagne de Tirreno-Adriatico. L’ancien champion de France du chrono a même pu escalader la moitié de l’ascension finale de Prati di Tivo avant d’être rejoint par les favoris. Derrière les plus costauds, et notamment Tadej Pogacar vainqueur de l’étape, Rudy Molard s’est battu pour signer une solide 20e place au sommet, et ce malgré un problème mécanique en pleine montée.

« Ça m’a un peu fait sortir de mes sentiers battus », Benjamin Thomas

Au matin de la seule arrivée en altitude programmée dans cette édition de la Course des Deux Mers, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ avait de nouveau des envies d’échappée. Après « Tobbe » Ludvigsson vendredi, c’est Benjamin Thomas qui a saisi l’opportunité dès les premiers instants ce samedi pour se projeter à l’avant. Le tout en compagnie de Mattia Bais (Androni Sidermec), Marco Canola (Gazprom-RusVelo), Mads Würtz Schimdt (Israel Start-Up Nation) ainsi qu’Emil Vinjebo (Qhubeka ASSOS). « Il n’était pas forcément prévu que j’aille devant, mais on avait pour consigne d’aller dans les coups en cas de départ musclé, expliquait l’intéressé. Stefan a d’abord essayé, puis j’ai tenté ma chance et on s’est retrouvés à cinq devant. Ensuite, j’ai essayé de gérer, de ne pas faire trop d’efforts au début, puis de me faire plaisir un peu sur les deux dernières ascensions ». Le peloton a accordé jusqu’à neuf minutes d’avance aux attaquants du jour mais les formations de favoris ont commencé à mettre en route dans le premier col du parcours, le Passo Capannelle, au sommet duquel l’écart n’était plus que de six minutes.

C’est finalement avec un avantage légèrement supérieur aux trois minutes que Benjamin Thomas s’est présenté au pied de la montée finale de Prati di Tivo (14,7 km à 7%) en compagnie de deux collègues de fuite. « Würtz Schmidt marchait fort et j’ai rapidement compris qu’on allait se retrouver à deux pour la dernière montée, poursuivait le Tarnais. C’était une belle expérience. Ce n’est pas tous les jours qu’on se retrouve à attaquer la dernière ascension d’une course comme celle-ci avec un peu d’avance. Ça m’a un peu fait sortir des mes sentiers battus et j’ai eu l’occasion de me faire mal sur une belle étape de montagne. Ça me fera progresser pour la suite ». Après un long périple en tête de course, Benjamin Thomas a finalement été revu par le groupe des favoris à près de six kilomètres du sommet. « Il a réalisé une très belle échappée, confirmait Sébastien Joly. Il a montré de belles choses aujourd’hui ainsi qu’une grosse motivation ». Quelques instants après avoir été dépassé par les principaux leaders, l’ancien champion de France du contre-la-montre était aux premières loges pour voir son collègue Rudy Molard résister à un deuxième échelon.

« J’aurais pu faire mieux sans ce pépin », Rudy Molard

« Il y a eu un très gros tempo d’Ineos et je me suis accroché le plus longtemps possible, racontait Rudy. Je n’ai pas pu suivre la première attaque de Bernal et de Pogacar, alors j’ai commencé à monter à mon rythme dans un petit groupe de contre. Malheureusement, un coureur heurte mon dérailleur au milieu de la montée et je dois changer de vélo. C’est comme ça que je perds le contact du groupe. C’est un peu dommage car ce même groupe réussit à rentrer. Il y aurait eu moyen de s’accrocher un peu plus longtemps, d’autant que c’était une montée où l’aspiration jouait beaucoup. J’aurais pu faire mieux sans ce pépin. Après avoir été bloqué par la chute il y a deux jours, je n’ai encore une fois pas été très chanceux. Ensuite, j’ai terminé tempo et j’ai essayé d’en garder un peu pour demain, car c’est une étape qui peut aussi me convenir ». « Rudy tenait à faire une belle montée, et c’est ce qu’il a réalisé malgré son ennui mécanique, saluait Sébastien. Il termine vingtième de l’étape, et au vu de la densité du plateau ici, c’est déjà une belle performance ». Ce samedi soir, le puncheur-grimpeur de la Groupama-FDJ figure également au vingtième rang du classement général.

Par ailleurs, cette étape de Prati di Tivo était pour Thibaut Pinot la plus attendue de ce Tirreno-Adriatico, puisqu’elle allait permettre d’en savoir plus sur l’évolution de ses moyens physiques. Son classement (34e à 4’58) permettait à son directeur sportif Sébastien Joly de disposer de toutes les informations pour faire le point sur sa situation. « Il n’y a pas eu de miracle, indiquait-il, mais on pouvait s’en douter. On imaginait qu’il allait se trouver dans ces eaux-là, entre la 30e et la 40e place. Il est là où on l’attendait. C’est dans la suite logique de la Classic de l’Ardèche et du Trofeo Laigueglia. Thibaut parvient à faire des efforts, mais arrive un moment où il doit un peu récupérer avant de se remettre à son rythme. Son niveau est stationnaire. Ce n’est pas catastrophique, mais ça ne va évidemment pas comme il le souhaiterait ».

Dimanche, le peloton de Tirreno-Adriatico affrontera la fameuse étape des « Murs », sous forme de Classique Ardenaisse, entre Castellalto et Castelfidardo.