Une deuxième place frustrante pour Arnaud Démare

Le destin ne veut pour le moment pas sourire à Arnaud Démare. Dans cette quatrième étape du Tour de Burgos, le sprinteur de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ avait une ultime opportunité de s’exprimer. Il n’aura pas eu l’occasion de le faire pleinement. Gêné par la chute de son coéquipier Jacopo Guarnieri à la flamme rouge, le Picard n’a pu batailler face à Sam Bennett, qui a profité de la confusion pour aller conclure en finisseur. Arnaud Démare s’est malgré tout bien battu dans un final exigeant et a réglé le sprint pour la deuxième place, davantage frustrante aujourd’hui. David Gaudu voudra lui prendre sa revanche, demain, lors du grand final aux Lagunas de Neila.

« La chute me ralentit énormément. Je repars à l’arrêt, grand plateau » Arnaud Démare

La quatrième étape du Tour de Burgos, longue de 163 kilomètres en direction de Roa de Duero, apparaissait ce vendredi promise aux sprinteurs. Pourtant, après la formation de la traditionnelle échappée du jour, comprenant notamment un trio de la Kometa Xstra et un vainqueur d’étape sur le Giro en la personne de Damiano Cima (Gazprom-Rusvelo), ça ne se bousculait pas au portillon pour venir museler le groupe des six fuyards. « On a pris la course en main quasiment tous seuls car les autres avaient fait le choix d’attendre, raconte notre  directeur sportif Frédéric Guesdon. On a décidé d’assumer notre rôle pour favoriser une arrivée au sprint et ne pas prendre de risque. On a du coup mis Kilian [Frankiny] à rouler pendant un long moment et il a fait un super boulot. Ensuite, on a simplement contrôlé ». L’avance des échappés a ainsi rarement excédé les quatre minutes, puis l’équipe a progressivement reçu le soutien d’autres formations dans la deuxième moitié de course. à 30 kilomètres de l’arrivée, au premier passage sur la ligne qui a permis à chacun de se faire une idée du final, l’écart n’était plus que de deux minutes avec une échappée sur le point de se disloquer.

Trois hommes ont alors fait perdurer l’aventure jusque dans les vingt derniers kilomètres avant de jeter l’éponge face à un peloton vigilant. Sur des routes relativement larges, les différents trains ont commencé à se mettre en place à une quinzaine de kilomètres du but, avec Ignatas Konovalovas pour mener celui de la Groupama-FDJ. Dans son sillage, et celui de Miles Scotson, l’équipe a de nouveau parfaitement manœuvré dans le final à l’approche du dernier kilomètre, partiellement en montée. Et c’est justement au pied de cette légère bosse, dans un virage en épingle, qu’Arnaud Démare a vu ses espoirs partir en fumée. « Tout le monde voulait prendre le virage en tête, relatait Arnaud sur La Chaîne L’Équipe. On avait pris le manche avec les gars à 2-3 kilomètres de l’arrivée. Ça remonte à 200 mètres du pied de la bosse, puis ça va très vite. Jacopo tombe mais je ne m’en rends pas compte sur le moment. Ça me ralentit énormément. Je repars à l’arrêt, grand plateau. J’étais même à deux doigts de renoncer au sprint car j’étais complètement hors-jeu. Psychologiquement, j’ai pris un gros coup mais l’instinct de compétiteur a repris le dessus et je me suis relancé. Malheureusement, Sam Bennett était déjà parti depuis longtemps ».

« On espère vraiment que la roue va tourner », Frédéric Guesdon

S’il a été en mesure de revenir dans la bataille pour la deuxième place, et de l’obtenir, l’ancien lauréat de Milan-San Remo aspirait évidemment à mieux. « L’équipe a encore fait un super travail, a-t-il souhaité rappeler. C’est un peu décevant d’avoir subi des pépins sur trois des quatre étapes de ce Tour de Burgos. Au niveau de la forme, il n’y a rien à dire. L’équipe marche très fort. Sur les deux sprints disputés ici, à l’approche des deux derniers kilomètres, je l’ai constaté : tout le monde va très bien. Physiquement, je suis bien aussi et c’est rassurant. La réussite nous fait défaut. Maintenant, on veut gagner. On préfère faire une fois premier et faire dixième ensuite que faire deuxième constamment. Il faut qu’à présent la chance tourne et que l’on score ». « Il y a beaucoup de déception, assurait pour sa part Frédéric Guesdon. On a fait tout ce qu’il fallait. Quand on se fait battre à la pédale par plus fort, c’est la course… Mais voir tout s’envoler à cause d’une chute, c’est frustrant. C’est d’autant plus frustrant quand on court bien, que le travail est super à l’approche du sprint et qu’il n’y a pas la victoire au bout à cause d’un fait de course. Le but, c’est quand même de gagner à chaque fois qu’on en a l’occasion, surtout quand on sait que la saison va être plus courte que d’habitude. On espère vraiment que la roue va tourner ».

Sur ce Tour de Burgos, il reste désormais une étape pour renverser la vapeur. Pour ce faire, David Gaudu devra sortir le grand jeu aux Lagunas de Neila, seconde arrivée au sommet de l’épreuve, sur des pentes raides qu’il affectionne généralement. « On espère que David pourra être dans le jeu pour la dernière, conclut Frédéric. Il y a encore moyen d’en gagner une. Ce qui s’est passé hier est déjà oublié et je pense aussi qu’il est en bonne condition. Si les circonstances sont réunies, ça peut sourire. David a passé une bonne journée dans les roues aujourd’hui. Il était aussi prêt à donner un coup de main s’il y avait besoin, mais ça n’a pas été le cas. C’était une journée parfaite pour lui. Il arrivera demain frais et motivé au départ ».