Arnaud Démare bisse, Stefan Küng sacré et un quasi-Grand Chelem

L’Équipe cycliste Groupama-FDJ aura dominé le Tour de la communauté de Valence 2021 de la tête et des épaules. À l’occasion du cinquième et dernier jour de course, ce dimanche, l’équipe s’est non seulement assurée la victoire finale avec Stefan Küng, mais elle a également engrangé une quatrième victoire d’étape grâce au sprint victorieux d’Arnaud Démare. Les champions de Suisse et de France ainsi que leurs coéquipiers repartent donc de Valence avec pas moins de cinq succès en poche, une seule étape leur ayant échappé. Un quasi sans-faute.  

« On s’est fait plaisir », Arnaud Démare

En guise de conclusion du Tour de la communauté de Valence ce dimanche, c’est une étape assez particulière qui se profilait pour les coureurs. Elle était non seulement courte, 90 kilomètres, mais également tardive, avec un départ donné après 16h. Dans cet ultime acte, l’objectif était naturellement double : conserver le maillot jaune arraché par Stefan Küng à l’issue du chrono samedi, et remporter l’étape avec Arnaud Démare. Pour ce faire, il a d’abord fallu museler l’échappée, composée de Abner Gonzalez (Movistar), Maxime Cam (B&B Hotels), Joan Bou (Euskaltel-Euskadi), Julien Van der Brande (Tarteletto-Isorex) et Paul Wright (Mg.k Vis VPM) aujourd’hui. « On s’était dit dès le début qu’on ne voulait pas jouer aujourd’hui, car on voulait vraiment gagner avec Arnaud, relatait Stefan Küng. Alors, les deux jeunes ont bien contrôlé l’échappée ». Alexandre Balmer et Antoine Raugel, les habituels sociétaires de la Conti, ont alors tiré le peloton jusque dans les dix derniers kilomètres du jour. « C’est ce qu’on avait prévu, ce qu’on espérait, et ils l’ont fait à la perfection, commentait Thierry Bricaud. C’était une étape courte et intense, et ils ont su bien gérer, aussi bien conseillés par les anciens ». Ce dimanche, l’emballage massif n’a ainsi jamais fait l’ombre d’un doute. « On avait étudié le parcours, tout le monde avait reconnu le final en vue du sprint et on savait à quoi s’en tenir, ajoutait Thierry. En vue du général, on n’était pas spécialement inquiets. Il fallait simplement ne pas prendre de risques inutiles. On était assez sereins, mais néanmoins concentrés ».

À environ cinq kilomètres de la ligne, le train de la Groupama-FDJ a ainsi commencé à se mettre en place, avec cette fois-ci Miles Scotson devant Stefan Küng. « On avait simplement changé de place pour être sûrs que je ne prenne pas une cassure inutile dans le final, précisait le Suisse. On avait ensuite un plan pour le sprint et on l’a exécuté à la perfection. On a pu délivrer Arnaud dans les meilleures conditions ». Le champion de Suisse, pour l’occasion paré du maillot jaune, a ainsi pris les rênes au kilomètre puis a été relayé par Ramon Sinkeldam et enfin Jacopo Guarnieri avant que le sprinteur maison ne fournisse son effort dans les 150 derniers mètres. « Le sprint s’est déroulé exactement comme on l’avait prévu, certifiait Thierry. Le petit vent de face nous a légèrement gêné, et ça aurait été encore plus fluide sans cela, mais ça s’est tout de même bien passé ». Sur la ligne, le champion de France s’est donc octroyé son deuxième succès de la semaine, son troisième de l’année. « Il y a eu un gros travail collectif toute la semaine, et on l’a de nouveau prouvé aujourd’hui avec un super train et les petits jeunes qui ont fait un super boulot pour contrôler l’échappée, disait Arnaud. C’est top de finir comme ça, avec en plus le classement général pour Stefan. C’était une très belle semaine, on s’est fait plaisir et on a pris de la confiance. Le fait d’avoir levé trois fois les bras ces deux dernières semaines, ça va me faire du bien ».

« La victoire appelle la victoire », Thierry Bricaud

Avec quatre victoires d’étape, le classement général, le classement par points, et la neuvième place finale de Miles Scotson, le bilan de la semaine ne pouvait donc qu’être excellent dans la bouche de Thierry Bricaud ce dimanche soir. « Il faut être honnête, on n’était pas venus en pensant ramener autant de bouquets, confiait-il. C’est presque un Grand Chelem, effectivement, mais ce qui me plait, c’est d’avoir gagné avec trois coureurs différents. Le mix WorldTeam-Conti rend également la chose plus sympa, et les jeunes ont pu découvrir la marche supérieure. C’était aussi une course très utile pour le groupe d’Arnaud, qui n’avait pas vraiment eu l’occasion de se mettre en place sur un vrai sprint depuis le Giro. Dans un contexte il est un vrai un peu moins relevé, ils ont pu s’appliquer à le faire ici et ça leur a permis de reprendre leurs automatismes. Ils se sont mis en place deux fois, ils ont gagné deux fois. Ils reprennent confiance et c’est très bien en prévision de la suite ». « C’était une belle semaine à vivre, complétait Stefan Küng, victorieux pour la deuxième fois de la saison grâce au gain du général. Tout était parfait et ça donne confiance pour la suite. Je vais personnellement enchaîner avec le Tour de Romandie, en essayant de poursuivre sur cette dynamique. Je me sens très en forme, et je vais m’appuyer sur ça et sur la confiance engrangée ici pour faire du mieux possible en Romandie ».

Au moment de conclure cette nouvelle semaine de course, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ élève donc son capital victoires à huit cette saison. « La victoire appelle la victoire, et ça libère tout le monde, concluait Thierry Bricaud. Ça remet tout le monde en confiance et donne envie à tout le monde d’aller chercher des résultats. C’est une dynamique qu’on cherchait un peu depuis le début de saison. Ça sourit en ce moment, alors il faut en profiter ! »