Avec une victoire d’étape acquise dès le deuxième jour, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United avait d’ores et déjà rempli sa mission sur le Tour de Suisse. Pour autant, après le succès de Romain Grégoire, Ewen Costiou a lui aussi tenté son va-tout vendredi dans une étape âprement disputée. Le Breton a été moins en réussite, mais lui comme ses coéquipiers ont ensuite fourni de derniers efforts samedi et dimanche, lors du chrono et de la grande étape de montagne, afin de peaufiner leur forme. Une semaine prolifique, et bénéfique.
Euphorique jeudi soir à la suite du succès retentissant de Romain Grégoire, la Groupama-FDJ United aspirait à entretenir sa dynamique vendredi, au départ de Bad Ragaz, dans une troisième étape de nouveau accidentée, bien que moins défavorables aux sprinteurs. « Les soixante premiers kilomètres étaient difficiles, on savait qu’il allait y avoir une grosse bagarre pour l’échappée, et on a été servis, confiait Benoît Vaugrenard. Lorenzo a été très actif en début de course, mais après cinquante kilomètres, c’est Ewen qui est sorti dans un contre de costauds ». Toutefois, et de manière assez surprenante, ce groupe de poursuite incluant quelques cadors n’a jamais revu le duo échappé, composé de Jhonatan Narvaez et Xandro Meurisse. « Ils sont revenus à quinze secondes, on pensait que les deux allaient se relever mais ça n’a jamais été le cas, reprenait Benoît. Dans le contre, ils ne se sont d’abord pas trop inquiétés, mais au fil des kilomètres, ils perdaient de plus en plus de temps. Quand l’écart est passé à deux minutes, ils ont commencé à douter. Personne ne voulait faire plus d’efforts qu’un autre, et l’entente n’était plus optimale. Les deux hommes de tête ont fait un énorme numéro, et le groupe d’Ewen n’est jamais revenu. Le peloton s’est organisé avec les équipes de sprinteurs mais lui aussi s’est cassé les deux sur le duo ».
« Très encourageant pour la suite », Benoît Vaugrenard
C’est ainsi que Narvaez a raflé la mise au nez et à la barbe des sprinteurs, Clément Russo s’octroyant lui la 13e place du jour. « On savait que c’était notre dernière occasion de gagner, mais étant donné qu’on avait réussi la veille, on était moins déçu que si on avait tout misé sur cette étape », complétait Benoît. Cette dernière occasion de succès s’expliquait notamment par l’absence de Rémi Cavagna, contraint à l’abandon lors de cette troisième étape, sur le contre-la-montre programmé le lendemain. Sans l’ancien champion de France, la Groupama-FDJ United ne nourrissait pas de véritables ambitions sur les 23 kilomètres autour de Aarburg. « Les gars l’ont fait de manière appliquée pour travailler pour la suite, mais sans grand objectif », confirmait Benoît. Restait alors un dernier acte, le plus corsé, autour de Villars-sur-Ollon dimanche. Trois ascensions du Col de la Croix (19 km à 7%) étaient ainsi ramassées sur tout juste 150 kilomètres de course, pour un dénivelé positif avoisinant les 4500 mètres. « On était réalistes sur nos possibilités, compte tenu du profil et des coureurs alignés, disait Benoît. On savait que ça allait être compliqué. On s’est malgré tout trouvé un petit objectif avec Lorenzo. On pensait que le top 20 au général pouvait être jouable. Ce n’est pas un grimpeur, mais c’était l’occasion de tenter ».
Distancé dans l’avant-dernière ascension, Lorenzo Germani a finalement obtenu la 25e place du général, juste devant Romain Grégoire (26e) et Ewen Costiou (27e). « Le but était aussi de travailler pour la suite et les gars se sont bien accrochés, indiquait Benoît. Quoi qu’il en soit, l’objectif de la semaine avait été rempli. C’était un Tour de Suisse assez particulier, sur un format réduit, avec des étapes courtes et très explosives. Les trois premières étapes nous convenaient avec Romain, et on voulait en gagner une. On savait que ce ne serait pas simple avec Pogacar, mais on a réussi à faire plier UAE le deuxième jour. Je retiens évidemment la réaction de Romain, qui a encore été très fort pour trouver les ressources et aller gagner, mais je retiens également le collectif, car on a toujours été présents et c’était un plaisir de voir évoluer ce groupe. C’est très encourageant pour la suite, notamment pour le championnat de France et le Tour de France ».