L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United n’est décidément pas en réussite sur le Tour de Pologne cette saison. Après des sprints frustrants pour Paul Penhoët, la formation hexagonale n’a pas non plus été en mesure de peser à l’occasion des trois dernières étapes vallonnées. Impliqué dans une chute massive jeudi, Rudy Molard a d’ailleurs dû abandonner, tandis que Rémi Cavagna et Valentin Madouas ont tenté leur chance via des échappées vendredi et samedi, sans succès. Le rouleur auvergnat tentera de conclure la semaine sur une note – très – positive dimanche lors du contre-la-montre individuel final.
À la sortie d’une première moitié d’épreuve réservée aux hommes rapides, et accaparée par Jonathan Milan, le Tour de Pologne entrait sur un terrain plus accidenté à compter de jeudi. Le peloton prenait ainsi la direction de Karpacz, où un final pour costauds, censé établir une première hiérarchie au classement général, l’attendait. Néanmoins, les cartes ont été rebattues avant même les ultimes reliefs, puisqu’une chute massive s’est produite dans le paquet à environ quarante kilomètres du terme. La Groupama-FDJ United n’a pas été épargnée, puisque Rémi Cavagna, Axel Huens et Rudy Molard ont été directement impliqués. « Il avait plu, la route était mouillée, et ça a glissé dans une courbe à gauche, relatait Frédéric Guesdon. Rudy avait un gros hématome à la hanche, et même s’il a pu terminer l’étape, il n’a pas pu défendre ses chances ni repartir le lendemain. C’est une grosse déception car il était sans doute notre meilleure carte pour le général. On a aussi perdu Valentin pour cet objectif, car il n’était pas au top physiquement. On a pris un gros coup de massue ce jour-là. Rémi s’est testé en vue du général, et ça l’arrangeait que le parcours ait été réduit et amputé d’une ascension, mais c’est monté trop vite pour lui ».
« Rémi a une vraie chance de gagner », Frédéric Guesdon
À l’issue de la première explication entre leaders, dominée par Bart Lemmen, la Groupama-FDJ United se retrouvait donc hors des clous pour le général. Il lui restait néanmoins l’objectif d’une victoire d’étape, ce qu’elle a tenté d’entreprendre dès le lendemain vers Kocierz Resort, où un mur de 1500 mètres à 11,5% s’annonçait comme le juge de paix. « On pensait que l’échappée avait éventuellement des chances d’aller au bout, on voulait absolument y être, reprenait Frédéric. Malheureusement, on l’a loupé au départ, mais quand on a vu que le peloton ne laissait pas vraiment partir, on s’est donné comme objectif de relancer et ça a marché. Rémi a réussi à intégrer l’échappée, et c’était pas mal car il s’agissait d’un groupe de costauds ». Un groupe qui a installé un véritable bras de fer avec le peloton. Et si l’écart a un temps atteint la barre des deux minutes, il s’est en revanche nettement résorbé dans les contreforts de l’ascension finale. « C’est dommage, il n’a pas manqué grand-chose à Rémi pour arriver au pied du mur en tête, complétait Frédéric. Initialement, il n’était pas forcément désigné pour prendre l’échappée, mais il a tenté, et on sait aussi qu’il aime bien faire des efforts à l’avant-veille d’un contre-la-montre ».
Avant l’effort chronométré programmé dimanche, il restait toutefois un dernier round vallonné à appréhender ce samedi du côté de Bukowina, station désormais bien connue des coureurs. Cette étape reine affichait pas moins de six difficultés répertoriées, et de nombreuses pentes au-delà des 10%. « Valentin a assez vite réussi à prendre l’échappée, mais le peloton n’a jamais laissé beaucoup d’écart, coupait Frédéric. Par conséquent, il s’est fait reprendre dans l’avant-dernière ascension du mur de Bukowina, à presque 40 kilomètres de l’arrivée. C’est dommage, car il marchait plutôt bien, mais le peloton en avait décidé autrement aujourd’hui. C’est tout de même bien pour la suite. Ça va lui permettre de se mettre en confiance car ça faisait longtemps qu’il n’avait pas fait une étape devant. En vue de la Vuelta, qui est son prochain objectif, ça ne peut lui faire que du bien ». Dans la course entre les favoris, Louis Barré a raflé la mise tandis que Christian Scaroni s’est paré du maillot de leader à la veille du contre-la-montre final, décisif pour le classement général, mais aussi très important pour la Groupama-FDJ United. « L’objectif est de finir au moins sur le podium, mais je pense que Rémi a une vraie chance de gagner, ponctuait Frédéric. Sur douze kilomètres, il faudra cependant être au top et ne pas commettre d’erreurs. Rémi a montré de très belles choses sur ses derniers chronos, il a géré aujourd’hui pour être au top demain, donc on peut être optimistes ».