Le Giro Next Gen n’a cette année pas souri aux hommes de Jérôme Gannat. Face à une concurrence redoutable, « La Conti » Groupama-FDJ United n’est pas parvenue à remplir ses objectifs initiaux. Pour autant, après l’abandon de trois de ses coureurs à la mi-course, l’équipe s’est montrée agressive en fin de semaine pour tenter de renverser la vapeur. Auteur d’un long solo samedi, Rémi Daumas a hérité de la 18eplace du général, tandis que Soan Ruesche et Johan Blanc, tous deux dans leur première année Espoirs, sont également venus à bout des huit jours de course.
À mi-chemin sur le « Baby Giro », c’est la frustration qui prédominait au sein de « La Conti », pas en réussite lors des différents emballages massifs avec Eliott Boulet. Elle attendait donc beaucoup de la deuxième partie de l’épreuve, davantage réservée aux prétendants du classement général, d’autant que Rémi Daumas était toujours dans les clous. Malheureusement, la cinquième étape en circuit autour de Bacoli n’a pas eu l’issue escomptée. « On a eu deux abandons très rapides, avec Baptiste et Eliott, racontait Jérôme Gannat. La journée n’a pas très bien commencé, puis le circuit s’est avéré hyper exigeant avec un gros tempo et beaucoup de relances. Nos trois coureurs restants n’étaient pas super bien placés, et lorsqu’il y a eu un gros coup de vis dans le peloton dans l’avant-dernier tour, Rémi et Soan se sont retrouvés dans une cassure ». Face à un peloton de quarante coureurs lancé à vive allure vers l’arrivée, le débours sur la ligne s’est alors élevé à trois minutes. « C’était assez important, mais quand tu n’es plus dans les roues sur un tel circuit, ça va très vite, disait Jérôme. C’était surtout dû au placement, et c’est encore un axe d’amélioration pour Rémi. On n’était pas défaitistes pour autant, car se profilaient derrière les deux étapes de montagne, et il était encore possible de se replacer au général ».
« On n’avait plus rien à perdre », Jérôme Gannat
Vendredi, le peloton a pris la direction du Monte Livata (14 km à 7%), au terme d’une sixième étape cumulant 3500 mètres de dénivelé. Soan Ruesche et Johan Blanc ont saisi l’occasion pour se glisser dans une échappée d’une vingtaine d’hommes. « On avait deux tiers de l’équipe devant, ce qui était un point positif, confiait Jérôme. Les deux sont dans leur première année U23 et disputaient leur premier Giro. C’était une bonne journée pour eux, mais ils n’ont jamais eu beaucoup d’avance. Ils sont arrivés au pied de la montée finale avec à peine plus de trente secondes de marge sur le peloton ». Où la bataille entre les favoris a qui plus est rapidement démarré. « Le pied était raide, avec quatre kilomètres à 10% et des passages à plus de 15%, précisait Jérôme. Rémi était plutôt bien placé, mais il faisait très chaud, et il a fait une petite surchauffe moteur, un peu comme sur la Mercan’Tour Classic. Il a perdu pas mal de places et de temps, mais il a heureusement retrouvé Johan, qui a fait un beau travail pour l’accompagner et limiter la casse. À l’arrivée, ils ont malgré tout perdu quatre minutes et notre objectif de top 10 au général s’est éloigné quasi-définitivement ». Vingt-sixième de l’étape, dans la roue de son coéquipier, Rémi Daumas pointait alors au vingt-deuxième rang du général avant le week-end.
Samedi, pour le deuxième et dernier acte en montagne, « La Conti » n’avait donc « plus rien à perdre », confiait Jérôme. « Compte tenu de notre position, on pouvait prendre des risques pour essayer de gagner l’étape. La stratégie était d’intégrer l’échappée et espérer qu’elle prenne un maximum de temps. Il y avait un long col à mi-parcours, puis 45 kilomètres pour rejoindre l’arrivée, mais l’échappée ne l’a abordé qu’avec 1’30 d’avance. Il aurait fallu bien plus… Dès le pied de ce col, Rémi est parti seul et il a fait une belle montée, quasiment au rythme du peloton des favoris. Il a attaqué la descente avec une minute d’avance, il a bien descendu, mais on enchaînait ensuite avec pas mal de faux-plats montants, qui l’ont désavantagé alors que ça attaquait beaucoup derrière ». D’abord repris par quatre coureurs, le jeune homme s’est accroché jusqu’à dix bornes de la ligne avant de céder à l’approche de la côte finale. Repris par le reste des favoris, il a alors dû se satisfaire de la dix-huitième place à l’arrivée. « Avec tous les efforts effectués en amont, il ne pouvait pas faire mieux, tranchait Jérôme. Il a passé plus de quarante kilomètres seul et a laissé beaucoup de cartouches. Il a tenté, et il a ouvert la route pendant un long moment sur une étape du Giro Next Gen. Ce n’est pas rien. Il n’a juste pas bénéficié d’une avance suffisante pour espérer conclure ».
« J’ai senti une bonne implication pour renverser la vapeur », Jérôme Gannat
S’il a pu intégrer le top 20 du général à l’issue de cette étape (18e), Rémi Daumas ne pouvait toutefois ambitionner remonter davantage dimanche lors du chrono de clôture à L’Aquila. « C’était un chrono très exigeant, complétait Jérôme. L’objectif pour nos trois coureurs restants était de le faire à fond car on n’a pas l’opportunité d’en faire souvent. Ce n’est pas la spécialité de Rémi, mais il a fait un très beau chrono et a été très impliqué ». Grâce à une 31e place sur l’exercice, le vainqueur d’étape sur la Ronde de l’Isard a finalement validé sa 18e place finale. « On avait pas mal d’ambitions au départ, à savoir intégrer le top 10 du général, une victoire d’étape, et finir à six, résumait Jérôme. Seulement trois ont terminé, mais on eu pas mal de malchance sur la quatrième étape, avec des chutes qui ont eu des conséquences. Cependant, j’ai senti une belle solidarité et une bonne implication pour renverser la vapeur en tentant des choses lors des trois derniers jours. C’est le point positif, même si la cruauté du sport et la froideur du résultat brut laissent penser qu’on est passé à travers. On sait que Rémi avait le potentiel pour être dans le top 10, mais cette défaillance à Monte Livata, couplée à l’étape de Capoli, ont été très préjudiciables. On avait mis tout en place pour que les coureurs soient en condition mais il faut encore insister et franchir un cap physique. Johan et Soan ont quant à eux engrangé une grosse expérience sur une épreuve de très haut niveau, et ça ne sera que positif pour le futur ».