Au lendemain de la première journée de repos, les coureurs de la Grande Boucle faisaient mardi face à une dixième étape de plus exigeantes dans le Massif Central. Vers Le Lioran, déjà ville-étape en 2024, sept montées répertoriées étaient à franchir, pour un dénivelé positif total avoisinant les 4000 mètres. Une journée à l’usure, nécessairement, dont l’issue demeurait pourtant incertaine au départ d’Aurillac. De très nombreux concurrents espéraient ainsi la réussite d’une échappée, et la formation Groupama-FDJ United était elle aussi pleinement engagée dans cet objectif. Si le peloton n’a autorisé aucune fuite avant le sprint intermédiaire, la grande bagarre a ensuite démarré. Ewen Costiou et Romain Grégoire ont fait partie des premiers mouvements, mais ce sont finalement Clément Braz Afonso et Guillaume Martin-Guyonnet qui ont intégré un groupe d’une vingtaine d’hommes après environ cinquante kilomètres de lutte. Peu après, leur coéquipier champion de France a fait « le jump » pour les rejoindre. « Les gars ont encore fait du super boulot, mais UAE a décidé de ne pas laisser filer, regrettait Yvon Caër. Dès lors que la pression était mise, on a manqué un peu de ressources. Guillaume a notamment passé un moment difficile en raison de difficultés respiratoires. La bonne nouvelle est d’avoir retrouvé Romain en pleine possession de ses moyens, et qui avait envie de faire la course. Le travail a été très bien fait et on espère continuer dans cette voie là pour être devant le jour où l’échappée aura vraiment l’occasion de jouer la gagne ».

Un rescapé de l’échappée a bien tenu tête au peloton pendant une petite heure supplémentaire, mais ce sont les favoris qui se sont expliqués dans les dernières difficultés, Tadej Pogacar ne manquant pas d’ajouter un bouquet à son escarcelle. Ce mercredi, le peloton retrouvait en revanche un terrain bien plus rectiligne entre Vichy et Nevers, sur 161 kilomètres, qui ont finalement été parcourus à une vitesse record. « Tous les éléments étaient réunis avec un gros vent de dos et une vitesse élevée toute la journée », commentait Yvon. « Le peloton n’a pas voulu laisser beaucoup d’avance à l’échappée, donc ça a roulé fort toute la journée », prolongeait Clément Russo. C’est donc à 50,91 km/h de moyenne que le peloton a bouclé cette étape, destinée aux sprinteurs, et bel et bien accrochée par un finisseur : Søren Wærenskjold. Clément Russo, quant à lui, a de nouveau réussi à se faire une place dans le top 10 grâce à un final encore bien senti. « C’était assez difficile car il y avait moins de vitesse qu’à Bergerac, expliquait-il. Quand on a repris l’échappée, le peloton a un peu temporisé en prenant toute la largeur de la route, et c’était difficile de remonter. Lorsque ça a accéléré à 1,5 kilomètre de la ligne, ça s’est étiré et je me suis retrouvé un peu loin. Dans le sprint, en revanche, j’ai pu revenir de l’arrière, me faufiler, et terminer huitième de nouveau. C’est encore un top 10, et j’en suis satisfait ».

« Clément a fait des choix opportuns, ajoutait Yvon. Il s’est donné le droit de garder un peu ses distances pour choisir la bonne direction. Lorsqu’il y a eu un peu de grabuge à gauche, il est passé à droite et a fini avec beaucoup de vitesse. Il faut apprécier ce résultat, et cela prouve que Clément peut vraiment aller chercher un top résultat sur ce Tour ». Le Lyonnais pourrait d’ailleurs disposer d’une nouvelle occasion dès jeudi vers Chalon-sur-Saône, dans une étape au scénario un peu plus incertain. « Il pourrait y avoir une fenêtre de tir au départ pour les attaquants, ponctuait Yvon. Est-ce que les équipes de sprinteurs pourront contrôler derrière 7-8 mecs ? Ce n’est pas sûr. C’est également un peu cabossé sur la fin. Il pourrait donc y avoir plus d’animation, et il faudra être attentif au départ et aux relances dans la dernière heure ».

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