En guise de mise en route, c’est une courte étape de 150 kilomètres, sans aucune difficulté, qui ouvrait le Tour de Guangxi autour de Chongzuo mardi. Le peloton n’a de fait eu aucun mal à contrôler et rattraper une échappée de trois hommes pour donner lieu à un premier sprint en terres chinoises. Dans les cinq derniers kilomètres, la Groupama-FDJ United est pour sa part remontée en force pour son sprinteur transalpin Matteo Milan. « On a eu une équipe très solide à l’approche de l’arrivée, mais Matteo était sans doute un peu trop loin dans le train, ce qui lui a fait perdre quelques places, relatait William Green. Il a quand même réussi à revenir grâce à Tom dans le dernier kilomètre et il s’est retrouvé dans une position idéale au moment de lancer son sprint. Il a déclenché son effort quasiment en même temps que Magnier, et, au bout du compte, ce sont les jambes et la puissance dans les 200 derniers mètres qui ont fait la différence ». Si le Français s’est nettement montré au-dessus du lot, Matteo Milan a lui assuré une solide sixième place sur la ligne. « Il a très bien couru et a parfaitement appréhendé le final, ajoutait William. Il a malheureusement perdu le contact avec ses coéquipiers pendant un instant et a dû dépensé un peu d’énergie pour se replacer, mais il est encore jeune et en phase d’apprentissage. Cette sixième reste une belle performance ».

Auteur de son troisième top 10 en WorldTour cette année, le jeune Transalpin espérait poursuivre sa dynamique mercredi malgré une étape plus exigeante en direction de Jingxi. « C’était une journée vraiment difficile, marquée par une grosse bataille pour l’échappée pendant 65 kilomètres, et avec des températures avoisinant les 35 degrés, disait William. Il y avait aussi une ascension de huit kilomètres à 4% à trente kilomètres de l’arrivée. Quatre des meilleurs sprinteurs du plateau ont été distancés dans cette montée et je m’attendais à voir Matteo lâcher prise également. Mais en réalité, il a établi sa meilleure performance en termes de puissance dans cette bosse, et il a réussi à tenir bon. C’est un point très positif, et je suis vraiment fier de lui et des progrès qu’il a accomplis depuis le début de la saison. Ces derniers mois, on a travaillé avec lui avec cet objectif qu’il soit capable présent à l’arrivée sur des journées plus difficiles. Il l’a fait, même si cela lui a forcément coûté un peu d’énergie ». Quelques offensives ont également animé la fin d’étape, mais la Groupama-FDJ United s’est toujours montrée présente puis s’est emparée des rênes du peloton à environ cinq kilomètres de la ligne. 

Peu avant la flamme rouge, l’équipe a en revanche été légèrement débordée et son sprinteur n’a plus été en mesure de retrouver l’avant du paquet. « On a bien exécuté la stratégie, Matteo a fait preuve de plus d’agressivité mais un coureur s’est tout de même intercalé entre lui et notre train, disait William. Il était quand même en position de sprinter à 500 mètres de l’arrivée, mais sa puissance sur 10 secondes s’est avérée nettement inférieure à celle de la veille, ce qui explique pourquoi il a terminé quinzième. Il est vrai qu’il a aussi été pris dans le trafic, mais quand on se sent moins fort, on a tendance à moins se battre pour le placement. S’il avait eu les jambes, il aurait pu obtenir un bien meilleur résultat. Cela dit, on est satisfait de l’équipe et de Matteo. Il a donné le maximum et les perspectives pour l’avenir sont prometteuses ». À court terme, un nouvel emballage était encore prévu jeudi pour la troisième étape dans la région de Guangxi. Celui-ci, néanmoins, intervenait après 212 kilomètres et quelques petites bosses. « On savait que la journée serait éprouvante, avec la chaleur, une fois de plus, et un peu de fatigue dans les jambes, exposait William. À 2,5 kilomètres de l’arrivée, il y avait une courte montée et il était crucial d’y conserver sa position. L’objectif était que Cyril soutienne Matteo, mais si Matteo n’était pas en mesure de jouer sa carte, que Cyril fasse son sprint. Le sprint a encore été très brouillon, et on termine finalement 10e avec Cyril et 11e avec Matteo. Je pense qu’on est à notre place ». 

La première moitié du Tour de Guangxi s’est ainsi conclue avec un deuxième top 10  pour l’équipe, tandis que la seconde, plus ardue, se profile désormais. « Honnêtement, je pense qu’on fait le maximum ces trois derniers jours et on est très satisfait du groupe, ponctuait William. Bien sûr, rien n’est jamais parfait et il y a toujours des détails à améliorer, mais on a prouvé qu’on avait un solide collectif. Il nous manque juste un peu de puissance dans le dernier kilomètre pour décrocher un très gros résultat, mais on a fait ce qu’on devait. La journée de demain s’annonce très exigeante et il sera difficile de contrôler la course. Je pense ça se jouera davantage entre équipes du classement général. Cela pourrait donner une étape très intéressante, on devra être prêt et avoir plusieurs options. La cinquième étape pourrait se terminer par un sprint, mais après la journée difficile de demain, la fatigue se fera sentir. Je ne suis pas certain que tous les sprinteurs seront encore présents dans le peloton à l’arrivée. Enfin, dimanche, ce sera tout pour le général avec une arrivée en côte ».

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