L’espoir de renverser le classement général était minime ce dimanche lors des Boucles de la Mayenne, sur un circuit final sans véritable difficulté à Laval. Au terme de la troisième et dernière étape, ce sont en effet les sprinteurs qui ont tiré les marrons du feu, Olav Kooij en premier lieu, et Thibaud Gruel n’a donc pu déloger Benoît Cosnefroy de la première place du général. Le jeune homme de 22 ans s’est en revanche assuré la deuxième place finale, le gain du maillot blanc tandis que la Groupama-FDJ United a remporté le classement par équipes.
De Cossé-le-Vivien à Laval, sur 147 kilomètres, les possibilités pour Thibaud Gruel de reprendre sept secondes à Benoît Cosnefroy ce dimanche apparaissaient extrêmement réduites. Si trois sprints intermédiaires étaient localisés tout au long du parcours, et que dix secondes étaient octroyées au vainqueur de cette ultime étape, la tâche s’annonçait pourtant quasi-impossible. « Il y avait une vraie pression des équipes de sprinteurs en début de course pour filtrer une échappée, et Juan Sebastian Molano, le sprinteur d’UAE, aurait en plus été capable de venir nous contrer lors du premier sprint, expliquait Yvon. C’était peine perdue. Il aurait d’ailleurs fallu pouvoir prendre des bonifications lors des trois sprints intermédiaires, ou bien espérer une surprise à l’arrivée… On avait une cartouche, et on a misé sur le sprint final ». Une échappée s’est ainsi développée relativement vite, a ramassé les bonifications en jeu en début et en fin d’étape, avant que le peloton ne la neutralise dans le dernier des cinq tours à Laval. « On savait que ce serait compliqué pour Thibaud face à des purs sprinteurs, mais dans l’esprit, on s’est donné les moyens, disait Yvon. On voulait le mettre dans de bonnes dispositions. Ceci étant dit, il faut être lucide : on a été débordés par les équipes de sprinteurs et on n’a pas réussi à le placer suffisamment. On a fait du mieux que l’on pouvait ».
« Il faut que Thibaud surfe sur sa condition », Yvon Caër
Olav Kooij a finalement réglé le sprint et le jeune Tourangeau a coupé la ligne en 22e position. « Je n’ai jamais vu de renversement sur cette dernière étape, tranchait Thibaud. Avec sept secondes de retard, même deux sprints bonifications remportés n’auraient pas été assez. J’ai essayé de me mêler à l’emballage final mais je n’ai pas trouvé l’ouverture. Il n’était malheureusement pas possible de renverser la situation ». Il a, en revanche, pu confirmer sa belle deuxième place au général et valider son maillot blanc de meilleur jeune. « Il y avait un niveau plus relevé que l’année dernière et j’ai fait une place de mieux, donc c’est bien, confiait l’intéressé. Si je reviens l’an prochain, j’espère encore gratter une place ». « La deuxième place au général est une belle satisfaction, et on remporte aussi le classement par équipes, ce qui n’est pas anodin, poursuivait Yvon. Thibaud devient un leader très fiable. Il ne faut pas oublier qu’il l’était déjà à Dunkerque la semaine dernière, où il a assumé. La différence, c’est qu’il a ici été épaulé dans le final de l’étape reine alors qu’il était isolé à Dunkerque. C’est la vraie leçon : quand il est accompagné, il peut faire son effort pour essayer de gagner. Quatre jours après Dunkerque, où il a beaucoup donné, il était encore opérationnel à 100% ici, et c’est aussi une très bonne nouvelle. Il faut qu’il surfe sur sa condition, et la confiance continue de grimper. Il a de l’envie et il fédère. Sa légitimité en tant que leader se traduit aussi vis-à-vis des équipiers, ce qui est hyper important dans le processus d’évolution d’un coureur ».
Prochain rendez-vous pour Thibaud Gruel : la Brussels Classic dimanche prochain.