Après deux premières journées très abouties côté ibérique, avec une huitième place lors du contre-la-montre par équipes et une septième place pour Romain Grégoire à Montjuic dimanche, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United comptait bien poursuivre sa belle dynamique lundi, lors d’une étape à cheval entre l’Espagne et la France. Depuis Granollers et jusqu’aux Angles, près de 200 kilomètres étaient à couvrir, avec pratiquement 4000 mètres de dénivelé positif à avaler, notamment dans une deuxième partie de tracé exigeante. Pour autant, le début de course s’est révélé tout aussi complexe, puisque 70 kilomètres ont été nécessaires pour voir l’échappée du jour se constituer. Très actif, Clément Braz Afonso parvenait à y prendre place. « On savait qu’on devait saisir notre chance via les échappées lundi et mardi, et c’est ce qu’on a d’abord avec Clément, qui marchait vraiment très fort, indiquait Yvon Caër. Avec dix-huit coureurs en tête, le scénario semblait écrit. On pensait que le peloton laisserait filer, mais UAE a décidé de jouer la victoire. Quand on est arrivé dans la difficulté principale, le rouleau compresseur s’est donc mis en route, et c’est revenu. Clément était dans une bonne journée, mais il n’a pas pu jouer la fin d’étape. C’est dommage ».

Le meilleur grimpeur du dernier Tour Auvergne Rhône-Alpes a ainsi été repris à une soixantaine de kilomètres du but, puis Guillaume Martin-Guyonnet s’est accroché jusqu’à la côte finale des Angles (1,7 km à 6,7%), où il a pris la 28e place, à 1’06 de Tadej Pogacar. Mardi, le plan de bataille était relativement similaire en direction de Foix, avec 180 kilomètres au programme et un dénivelé légèrement moins conséquent (2800m), mais avec le Col de Montségur (7km à 6%) à 40 bornes du terme. « On partait sur un scénario identique, mais cette fois, UAE a décidé de laisser filer, et parmi les trente-quatre coureurs présents à l’avant, on avait Ewen et Romain, qui étaient nos deux cartes privilégiées », relatait Yvon. L’échappée fleuve s’est développée après une trentaine de minutes, puis a vu son avance augmenter au fur et à mesure de la journée. Si bien que la victoire lui était promise, ainsi que le maillot jaune. Peu après la mi-course, les premières tentatives d’anticipation ont eu lieu, mais tout est finalement revenu dans l’ordre à l’approche du fameux col de Montségur. Le tempo s’est alors grandement intensifié, une dizaine de coureurs se sont extirpés, mais sans le champion de France et son coéquipier breton.

« Ce n’était pas trop difficile dans l’échappée pendant la journée, mais dès que ça a mis en route dans l’ascension, ni moi ni Ewen n’avions les jambes pour suivre », tranchait Romain. Le puncheur franc-comtois s’est accroché à un troisième échelon, a rejoint in-extremis le groupe de poursuite en lice pour la onzième place, mais, entamé, n’a pu mieux faire que vingt-deuxième à l’arrivée. « C’est dommage car il y avait vraiment un coup à jouer, reprenait Yvon. Même si les Lidl-Trek étaient vraiment impressionnants, on aurait largement pu jouer un accessit en temps normal. La fatigue liée à la chaleur et au tempo très élevé des premiers jours s’est fait ressentir. En plus de ça, Romain n’a quasiment pas débranché sur ces quatre premières étapes ». « On n’avait pas de super jambes, c’est frustrant, ajoutait Romain. Dans une bonne journée, il y avait largement moyen d’être devant. Ceci dit, j’ai vraiment tout donné, donc je n’ai pas de regrets. Le niveau était au-dessus de nos capacités du jour. La chaleur joue forcément un rôle, notamment sur la récupération. Aujourd’hui particulièrement, c’était un four. On fait ce qu’on peut, l’équipe fait tout ce qu’il faut, mais certains organismes l’acceptent mieux que d’autres et je crois que ça nous a bien tapés sur le casque aujourd’hui. On retournera de l’avant, mais ce soir, ça fait un peu mal mentalement d’être si loin du niveau espéré ».

Alors que Mads Pedersen s’est imposé et que Torstein Traeen a enfilé le maillot jaune ce mardi, le Tour pourrait offrir un premier sprint massif mercredi, avant le passage du Tourmalet vers Gavarnie-Gèdre jeudi, puis deux nouveaux sprints potentiels. « Certains vont tâcher de récupérer au mieux, et on va essayer de mettre Clément [Russo] dans de bonnes conditions pour se faire plaisir, disait Yvon. Bien qu’il ne soit pas un top sprinteur, il a déjà prouvé par le passé qu’un top 10 était jouable. On va tenter de jouer sa carte sur ces trois étapes. Pour Romain, on se projette plutôt sur dimanche ».

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