Arnaud Démare, première !

Arnaud Démare la tient ! Le champion de France est allé lever les bras pour la première fois de la saison ce dimanche, à l’occasion de La Roue Tourangelle, troisième manche de la Coupe de France-FDJ. En manque de réussite sur ses dernières sorties, le Picard a parfaitement profité d’un emballage en petit comité dans les rues de Tours, au terme d’un final débridé, pour rafler la victoire du jour. Il apporte ainsi à l’Équipe cycliste Groupama-FDJ son deuxième succès de l’année.

« Arnaud a pris ses responsabilités », Thierry Bricaud

Au Tour des Flandres, Arnaud Démare avait donc préféré la Roue Tourangelle ce dimanche, et ce avec un objectif bien précis. « J’y vais pour lever les bras » clamait-il ainsi quelques jours avant l’épreuve. Et s’il figurait bien comme le grand favori de cette édition 2021, cela s’accompagnait inévitablement d’une certaine pression. Alors, quand Dylan Kowalski (Xelliss-Roubaix Lille Métropole), Martin Bugge Urianstad (Uno-X Pro Cycling Team), Théry Schir (Swiss Racing Academy), Valentin Ferron (Total Direct Energie) et Alessandro Fedeli (Delko) ont pris les devants en début de course, c’est son jeune coéquipier Paul Penhoët qui a tenu la barre. « Il a fait 140 bornes en tête de peloton, saluait Thierry Bricaud. Il va bien dormir ce soir ». Grâce au travail du coureur de la Conti, le peloton est ainsi toujours resté à distance raisonnable de l’échappée, soit à environ 2-3 minutes. Mais, à l’entrée dans la dernière de course, l’arrivée d’autres formations en tête de peloton a fait chuter l’écart à une minute et la course s’est alors débridée. Paul Penhoët a laissé place à Lewis Askey et Benjamin Thomas dans un premier temps, mais le profil accidenté du final n’a pas favorisé la poursuite. L’équipe a tout de même réussi à contenir les attaques jusqu’au terme du court secteur pavé, à 33 kilomètres de la ligne, mais l’enchaînement des bosses a ensuite permis à une poignée d’hommes de se faire la malle et de se construire un avantage intéressant.

« On s’attendait à cette physionomie de course, assurait Thierry Bricaud. On savait qu’on allait devoir assumer la course une partie de la journée et qu’on allait se faire attaquer dans le final. C’est exactement ce qu’il s’est passé. On a effectivement été un peu débordés. On a notamment perdu Kono sur un incident mécanique puis on s’est vite retrouvés démunis ». Ce scénario de course a même contraint le champion de France à sortir lui-même de sa réserve, dans la côte des Carnaux, à quinze kilomètres de l’arrivée. « On a payé nos efforts dans le final et les autres équipes n’attendaient qu’une chose : que je me retrouve seul, expliquait le Picard. On s’est fait attaquer. J’ai dû attaquer également, mais forcément, tout le monde me suivait. J’étais l’homme à battre, c’était super chaud ». « Arnaud a tout simplement pris ses responsabilités, complétait Thierry. On avait imaginé ce cas de figure, et il fallait qu’il assume s’il se produisait. Il a joué pour gagner, il s’est découvert, il a fait des efforts et a essayé de provoquer le retour. Puis, d’autres équipes ont pris leurs responsabilités car souhaitant aussi gagner. Ça s’est bien goupillé mais on a tout de même eu un peu de réussite ».

« Ça fait super plaisir », Arnaud Démare

Alors réduit à une trentaine d’unités après la côte d’Epan dernière difficulté du jour, le peloton s’est réorganisé dans l’approche de Tours, et a finalement été en mesure de reprendre la dangereuse offensive des sept coureurs échappés à quatre bornes de la ligne. « Dans le final, on a eu du grand Arnaud, assurait Thierry. Il s’est débrouillé pratiquement tout seul pour aller faire son sprint ». « Je me suis fait tout petit dans le peloton, ou du moins ce qu’il en restait, jusqu’au circuit final, racontait l’intéressé. Arkéa-Samsic était alors encore bien représenté. Sans équipier, je savais qu’il fallait que je me cale sur une autre formation. J’ai fait le choix de prendre la roue de Nacer  [Bouhanni] ». Cela lui a ainsi permis d’entrer dans la dernière ligne droite en troisième position. « Je savais que je devais lancer assez tôt, c’est là que je suis le meilleur, ajoutait-il. J’ai lancé à 200 mètres et ça s’est parfaitement passé ». Le porteur du maillot bleu-blanc-rouge a immédiatement pris les rênes et ne les a plus lâchées jusqu’à la ligne, pouvait ainsi célébrer son premier succès de l’année.

« Ça fait super plaisir de gagner, surtout qu’on était l’équipe à battre et que tout le poids de la course était sur nos épaules, commentait Arnaud. Je n’avais pas vraiment d’autres choix que de gagner aujourd’hui. J’étais très attendu et tout le monde voulait nous faire perdre. Je suis très heureux pour l’équipe, et à titre personnel de retrouver le haut du podium ».« Ce n’est pas un soulagement, nuançait Thierry. Arnaud avait simplement besoin de regagner depuis sa grosse série de l’an passé. On sentait que ça allait de mieux en mieux ces dernières semaines, mais tant que tu ne gagnes pas, tu as toujours des incertitudes. Le fait de gagner débloque non seulement son compteur mais le met aussi en confiance pour la suite ». La suite, pour Arnaud Démare, se déroulera en Belgique avec le Grand Prix de l’Escaut mercredi.